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Béguelin Michel · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-11-30

Wortprotokoll

J'aimerais évoquer ce que j'appellerai l'intérêt national, à travers deux questions qui ont été soulevées par nos collègues alémaniques: d'une part, le principe de territorialité et, d'autre part, le marché suisse.

Dans le rapport concernant les liaisons avec la France, il y a une liaison qui s'appelle le TGV Rhin-Rhône qui comporte plusieurs étapes, dont deux étapes sont d'une importance décisive pour l'ensemble de la Suisse et l'ensemble du marché suisse et encore, d'une manière plus importante, je dirais pour le marché suisse alémanique, parce que si vous allez de Paris à Bâle en deux heures, cela veut dire que nous allez de Paris à Zurich en trois heures. Il ne s'agit pas seulement de Paris, il s'agit aussi des liaisons correspondantes avec le réseau à grande vitesse européen, aussi bien du côté de la Méditerranée que du côté de l'Atlantique. Cela veut dire que vous avez là des gains de temps considérables qui, sur le plan du marché, apportent vraiment des améliorations importantes, à un point tel qu'on peut même se poser la question de l'allègement du trafic aérien Zurich-Paris. Centre-ville-centre-ville en trois heures, la clientèle n'ira plus en avion, mais en train. Cela concerne la Suisse allemande essentiellement. Les améliorations pour la Suisse occidentale qui vont intervenir n'apporteront qu'un gain de temps de 20 minutes, d'une demi-heure ou bien, dans le cas de Genève, de trois quarts d'heure; cela veut dire qu'il y a un intérêt stratégique et qu'il y a un marché avec la première étape du TGV Rhin-Rhône, Mulhouse-Dijon. Et je souhaiterais que nos compatriotes alémaniques réfléchissent bien à cette question, parce que le marché permet trois ou quatre liaisons directes par jour, et ça c'est quelque chose qui allège le trafic aérien, comme je l'ai déjà dit. C'est donc dans l'intérêt direct de la Suisse.

Maintenant, un rappel historique à propos du principe de territorialité: en 1957, au bilan des CFF, il y avait 515 millions de francs de l'époque d'investissements dans les lignes d'accès étrangères à la Suisse. La Suisse, à l'époque, a financé déjà la nouvelle ligne Dijon-Vallorbe, l'électrification Strasbourg-Bâle, l'électrification de la ligne Karlsruhe-Bâle et de l'Arlberg, l'électrification du nord de l'Italie. Je vous le répète: 515 millions de francs d'investissements à l'étranger, dans le bilan de 1957 des CFF. Maintenant, plus récemment, en Italie, le tunnel du Monte Olimpino a été payé par la Suisse. Ce n'est donc pas nouveau et quand ça sert l'intérêt national, eh bien, c'est un bon placement.