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Perrinjaquet Sylvie · Nationalrat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2009-03-02

Wortprotokoll

L'automne passé, au moment du débat d'entrée en matière, nous avions déjà eu l'occasion de vous faire part de notre refus catégorique de la création d'un Conseil de la culture. Permettez-moi de réaffirmer nos doutes et nos inquiétudes à l'idée d'un tel organe et de vous [PAGE 17] donner encore davantage d'arguments plaidant en défaveur d'une telle création.

Avant de créer un tel conseil, nous devons réfléchir et surtout définir ce que nous entendons exactement par le terme "culture". Comme le précise le Conseil fédéral à la page 4585 de son message du 8 juin 2007, la loi sur l'encouragement de la culture repose sur la définition de la culture donnée par l'Unesco - cela a déjà été indiqué par Monsieur Noser -, que je vous lis volontiers cette fois-ci en français dans son intégralité: "La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances."

Ainsi donc, tout ou presque relève de la culture. Un tel conseil aurait-il le pouvoir, le mandat de s'exprimer sur tout, d'examiner et d'attester de la compatibilité culturelle de tout ou presque, eu égard à la définition que nous venons de lire? Or donc, voulons-nous une définition de la culture? Et si oui, quelle définition? Il est vrai que ce sont certains milieux culturels qui ont sollicité, dans un premier temps en tout cas, la création d'un tel Conseil de la culture, mais ils se sont convaincus, après réflexion, après quelque temps, que si d'aventure un tel conseil devait voir le jour, ces mêmes acteurs culturels regretteraient bien vite ce choix. Car comment imaginer un seul instant qu'un groupe de dix, peut-être quinze personnes pourrait être représentatif de toutes les tendances culturelles en Suisse, fonctionner comme un conseil de sages s'élevant au-dessus de la mêlée et être respecté comme autorité par tous les acteurs culturels de Suisse? Et que dire des importants moyens administratifs que cela suppose? Un tel conseil aurait besoin d'un secrétariat permanent, d'autant plus que ses attributions seraient infiniment larges et que, vu sa composition, le travail de réseau avec les milieux culturels du pays serait tout simplement colossal.

Alors, le groupe libéral-radical vous invite à bien considérer ce que représente pour la culture son indispensable liberté et de bien prendre en compte qu'un tel organe constitue la porte d'entrée à une étatisation de la culture, chose sur laquelle nous ne pouvons pas entrer en matière.

Nous vous remercions de soutenir, à l'article 27a0, la proposition de la minorité Noser, à savoir de renoncer à créer un Conseil de la culture et de rejeter la proposition de la majorité de la commission.