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Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-09-29

Wortprotokoll

Suite au rejet du programme d'armement 2008 et au blocage que l'on constate au Conseil national, il me semble que c'est l'occasion de repenser le rôle de l'armée. Nous avons besoin d'un concept de sécurité; nous avons besoin de forces armées, mais celles que nous avons actuellement ne convainquent plus, car la situation politique mondiale et, par conséquent, les conditions d'intervention de l'armée ont fondamentalement changé. Nous le savons depuis longtemps, et c'est la raison pour laquelle le DDPS s'est attelé à une réforme en profondeur. Cette réforme ne va pas sans difficulté, et le Parlement a déjà refusé des projets à plusieurs reprises. Il faut dire que de la droite à la gauche de l'échiquier politique, la vision de la sécurité est tellement différente qu'il a été difficile de dégager une stratégie qui se libère réellement de la vision passéiste de la guerre froide et de la protection des frontières et qui réponde aux menaces effectives actuelles.

C'est pourquoi l'Armée XXI est en passe d'être dans l'impasse. Il est temps que nous choisissions entre ces deux options: voulons-nous protéger nos frontières à la mode de 1939 ou voulons-nous répondre aux menaces actuelles effectives? Si nous continuons de ne pas choisir, si nous continuons de vouloir faire les deux, il est certain que cela coûtera cher, que ce sera d'une efficacité relative et que nous ne serons pas à même de convaincre à long terme ni le Parlement ni la population.

Que voulons-nous faire? Voulons-nous nous défendre seuls, comme certains semblent l'imaginer? Dans ce cas, il faudrait choisir, à mon avis, une stratégie dite du plus faible: du petit matériel léger, peu d'hommes, abandonner la défense des frontières. Mais je ne crois pas que cela soit réaliste et je ne crois pas que ce soit ce que nous voulons.

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Voulons-nous alors ce qu'on pourrait appeler une stratégie du plus fort? Dans ce cas, il faut voir plus loin que nos frontières, nous allier à nos voisins, partager notre responsabilité en matière de sécurité, acquérir un équipement compatible avec l'Union européenne, conclure des accords bilatéraux, participer à la promotion de la paix bien au-delà de nos frontières.

Les options qui avaient été choisies à l'époque du projet Armée XXI allaient dans la bonne direction, mais allons jusqu'au bout du raisonnement et ne nous arrêtons pas en chemin: pas de demi-mesure! Je vous invite à reprendre ces dossiers stratégiques en tenant compte de la nouvelle configuration politique du Parlement et en cherchant un compromis susceptible d'assurer la défense de notre pays et de son espace aérien et qui prenne en considération l'ensemble des données stratégiques de notre continent.

Le programme d'armement qui nous est présenté a l'avantage d'être largement tourné vers la protection de la troupe, je m'y rallie donc, du moins pour ce qui est de la première partie. En revanche, en ce qui concerne les F/A-18, je considère qu'il est plus raisonnable de faire une évaluation globale de notre aviation et de ses missions et de prendre ensuite des décisions coordonnées avec celles que nous devrons prendre concernant l'acquisition de nouveaux avions de chasse.

Je vous propose donc, comme lors de la dernière session, d'entrer en matière, comme nous l'avons fait, de séparer ensuite le programme d'armement en deux parties, d'adopter la première et de repousser la deuxième de quelques mois, le temps de reprendre la question des missions de notre aviation et de nos besoins. Je ne suis pas opposée à des adaptations des F/A-18, mais je trouve que l'amélioration de ceux-ci et l'acquisition de nouveaux avions devraient suivre une nouvelle réflexion globale sur l'avenir de notre armée et non pas la précéder. J'aimerais que l'on réexamine les missions, que l'on détermine la part de police aérienne et la part de collaboration avec l'Union européenne pour la surveillance de l'espace aérien, et qu'on décide ensuite de quels avions nous avons besoin pour remplir ces missions.

Pour le moment - et en attendant -, je pense que les F/A-18 que nous possédons, équipés comme ils le sont, sont suffisants pour assurer notre sécurité. Ils peuvent répondre aux quelques cas de danger auxquels nous devons faire face quotidiennement. Nous nous devons, en tant qu'Etat souverain, de garantir la sécurité de notre espace aérien. Nous pouvons encore le faire avec nos F/A-18. Ceux-ci permettent actuellement d'assurer les interventions aériennes et le maintien de notre savoir-faire. Nous devons bien sûr aussi préparer l'avenir, mais pas sans une réflexion commune approfondie ni une concertation avec nos voisins.

Je vous propose donc de renvoyer le projet de sauvegarde des capacités du F/A-18 et de faire une évaluation globale de nos besoins en rapport avec l'acquisition de nouveaux avions. Je vous invite instamment à reprendre la discussion en fonction de la nouvelle configuration de la politique de notre pays.