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Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2009-03-02

Wortprotokoll

Je dois malheureusement ne pas soutenir la minorité Riklin Kathy et je vous invite à repousser sa proposition pour les raisons suivantes.

Au fur et à mesure que la discussion autour de cette loi avance, j'ai le sentiment qu'on est en train de faire une loi non pas en faveur de l'encouragement de la culture, mais en faveur de la frustration généralisée. A chaque article, il y a des chances que passent des dispositions qui ouvrent de nouvelles possibilités de subventionnement. Or, vous le savez bien, avec le système du frein aux dépenses, lorsqu'il y a une dépense quelque part, il y a une économie ailleurs. Par conséquent, ce n'est pas être prophète que de dire que les budgets en faveur de la culture ne vont pas croître de manière extensive au cours de ces prochaines années. Par conséquent, il faut se concentrer sur l'essentiel, sur ce qui est le plus efficace possible, sur ce qui est nécessaire, et ne pas ouvrir une palette de possibilités telle que l'application de la loi en devienne non seulement un casse-tête pour les autorités - qui doivent l'appliquer -, mais aussi un exercice permanent de frustration pour tous.

Ici on a un exemple typique de disposition qui paraît sympathique mais qui engendrera de grandes difficultés. On a déjà essayé de faire cet exercice concrètement: il y a quelques années, on a demandé à une commission d'essayer de définir quelles étaient les institutions phares de la Suisse en matière culturelle. La commission ad hoc a travaillé longuement, et finalement elle en est arrivée à la conclusion que, dans notre système fédéraliste, la seule possibilité était que chaque canton désigne une institution phare. Ce qui devait [PAGE 10] être démontré a été démontré: ce ne sont pas des institutions phares qu'on promouvrait avec cette disposition, c'est une "distribution politique" qui aurait lieu. Plusieurs orateurs ont rappelé que les institutions phares, jusqu'à maintenant, se sont développées sans l'aide de la Confédération. Il y a des ordres de grandeur à respecter.

Prenons par exemple une institution phare que personne ne conteste: l'Opéra de Zurich - c'est un budget de 120 millions de francs -, une des scènes les plus remarquables qui soient au monde. Monsieur Pereira est un excellent directeur. Dans un premier temps, on imaginait que l'on pourrait mettre à la disposition des institutions phares une trentaine de millions de francs par an. Aujourd'hui, on sait que ce serait beaucoup moins, en fonction des mesures d'économies qui ont été prises ces dernières années.

Si vous donnez 4 ou 5 millions de francs à une institution phare comme l'Opéra de Zurich - 5 millions sur 120 -, cela ne change rien du point de vue pratique. Mais l'année suivante, des sponsors prendront le prétexte que les pouvoirs publics fédéraux ont commencé à investir pour réduire leur propre contribution, et les responsables de l'opéra diront: "Si vous ne nous donnez pas 7 millions de francs," - puis 9, puis 10 les années suivantes - "l'ensemble ne sera pas capable de survivre et va couler." Et vous allez provoquer exactement le contraire de ce que vous avez voulu: le retrait des sponsors privés.

Cette loi doit essayer, je le répète, de concentrer les moyens. Pour cela, je vous invite à rejeter les propositions des minorités Riklin Kathy aux articles 14a et 14b, dans l'intérêt de la culture elle-même, faute de quoi on aura une bataille permanente qui créera un climat déplorable, sans efficacité pour l'objectif qu'on poursuit.