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Zisyadis Josef · Nationalrat · 2009-03-09

Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2009-03-09

Wortprotokoll

Il est vrai qu'il ne s'agit ni d'un plan de relance ni de mesures de stabilisation. A mon sens, il s'agit tout simplement d'un bric-à-brac, d'un fourre-tout juste pour donner l'impression que le Conseil fédéral s'occupe de la situation. Finalement, il n'y aura pas grand monde qui va voter contre parce qu'il est difficile de voter contre rien ou contre quelque chose de quasiment inexistant. Parce que pour parler d'un vrai plan de relance économique et sociale, qui donne toute sa place à l'urgence écologique, il aurait fallu avoir de tout autres priorités. Je voudrais en citer juste deux volontairement.

La première priorité devrait être donnée à la question du salaire. Une des causes premières de la crise réside dans la compression, puis la régression du pouvoir d'achat du salaire depuis 25 ans environ dans notre pays. Tout ceci au profit des revenus financiers. Je parle non seulement du salaire direct mais aussi du salaire socialisé, qui s'exprime en particulier avec les prestations sociales et qui englobe l'ensemble des effets des services publics, effets qui sont redistributeurs. Je parle non seulement du revenu des salariés actifs mais aussi de celui des chômeurs et des retraités. Un véritable plan de relance aurait consisté à lancer un vaste programme de revalorisation du revenu global, d'application immédiate. Il ne s'agissait pas simplement d'une relance de la consommation ou par la consommation - ce qui, à mon avis, ne signifie plus rien aujourd'hui -, mais du redressement d'un revenu global grâce à un bouclier social qui devrait comprendre un salaire minimum, un revenu minimum d'existence pour tous, une revalorisation des salaires directs et une réforme de notre sécurité sociale, qui est devenue aujourd'hui de plus en plus déficiente.

La deuxième priorité d'un vrai plan de relance, ç'aurait été une reprise en main à la racine du système bancaire. Bien sûr, vous ne serez pas étonnés si je vous parle de la nationalisation immédiate des grandes banques et des assurances, qui, à mon avis, va devenir dans les années qui viennent incontournable. La socialisation de l'UBS, en dehors des grands projecteurs médiatiques, n'a recueilli qu'une seule voix en commission.

Il ne s'agit pas simplement de nationaliser et de socialiser une banque pour aboutir à une reprise en main face à des bonus invraisemblables; il s'agit surtout de réorienter fortement la mission de ces banques et leur activité. Je veux en particulier parler de la fin du secret bancaire - qui, je le rappelle, n'a recueilli que 2 voix en commission - et de l'harmonisation fiscale internationale qui devrait devenir une priorité de la Suisse.

L'autre priorité, pour la Suisse, serait l'extinction, la disparition des départements bancaires qui interviennent sur les marchés financiers. Ce serait ensuite le plein développement de la vocation initiale des banques. Initialement, les banques étaient là pour assurer un crédit à court, à moyen et à long terme, avec un taux fixe garanti aux particuliers, et ceci sur la base des dépôts en revenu et en épargne dont ces banques assuraient la gestion. Qu'est-ce que nous en sommes loin, aujourd'hui! Enfin, il aurait fallu parler de la création en parallèle d'un pôle public spécifique du crédit pour que l'on puisse avoir des investissements à visées sociale et écologique.

La Suisse fait fausse route, Madame et Monsieur les conseillers fédéraux, car elle refuse de se séparer de l'idéologie à la base de tout ce désastre économique et financier que nous connaissons. Finalement, la politique des banques, du Conseil fédéral et des partis qui le composent nous amène vers une déconfiture. On n'a pas voulu écouter notre avis, ni les propos anticapitalistes que nous tenions; eh bien aujourd'hui, il est fort probable que nous irons vers une situation digne de celle de l'Islande, et vous en assumerez les conséquences!

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