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Berset Alain · Ständerat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-03-02

Wortprotokoll

La session de printemps s'ouvre cette année dans des conditions inhabituelles. Il y a maintenant plusieurs mois que la situation nationale et internationale sur les plans financier et économique nous préoccupe. Après la crise des prêts immobiliers à risque américains et ses conséquences difficiles sur certains grands établissements bancaires, alors que la crise qui touche l'économie se fait sentir, malheureusement, de plus en plus clairement, nous avons toutes et tous conscience de vivre des moments qui sont particuliers et qui appellent une réflexion posée et la recherche de solutions.

Ce qui est en question, c'est la confiance. Cela a été beaucoup dit, ressassé même, en ce qui concerne le système bancaire et financier. Cela a été moins débattu et discuté pour ce qui concerne la confiance que nos concitoyennes et nos concitoyens ont dans le pays, ou la confiance que nous contribuons à manifester et à développer dans nos actes au Conseil des Etats.

Le peuple suisse a montré avec une clarté inattendue la confiance qu'il porte dans nos relations avec l'Union européenne. Le 8 février dernier, au terme d'un débat vif qui peut faire la fierté de nos institutions, une majorité s'est dégagée largement pour poursuivre le développement des relations bilatérales avec nos voisins. Ce signal de confiance a été envoyé par l'ensemble de la population. Ce signal n'est pas passé inaperçu au-delà de nos frontières, confirmant aussi la maturité du débat démocratique dans notre pays.

A nous maintenant, parlementaires, de montrer la confiance dont sait faire preuve le Parlement au moment de prendre des décisions importantes. Durant cette session, nous débattrons notamment d'un programme d'impulsion conjoncturelle. Superflu pour certains, insignifiant pour d'autres, il n'en reste pas moins qu'il s'agit, tel qu'il est présenté, d'une solution qui a le mérite d'exister, d'être à la fois réelle et réaliste.

Cette confiance dans nos moyens et dans nos institutions, nous devrons également la mettre à l'épreuve des débats qui se poursuivent sur les questions financières et bancaires. Il est maintenant de toute évidence que de lourdes erreurs ont été commises par des acteurs importants de notre économie nationale. Il est de toute évidence que cela ne devrait pas se reproduire. Mais en disant cela, on présente le constat, et on n'a pas encore proposé de solutions.

Le rôle du Parlement n'est pas de faire le travail seul. Il est d'accompagner les démarches entreprises par le Conseil fédéral pour dénouer les crises. Il est de faire oeuvre d'esprit critique, d'oser affronter un débat ouvert, d'avoir confiance dans le fait que, ensemble et de façon active, nous pouvons faire avancer les choses.

L'activité du Parlement est d'autant plus importante dans une période où le ciel n'est pas sans nuages, où des craintes pourraient s'installer, où des incertitudes pour l'avenir pourraient se faire jour. A nous, par notre travail, de faire en sorte que la confiance nécessaire pour que le pays avance soit toujours plus forte. Pour cela, il faut à la fois être précis et accepter la réalité sans la subir, rejeter le déni, ne pas remplacer le manque d'idées par l'activisme stérile, mais savoir toujours rechercher, patiemment, un équilibre qui soit profitable à l'ensemble de la société et dont nous pourrons défendre chaque point face aux générations qui arrivent.

Sur ce, je déclare la session de printemps ouverte.

Berset Alain · Ständerat · 2009-03-02 | Lexipedia | Lexipedia