Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-09-18
Wortprotokoll
Maintenant, tout le monde connaît les termes de l'alternative. La majorité vous propose d'introduire cette disposition qui charge le Conseil fédéral de présenter un message au cours de l'année prochaine qui proposerait de porter l'aide au développement à 0,5 pour cent du revenu national brut. Pour mémoire, je vous rappelle qu'en 2007 ce pourcentage était à 0,37 et que cette année, selon certaines projections, il se situera probablement à 0,38 ou 0,39, peut-être qu'on frôlera 0,40 pour cent, mais tout cela dépend des résultats que nous connaîtrons à la fin de l'année.
Il est vrai que cette proposition n'est peut-être pas tout à fait conforme à l'orthodoxie législative. Madame Leuthard a très bien dit hier qu'on aurait pu imaginer une motion; c'était peut-être plus une motion qu'un article de loi. Mais je crois que cette proposition a l'avantage de beaucoup mieux impliquer le Conseil fédéral et le Parlement pour affronter un problème au sujet duquel, aussi bien le Conseil fédéral que les partis politiques et de nombreux parlementaires ont fait depuis des années des promesses. Je rappelle que ces dernières années il y a trois présidents de la Confédération qui ont promis devant les instances onusiennes que la Suisse allait augmenter sa part de richesse consacrée à l'aide publique au développement. Des partis politiques l'ont fait, de nombreux parlementaires l'ont fait. Je crois que ce mécanisme de devoir prendre une décision de principe, de devoir élaborer un message, permettra, soit au Conseil fédéral, soit au Parlement, lors des discussions que le message soulèvera vraisemblablement déjà au niveau de la procédure de consultation, de faire finalement face à ces promesses, éventuellement de motiver publiquement les raisons pour lesquelles ces promesses ne peuvent pas être tenues. Voilà, je crois que c'est le sens de cette disposition.
La majorité de la commission estime qu'étant l'un des pays les plus riches au monde, la Suisse a non seulement la possibilité mais aussi le devoir de procéder à cette augmentation, d'autant plus - cela a été dit par plusieurs intervenants, et c'est la réalité - qu'elle fait clairement partie des gagnants de la mondialisation. Donc, si - et c'est le but - de nouveaux pays arrivent, avec l'aide publique au développement, à pouvoir participer à ce jeu, à ce marché de la mondialisation, cela nous profitera d'autant plus. Ce n'est donc pas seulement - je l'ai dit hier ainsi que beaucoup d'autres - un acte de solidarité, mais c'est aussi une mesure en vue de promouvoir nos intérêts économiques. D'autre part, notre pays n'est pas très bien situé dans la comparaison internationale, ce qui constitue peut-être aussi un autre motif pour augmenter cette aide.
Nous avons donc la proposition de 0,5 pour cent. Une minorité veut en rester à la version du Conseil fédéral. Nous avons une solution intermédiaire qui est celle de Monsieur Freitag.
J'aimerais juste encore ajouter deux remarques pour indiquer concrètement comment l'aide suisse se manifeste. Nous avons parlé de pays prioritaires. Permettez-moi de dire deux mots sur la Tanzanie, qui est l'un des pays où la Suisse est probablement la plus présente. Quelles sont les sommes que nous investissons dans ce pays pauvre? En 2007, la DDC a investi 15,6 millions de francs, le SECO 9,2 millions, ce qui fait un total de 24,8 millions de francs. Pour un pays qui a 35 millions d'habitants - car ce sont là les dimensions dont nous devons tenir compte -, cela fait un engagement de 72 centimes environ par année et par habitant.
C'est beaucoup et en même temps c'est peu, mais je crois qu'il faut rappeler ces chiffres pour donner aussi une dimension concrète à ce que fait la Suisse. J'ai visité, il y a quelques semaines, la représentation de la DDC en Tanzanie. Ses collaborateurs font un travail absolument remarquable. Et je suis à même, je crois, de dire - je connais bien la Tanzanie, j'y vais depuis plusieurs années - que chaque franc dépensé en plus en Tanzanie apportera des progrès, notamment dans le système de santé, qui a vraiment besoin de l'aide et du savoir-faire que nous sommes à même de lui apporter. La Tanzanie est un pays qui a des richesses dans son sous-sol; c'est un pays qui est à même de développer son tourisme. C'est un marché qui, demain, aura 35 millions de consommateurs qui pourront profiter des exportations suisses. Et alors, ce sera à notre tour de profiter.
Voilà, je crois, le sens de l'aide au développement et les raisons pour lesquelles nous vous demandons cette augmentation.