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Sommaruga Carlo · Nationalrat · 2008-12-02

Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-12-02

Wortprotokoll

Au cours des premiers débats, en juin de cette année, sur les crédits-cadres de la DDC et du SECO pour l'aide publique au développement, les socialistes avaient soutenu, en ce qui concerne les objectifs exprimés en pour cent, la position courageuse et cohérente de la Commission de politique extérieure, à savoir fixer l'objectif à 0,7 pour cent du RNB en 2015, afin de financer le développement et surtout de tenter d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Cette proposition n'avait pas trouvé grâce aux yeux de la majorité de notre conseil. Les socialistes avaient alors soutenu toutes les propositions de compromis entre l'objectif international de 0,7 pour cent, soutenu d'ailleurs par une pétition signée par 200 000 personnes, et le médiocre 0,4 pour cent fixé par le Conseil fédéral - pour une des nations les plus riches de la planète! et avec l'un des PIB par habitant les plus élevés du monde. L'obstination incompréhensible de certaines et de certains dans cet hémicycle avait fait capoter tout compromis.

Le Conseil des Etats a trouvé une solution de compromis tout à fait viable, qui permet d'atteindre divers buts simultanément. Premièrement, ce compromis permet de fixer un objectif plus ambitieux, soit 0,5 pour cent du RNB en 2015; deuxièmement, il permet de passer par un message qui donnera l'occasion au Parlement de débattre des modalités de financement de cet objectif; troisièmement, il permet de répondre aux questions restant ouvertes en matière de conduite stratégique et d'efficience au sein de la DDC et, de manière générale, pour l'aide publique au développement. C'est par réalisme que les socialistes soutiendront cette proposition, alors même qu'ils estiment que l'objectif de 0,7 pour cent du RNB devrait être un jour atteint si la Suisse ne veut pas perdre plus de crédit qu'aujourd'hui au sein du concert des nations.

Il n'y a plus aucune objection crédible justifiant le rejet de cette proposition de compromis. Seule une position idéologique obtuse peut aboutir à ne pas soutenir cette solution de compromis.

Rappelons que la direction de la DDC a mis en oeuvre une réforme en profondeur, qui déploie déjà ses effets. L'effort de concentration de l'aide a été réalisé dans le cadre du message sur les crédits-cadres pour 2009-2012, aujourd'hui déjà sous toit, vu que ces points ne sont pas contestés dans les arrêtés en discussion.

De plus, la question de l'efficience ne peut plus faire l'objet d'un débat. D'une part, tous les membres de la Commission de politique extérieure ont pu examiner le rapport sur l'efficience dans le cadre de l'analyse des projets sur la thématique de l'eau. Ce rapport, établi par une évaluation externe, réalisée notamment par un centre lié à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, montre aussi bien l'effort entrepris pour fixer les indicateurs cohérents que la qualité des projets réalisés. D'autre part, des réponses peuvent encore venir dans le message complémentaire.

Enfin, une délégation de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats, qui s'est rendue le mois passé au Mali, est revenue enthousiasmée quant à la qualité des projets développés par la Suisse dans ce pays.

Reste bien entendu l'argument de la crise financière pour refuser tout objectif de hausse de l'aide. Mais cet argument n'est pas recevable. D'abord, l'objectif de 0,5 pour cent du RNB est fonction de la croissance. Si le RNB baisse, le montant de l'aide baisse. Si le RNB croît, l'aide croît. C'est ainsi, en fonction de la richesse produite dans notre pays, que l'aide est fixée. Ensuite, la crise financière ne saurait arrêter l'effort en faveur des plus pauvres de cette planète: lorsqu'un pays dispose, en un claquement de doigts, de 68 milliards de francs que l'on peut décaisser immédiatement pour sauver une banque, il est possible de trouver des moyens pour répondre à la demande sociale, en Suisse, à savoir moins d'un demi-milliard de francs sur cinq ans pour les millions d'enfants, de femmes et d'hommes qui, à travers le monde, souffrent de la faim, de la maladie et qui souhaitent vivre dans la dignité.

Mesdames et Messieurs les libéraux-radicaux - je m'adresse à vous car votre vote est déterminant, et vous le savez -, je me permets de vous citer les propos tenus par le président français, Monsieur Nicolas Sarkozy, issu de votre famille politique libérale, lorsqu'il s'exprimait la semaine passée, à Doha, lors de la Conférence des Nations Unies sur le financement du développement: "Le développement des pays qui en ont le plus besoin ne peut pas être sacrifié sur l'autel de la crise économique." Allant plus loin, en sa qualité de représentant de l'Union européenne, il a affirmé: "Alors que nous sommes tous face à des déficits croissants, face à l'augmentation du chômage, nous avons décidé de ne pas sacrifier les Objectifs du Millénaire et d'être au rendez-vous des promesses qui vous ont été faites en matière d'aide publique au développement ... L'Europe sera au rendez-vous du 0,7 pour cent en 2015." L'objectif du 0,7 pour cent a [PAGE 1614] d'ailleurs été confirmé la semaine passée par la communauté internationale, dans le sens des paroles du président français.

Que notre conseil soit responsable et qu'il montre aussi qu'il est cohérent - aussi cohérent que le Conseil des Etats -, et faisons en sorte que la Suisse ne rate pas complètement le rendez-vous de 2015!

Acceptez la proposition de la majorité à l'article 1 alinéa 4, concernant le 0,5 pour cent, et rejetez celle de la minorité Müller Walter.

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