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Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-10-02

Wortprotokoll

Dans son interpellation, Monsieur Hans Hess fait allusion aux très graves conséquences qu'ont les activités de l'OFSP: restrictions à la liberté personnelle des citoyens, plusieurs millions de francs dépensés dans des campagnes de prévention sans résultat visible, ou encore prolifération de lois et d'ordonnances. Permettez-moi de tenter d'apporter quelques brèves rectifications sur les soi-disant graves conséquences de l'office fédéral concerné.

Tout d'abord, s'agissant de la restriction de la liberté, une première question se pose: qui est le plus libre, la personne malade ou la personne en bonne santé? La réponse est évidente: la santé participe à l'exercice de la liberté individuelle. En mangeant sainement, en buvant modérément de l'alcool et en ne fumant pas ou très peu, on augmente notre liberté parce que l'on maintient - je dirai même, on améliore - son capital santé. Ainsi, tous les efforts individuels et collectifs faits dans le domaine de la prévention et de la promotion de la santé le sont dans un but bien précis: la liberté de la personne.

L'économie peut se trouver contrariée par les activités de prévention et de promotion de la santé. Je peux l'admettre en partie. Toutefois, on ne peut pas cautionner le mal que se font les personnes en fumant, encore moins le mal qu'elles font subir aux non-fumeurs. Ainsi, il est indispensable de soutenir les activités de l'OFSP, car elles donnent du sens à la santé en rendant les personnes plus libres.

Ensuite, au sujet des coûts économiques avancés par Monsieur Hess qui compare de manière, je trouve, un peu hasardeuse les pertes économiques de certains secteurs d'activité en rapport avec les campagnes de promotion de la santé: il oublie, à mes yeux, un peu vite les coûts économiques du système suisse de soins qui dépassaient les 52,7 milliards de francs suisses en 2005. C'est la dernière information que j'ai obtenue.

A ce titre, les coûts des activités de prévention et de promotion de la santé doivent être vus comme des investissements qui poursuivent un objectif économique: diminuer les coûts de la santé. Quant à la soi-disant faiblesse des résultats, je vous renvoie simplement aux chiffres avancés par le Conseil fédéral en matière de tabagisme par exemple.

L'utilité de la prévention n'est donc plus à remettre en cause; elle a fait ses preuves. Au-delà de toute considération économique, c'est bien la santé des hommes et des femmes qui doit être privilégiée.

Enfin, concernant la prolifération des lois et des ordonnances, Monsieur Hess donne la priorité à la liberté du commerce et de l'industrie, soit. Mais ici, comme dans les relations entre les personnes, la liberté de l'un s'arrête où celle de l'autre commence. Ce n'est pas tant le nombre de textes de loi qui entrave la liberté que le laisser-faire qui, comme son nom l'indique, permet de faire n'importe quoi. Faut-il rappeler au passage que la maladie de la vache folle provient de manipulations humaines dans l'alimentation des bovins?

Ainsi, l'avant-projet d'une loi fédérale est à saluer. Il permet notamment d'ancrer et de renforcer la promotion de la santé et la prévention. Il comble plusieurs lacunes légales et fournit des instruments de pilotage, d'évaluation et de coordination entre la Confédération, les cantons et les acteurs privés. De l'avis du Conseil fédéral lui-même, la Suisse doit faire un effort particulier dans la prévention des maladies et des accidents, ainsi que dans la promotion de la santé de ses habitants. La Confédération doit non seulement y mettre davantage de moyens, mais elle doit y associer encore plus étroitement les cantons. Cet objectif de santé ne peut être atteint sans l'Office fédéral de la santé publique. Il est donc primordial de soutenir les activités de cet acteur central.

Je suis donc satisfait de la réponse du Conseil fédéral.