Lexipedia

Fournier Jean-René · Ständerat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2009-03-03

Wortprotokoll

J'aimerais intervenir maintenant, comme je l'ai fait d'ailleurs à la session d'hiver 2008 au sujet de la motion Amstutz 07.3586, "Assurer la disponibilité des Forces aériennes". J'ai eu à l'époque le même réflexe que mon collègue Luginbühl. Finalement, je me suis déclaré prêt à soutenir le postulat qu'il avait à l'époque l'intention de déposer.

De quoi s'agit-il? Vous savez que le DDPS a entamé des discussions avec les autorités locales mais aussi avec les autorités cantonales, en particulier avec celles des cantons alpins concernés par la problématique de l'augmentation du nombre de vols des avions militaires dans leur espace aérien. Cette problématique a été abordée d'une façon concrète lors d'une séance qui a eu lieu le 13 octobre 2008. Elle réunissait Monsieur Schmid, alors chef du DDPS, ses collaborateurs et des représentants des autorités locales et cantonales.

Au cours de la discussion, on a manifesté la volonté d'étudier la possibilité d'accroître le nombre d'entraînements à l'étranger. Les représentants du DDPS ont même déclaré qu'une place d'entraînement à l'étranger pouvait être envisagée. On a aussi parlé du maintien de la trêve estivale, si nécessaire à nos régions alpines, notamment durant la période touristique. Comme l'a dit Monsieur Luginbühl, le tourisme est quand même une "industrie" qui est absolument indispensable dans les cantons alpins.

Il faut savoir, pour la situation valaisanne, que ce que nous désirons, ce n'est pas abolir ou supprimer l'aérodrome militaire de Sion, mais ce que nous voulons, bien sûr, c'est limiter la croissance extraordinaire du nombre de mouvements d'avions militaires dans notre espace aérien. Je vous le dis ici, quel canton, quelle population en Suisse accepterait qu'on double tout simplement, en quelques années, le nombre des mouvements d'avions militaires dans son ciel, sans réagir, alors que, pour la population valaisanne, 70 000 personnes sont concernées dans le bassin sédunois, auxquelles il faut ajouter pratiquement autant de touristes en période touristique? Quelle population et quelles autorités accepteraient simplement, sur la base d'une planification militaire non négociée avec les cantons et les populations concernées, de doubler d'ici quelques années le nombre de mouvements, notamment ceux des F/A-18, dans leur espace aérien?

Ce que nous désirons bien sûr, c'est tout simplement pouvoir exploiter, d'ailleurs d'un commun accord avec le département, toutes les possibilités pour maintenir ce niveau de bruit à un niveau qui soit encore acceptable par la population.

Sur ce point, j'ai de la peine à comprendre la position du Conseil fédéral qui propose de rejeter cette motion et se déclare en même temps disposé à examiner les demandes présentées. Si le dialogue continue dans le même esprit et avec la même volonté de trouver des solutions - puisque pour les populations actuelles, je vous le dis, ce n'est plus acceptable -, eh bien, d'accord avec le dialogue. Mais si le rejet de cette motion équivalait à couper le dialogue et tout simplement à imposer à la population locale le doublement des vols militaires dans son ciel aérien, à ce moment-là il faudrait clairement dire que cela équivaudrait à une déclaration de guerre vis-à-vis de cette population et aussi des autorités locales et cantonales; déclaration de guerre qu'à mon avis, bien sûr, ni la population, ni les autorités concernées ne méritent.

Je rappellerai ici qu'il s'agit de la santé de la population: 70 000 personnes sont concernées dans le bassin sédunois. Je rappelle aussi qu'il s'agit économiquement d'une perte énorme parce que, en doublant le nombre de mouvements d'avions, on élargit en même temps les zones de bruit et il nous faudrait pratiquement dézoner environ 1,2 million de mètres carrés de zones à bâtir uniquement sur la commune de Sion. Vous imaginez le tollé que cela représentera, et tout ceci sans négociation, simplement en acceptant ce qui nous arrive du ciel. Je pense que cette situation n'est absolument pas acceptable.

C'est la raison pour laquelle je vous demande d'adopter la motion Luginbühl, qui n'est pas excessive puisqu'elle prône tout simplement ce qui est déjà le fait: la trêve estivale. En même temps, elle demande le maintien du dialogue pour trouver des solutions de répartition de ces vols en Suisse, qui soient un peu plus équitables par rapport aux populations concernées.