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Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2009-03-09

Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-03-09

Wortprotokoll

Voici donc le grand retour de l'Etat et du politique, de cet Etat tant décrié par les néolibéraux de tout poil mais qui aujourd'hui font aussi appel à lui pour soutenir les banques et l'économie réelle. Belle revanche de la social-démocratie! [PAGE 190]

Quant au paquet qui nous est soumis, il a au moins le mérite d'exister et on peut affirmer que la gauche politique et syndicale a pris une part active dans ce processus.

D'un point de vue quantitatif, ce paquet conjoncturel nous paraît un peu maigrichon: les 700 millions de francs proposés ne représentent que quelques pour mille du produit intérieur brut, alors que de nombreux Etats consacrent entre 1 et 6 pour cent de leur PIB à la relance, la Chine allant même jusqu'à 18 pour cent. Certes, toutes les situations ne sont pas comparables, mais il nous semble que le Conseil fédéral n'a pas encore pris toute la mesure de la crise la plus grave, du moins sur le plan international, depuis 1929. Et je dois aussi constater que, dans ce pays, on ouvre plus facilement les robinets pour sauver une grande banque que pour soutenir l'industrie, le bâtiment et l'artisanat.

Sur le plan qualitatif, ce programme contient de bonnes choses, mais il nous paraît aussi un peu conservateur, en ce sens qu'on aurait pu davantage mettre l'accent sur l'innovation, les nouvelles technologies, les énergies renouvelables ou la formation continue. Mais le principal défaut de ce programme, c'est qu'il ne contient rien, ou presque, pour les industries d'exportation, alors que ce secteur est le plus touché et que ses difficultés auront des répercussions visibles sur le marché intérieur.

Pour vous donner un exemple, Madame la conseillère fédérale et Monsieur le conseiller fédéral, j'étais la semaine passée à la vallée de Joux et là un patron horloger m'a dit: "J'ai de la chance parce que j'ai encore 9 mois de commandes devant moi, mais j'ai plusieurs collègues qui n'ont plus que 2 ou 3 semaines devant eux." C'est vrai, Madame la conseillère fédérale, vous avez fait un pas important en augmentant la durée maximale du chômage partiel de 12 à 18 mois et en ramenant le délai de carence à 1 jour, comme le demandait la motion Berberat 08.4019. Mais tout cela ne sera pas suffisant, car aujourd'hui le chômage partiel, les licenciements, les plans sociaux sont le lot quotidien de dizaines de milliers de femmes et d'hommes dans ce pays. Et pour nous en sortir, il nous faudra encore bien plus de bols d'air supplémentaires qu'un simple rallongement de la durée du chômage partiel.

Reste enfin à souhaiter qu'un troisième programme conjoncturel contienne un certain nombre de mesures permettant de soutenir et d'augmenter le pouvoir d'achat, étant entendu que des baisses d'impôt sont nettement moins pertinentes qu'une réduction des primes d'assurance-maladie ou qu'une augmentation des allocations familiales pour atteindre cet objectif.

Malgré tout, je vous demande d'entrer en matière et nous reviendrons sur certains de ces points lors de la discussion par article.