Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-03-03
Wortprotokoll
Pour revenir sur ce que disait Monsieur Bürgi, je pense que ses propos sont tout à fait raisonnables et justifiés si on lit le rapport du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports sur la question des armes d'ordonnance. Ce département, en raison de la sensibilisation de la population à cette question, a nommé un groupe d'experts qui a été chargé de rédiger un rapport. Ces experts sont des professionnels de l'armée.
Ce rapport dit deux choses. Il reconnaît ainsi qu'il peut y avoir un lien entre le fait de devoir garder l'arme d'ordonnance à domicile et les violences domestiques, les suicides et les meurtres au sein des ménages; il reconnaît donc qu'un lien pourrait exister entre le fait de devoir garder l'arme militaire à la maison et les violences dans les foyers suisses. Il fait également la liste des solutions alternatives qui pourraient être mises sur pied, et il n'en reconnaît aucune comme étant efficace: le dépôt volontaire de l'arme à l'arsenal, comme le pratique le canton de Genève, est inefficace et sans succès; la conservation de l'arme à domicile sans la culasse, comme le prévoit la motion Fetz, est également inefficace et onéreuse; la conservation à domicile sans percuteur est également considérée comme inefficace et onéreuse; le dépôt de la munition à l'arsenal est également inefficace et onéreux; la remise des armes militaires à certains officiers et non aux citoyens soldats est considérée comme inefficace et elle aurait pour conséquence de créer deux catégories de soldats: ceux de première et ceux de deuxième classe.
Il ressort de la lecture du rapport que les mesures proposées sont inefficaces et ne répondent pas aux souhaits et à la volonté manifeste d'éviter des drames domestiques liés au fait de devoir garder l'arme à domicile. Je pense que Monsieur Bürgi n'a pas tout à fait tort et que Madame Fetz devrait peut-être retirer sa motion. Mais il est alors indispensable de donner suite à la pétition 07.2021, qui est l'objet suivant de notre ordre du jour.
Si l'on reconnaît qu'il peut y avoir un lien entre l'arme militaire à domicile et les situations de violence et que toutes les propositions alternatives sont inefficaces, contre-productives et onéreuses, il faut alors soutenir la pétition qui donne un signe clair, qui exige un choix: soit on est pour l'arme d'ordonnance à domicile, soit on est convaincu qu'il est inévitable de [PAGE 26] déposer ces armes d'ordonnance à l'arsenal et on fait un vrai choix de société, un vrai choix politique. Cela me paraît être la seule alternative possible et efficace.