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Seydoux-Christe Anne · Ständerat · 2009-03-18

Seydoux-Christe Anne · Ständerat · Jura · Fraktion CVP/EVP/glp · 2009-03-18

Wortprotokoll

Mon époux est médecin-chef du Département de gynécologie et obstétrique de l'Hôpital du Jura et vice-président de la Société suisse de gynécologie et d'obstétrique (SSGO). Je vous dis ceci plus par intérêt amoureux qu'en raison d'un mandat, puisque je n'ai pas de mandat de la part de la SSGO. Donc je m'exprime ici en connaissance de cause malgré tout, et je rappelle que le canton du Jura a le taux de césariennes le plus bas de Suisse.

Le postulat Maury Pasquier a été déposé dans le contexte d'une action de la Fédération suisse des sages-femmes, notamment pour revaloriser leur profession, ce qui est de bonne guerre. Dans différents documents, cette fédération soulève le problème des taux de césariennes en Suisse. Ce faisant, elle laisse clairement entendre que le taux moyen suisse - relativement élevé en comparaison avec d'autres pays, il est vrai - est notamment dû à l'esprit mercantile des gynécologues et obstétriciens, ainsi que de certains établissements hospitaliers. Ce n'est certes pas ce que Madame Maury Pasquier dit et écrit, mais c'est nettement exprimé dans la documentation qui a été distribuée en relation avec ce postulat.

En France - où le taux de césariennes fait également l'objet d'une polémique, même s'il est plus bas que le taux moyen suisse puisqu'il s'élève à environ 20 pour cent - le Collège national des gynécologues et obstétriciens français fait valoir que cette problématique est complexe et qu'il y a au moins six raisons à l'augmentation de ce taux: un premier accouchement plus tardif; plus de naissances multiples; la pratique de la césarienne pour des présentations autrefois non césarisées, notamment la présentation par le siège; l'augmentation des utérus cicatriciels postcésarienne à la première grossesse, d'où une augmentation à la deuxième et à la troisième grossesse; la demande du couple qui existe quand même; le refus de certaines d'accoucher par les voies naturelles; et aussi, je crois qu'il ne faut pas le négliger, la prudence de l'accoucheur face à un risque possible en raison de la pression médicolégale. Je crois que tous ces éléments peuvent être transposés en Suisse et je relève que les indications obstétricales sont claires en ce qui concerne ce pays.

La SSGO est consciente que les taux de césariennes pratiquées en Suisse - qui peuvent effectivement varier assez fortement d'un canton à l'autre, d'un établissement hospitalier à l'autre, d'un praticien ou d'une équipe à l'autre - soulèvent des questions. Elle est en tellement consciente qu'elle a proposé en décembre 2008 à l'Office fédéral de la santé publique une étude prospective sur le taux de césariennes en Suisse, moyennant un soutien financier de ce dernier. A ma connaissance et selon mes sources, l'Office fédéral de la santé publique, préoccupé par d'autres soucis, n'a pas encore donné de réponse claire à cette demande de la SSGO.

En tout cas, la SSGO se préoccupe de cette problématique, et je ne soutiendrai dès lors pas ce postulat.