Brunschwig Graf Martine · Nationalrat · 2008-12-02
Brunschwig Graf Martine · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-12-02
Wortprotokoll
En préambule, je m'adresserai aux représentants du groupe socialiste pour leur dire qu'à la tribune peuvent monter des gens qui ne sont ni obtus ni bornés sans toutefois partager l'opinion que les représentants précités ont présentée à ladite tribune s'agissant de la position de la majorité de la commission. Je ne pense pas que la conviction à l'égard de l'aide publique au développement ait beaucoup à gagner à être frappée d'anathème ni au fait qu'il y ait une incapacité à entendre ce que l'autre partie a envie de dire.
En tant que représentante du groupe libéral-radical, je représente un groupe qui en matière de coopération au développement a toujours été attentif et engagé. Je peux dire qu'au sein de ce groupe et dans les discussions, la position par rapport aux crédits-cadres et aux amendements proposés n'a pas été sans autre, pour la simple et bonne raison que nous sommes partagés entre la nécessité de faire plus, ce qui fait partie de nos convictions, et la façon dont nous devons le faire, le timing avec lequel nous devons le faire et les circonstances dans lesquelles nous devons le faire. Les circonstances dont je parle ici ne sont pas les questions liées à la crise financière, mais il s'agit de la nécessité d'avoir, en matière d'aide publique au développement et au niveau du gouvernement, une politique, une gouvernance et une vision stratégique transparentes et claires.
Depuis que le Conseil des Etats a voté l'amendement qui prévoit 0,5 pour cent, j'ai rencontré les représentants d'un certain nombre d'institutions qui, tous, sont persuadés, parce qu'ils sont actifs sur le terrain, efficaces et engagés, de voir forcément arriver une partie de cette manne que l'on fait miroiter avec le 0,5 pour cent, ces fameux 800 millions de francs qui peuvent "évoluer".
Ce n'est pas une bonne façon d'améliorer la situation. Ce n'est pas une bonne façon de faire en sorte que nous atteignions nos objectifs. Les Objectifs du Millénaire sont non seulement chiffrés, mais ils prévoient des obligations en termes de résultats. Ils concernent la formation, la santé, des conditions de vie minimales. Ils touchent à énormément de questions liées à l'humain et pas simplement aux pourcentages.
L'un des problèmes de ce débat, c'est qu'aujourd'hui nous demandons au Conseil fédéral de nous présenter un nouveau message dont les indications sont pour le moins floues, sauf sur un point: celui qui est traité à l'article 2bis, où, d'ores et déjà, une majorité d'entre vous s'est prononcée en faveur d'un plafonnement de l'aide multilatérale à 40 pour cent du montant total du crédit de programme, sans se poser la question de savoir si cette limitation n'est pas aussi un frein à la mise en oeuvre de projets plus importants.
L'aide multilatérale n'est pas le diable, pas plus que l'aide bilatérale n'est la panacée, et c'est la raison pour laquelle toute cette discussion est un peu biaisée. C'est la raison pour laquelle le groupe radical-libéral est engagé dans l'aide publique au développement et se prononcera sans états d'âme en faveur des crédits. Il suivra les minorités. Mais je dis aussi que si le gouvernement voit la nécessité d'une intervention ciblée dans un domaine visible et indispensable, le groupe radical-libéral ne restera pas sourd à une telle demande. Toutefois, il n'agira certainement pas à l'aveugle, parce que l'idéologie était extrêmement présente chez tous ceux qui ont soutenu le plafonnement à 40 pour cent.
Je pense que nous pouvons, dans la sérénité, voter le crédit-cadre et attendre du gouvernement d'autres propositions, sans être des "idéologues du 0,5 pour cent".