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Favre Laurent · Nationalrat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2009-03-10

Wortprotokoll

Je complète le rapport de mon collègue Müller Walter pour le groupe libéral-radical, en abordant la problématique des ressources énergétiques dans ce rapport de politique économique extérieure 2008.

Le prix du pétrole comme baromètre de l'activité économique et objet de tensions géopolitiques a montré une extrême volatilité en 2008. De plus de 120 dollars le baril, son prix est redescendu en fin d'année à près de 40 dollars, en lien avec une situation politique et de marché complètement renversée par la crise financière. En matière de gaz, les tensions régnant entre la Russie et l'Ukraine ont péjoré l'approvisionnement de l'Europe entière. Voici deux exemples qui parlent pour une politique énergétique extérieure forte permettant de garantir la sécurité de l'approvisionnement du pays.

Dès lors, nous soutenons la stratégie que s'est fixée le Conseil fédéral en 2008 en développant des coopérations internationales pour l'approvisionnement à long terme en gaz, en pétrole et en uranium. Il ne faut pas oublier le renforcement de nos relations avec l'Union européenne afin d'accentuer encore notre rôle de plaque tournante au centre du réseau européen de distribution. A cet égard, les négociations avec l'Union européenne concernant l'électricité sont d'une grande importance.

Au chapitre européen toujours, il est judicieux de rappeler que la Suisse a joué un rôle décisif dans la conclusion d'un contrat de fourniture de gaz naturel entre l'entreprise EGL et l'Iran, permettant ainsi des progrès considérables vers la réalisation du pipeline TAP d'une valeur stratégique pour l'Europe et la Suisse. Dès lors, ne serait-il pas temps de [PAGE 243] parler d'un accord énergétique entre l'Union européenne et la Suisse, et pas uniquement en matière d'électricité?

Le groupe libéral-radical salue encore les discussions bilatérales menées avec plusieurs pays stratégiques en matière énergétique qui sont la Norvège, la Turquie, l'Algérie et l'Azerbaïdjan, tout comme avec nos voisins français, autrichiens, allemands et italiens.

De plus, nous ne pouvons qu'appuyer le Conseil fédéral dans sa volonté de négocier un accord de libre-échange avec la Russie et l'Ukraine, en demandant que la question énergétique soit considérée comme stratégique.

Au niveau des infrastructures, avec l'augmentation des besoins en électricité, nous constatons comme le Conseil fédéral, que les goulets d'étranglement sur le réseau électrique doivent faire l'objet de nouveaux investissements partagés avec nos voisins, afin que le transit puisse être assuré tant pour nos besoins que pour l'exportation de nos précieux kilowattheures d'origine hydraulique.

En matière d'énergies renouvelables, nous saluons les travaux allant dans la direction d'un système libéral de commerce des droits d'émission de CO2. Le système européen ETS nous semble à cet égard le plus approprié. En parallèle, les efforts entrepris avec la reconnaissance des certificats d'électricité d'origine renouvelable vont dans la bonne direction. Nous pensons aussi que le commerce des droits d'émission de CO2 devrait favoriser l'imbrication de la politique énergétique extérieure avec la politique de coopération au développement.

Notre groupe approuve ce rapport tout en insistant sur la nécessité de garantir l'acquisition d'énergie à des conditions économiques favorables à notre place économique, ce qui suppose un marché de l'énergie ouvert et des relations bilatérales et multilatérales renforcées.