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Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-12-04

Wortprotokoll

Je suis très partiellement satisfait de la réponse du Conseil fédéral. Tout comme lui, je suis d'avis que les réponses courtes sont les meilleures, car elles ont - ou du moins devraient avoir - le mérite d'aller à l'essentiel. Cependant, dans sa réponse, il aurait tout de même été souhaitable que le Conseil fédéral apporte des éléments de réponse aux quelques questions de fond que pose l'interpellation.

Mes interrogations vont dans le sens d'un approfondissement de la réflexion en cours sur la nécessaire adaptation de l'armée. Dès lors, la brève réponse reçue m'interpelle quelque peu, d'autant plus que le Conseil fédéral a décidé de lancer une procédure de consultation sur le sujet. En effet, il serait utile que l'ensemble des acteurs consultés puissent bénéficier d'une vision aussi large que possible - notamment avec une présentation des avantages et des inconvénients de différents scénarios - au moment de donner leur avis sur les mesures d'optimisation de l'armée.

Par ailleurs, je me permets d'attirer votre attention, Monsieur le conseiller fédéral, sur le fait que, dans le prolongement de mon interpellation, la Commission de la politique de sécurité de notre conseil, en date du 17 octobre dernier, a également demandé au DDPS de dresser un plan d'action assorti d'un calendrier. Au passage, je relève avec intérêt que, lors de sa séance spéciale du 27 novembre dernier, le Conseil fédéral a lui aussi discuté de l'évolution de l'armée à moyen et à long terme.

A mes yeux, le processus d'optimisation de l'armée en cours justifie d'autant plus que le Conseil fédéral étudie un maximum de pistes possibles. Les questions soulevées l'invitent à élargir le champ de réflexion, ce qui contribuera à donner une assise plus solide au rapport sur la politique de sécurité et, donc, à l'armée de demain.

Je relève que plusieurs acteurs réservent un bon accueil à mes modestes suggestions. A titre d'exemple, l'ancien chef de l'armée, Monsieur Christophe Keckeis, souligne que l'armée devrait réfléchir à la conclusion d'accords bilatéraux avec l'Union européenne ou avec les pays voisins, à l'augmentation du nombre des missions à l'étranger et à la professionnalisation de tâches complexes. Autant de questions essentielles qui restent pour l'instant encore en suspens, mais qui méritent une attention complémentaire de la part du Conseil fédéral.

En conclusion, s'il veut véritablement procéder à un examen de fond de sa politique de sécurité, le Conseil fédéral doit aborder l'optimisation de l'armée sans tabous et prendre position sur les différentes pistes que je viens d'énumérer brièvement. Aussi, vous comprendrez que j'exprime un sentiment quelque peu mitigé à l'égard de la réponse du Conseil fédéral, mais je reste confiant quant à la capacité du gouvernement de prendre de la hauteur, afin d'établir une corrélation forte et efficace entre sécurité, développement et droits [PAGE 892] humains, collaboration internationale et protection de l'environnement.