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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2000-12-14

Wortprotokoll

Au nom du groupe libéral, je serai extrêmement bref tant il est vrai que ce rapport est très complet. Le groupe libéral remercie Mme Haering d'avoir par son postulat 98.3611 suscité ce rapport, qui donne une idée de tout ce que la Suisse a déjà fait et fait dans le domaine de la maîtrise des armements et du contrôle du désarmement.

Nous avons entendu l'ancien président Gorbatchev l'autre jour. J'ai été impressionné, comme vous tous je pense, lorsque je me suis rendu compte qu'il y avait eu des efforts considérables d'élimination des armes de destruction massive, et qu'on avait inversé la tendance au moment où on risquait d'être au bord du gouffre. J'ai été très frappé par ce qu'a dit M. Gorbatchev, à savoir que c'était plutôt plus difficile maintenant d'avancer que ça ne l'était il y a quelques années. Donc il semble que ce processus de destruction des armements soit non pas totalement enrayé, mais devenu plus laborieux. Le danger étant tellement considérable, il faut bien [PAGE 1575] sûr que la Suisse participe à des efforts diplomatiques intenses pour que des conventions et aussi des instances de contrôle efficaces soient mises sur pied.

Je pense par exemple aux armes biologiques. J'ai été effrayé en lisant votre rapport, Monsieur le Conseiller fédéral, même si je le savais, et je me suis rendu compte à quel point les armes biologiques, qui sont des armes de destruction massive à la portée aussi des pays pauvres, pouvaient faire des ravages absolument épouvantables. Par conséquent, je me demande si, au-delà de la convention, il ne faudrait pas aboutir à ce qu'une instance de contrôle efficace existe, et si la Suisse n'a pas sur ce point-là un rôle de premier plan à jouer.

Comme vous et comme le Conseil fédéral, Monsieur le Conseiller fédéral, je pense, ainsi que vous l'indiquez dans votre rapport, que nous serions encore bien plus efficaces si nous étions membre de l'ONU et que, par rapport à cet engagement, nous avons des barrières à notre apport alors que la communauté internationale ne demande qu'une chose, c'est que nous nous engagions davantage.

Est-ce que de toute manière, et sans attendre que nous soyons membres à part entière de l'ONU, nous ne pourrions pas faire davantage, notamment par la mise à disposition d'experts, de diplomates - bien sûr, de jouer en somme les bonnes consciences et les bons offices, c'est très bien! -, mais pour que certains pays qui ont de la peine à assumer cette tâche puissent mener à bien la destruction d'armes dangereuses, des armes nucléaires naturellement, mais aussi des armes chimiques et biologiques? Je pense que nous avons un potentiel d'experts et de gens compétents que nous ne mettons peut-être pas suffisamment à disposition. Pour cela, assurément il faudrait aussi des crédits supplémentaires. Et je tiens à dire que le groupe libéral considère que par rapport à notre politique de sécurité dont les éléments, on a déjà eu l'occasion de le dire à cette tribune, sont indivisibles - la défense, la diplomatie, la politique humanitaire -, la Suisse pourrait s'engager encore plus, notamment en se mettant davantage à disposition que d'autres pays, quitte à ce que nous augmentions en conséquence le budget de votre département, Monsieur le Conseiller fédéral.

Donc nous prenons acte de ce rapport en l'approuvant, naturellement.