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Decisione

BGE 22 I 363

BGE 22 I 363

1 gennaio 1896Tedesco10 min

Source fallrecht.ch

362 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverlassung. I. Niederlassung und Aufenthalt. No 67. 363 geric'{lt mit bem I[(ntrage, C.§ fei genannter ~ntfc'{letb au Taul)ebeu, ftänben funn nic'{lt ttlol){ gefagt ttlerben, bau ffieturrentin unter .\toftenfofge. ®ie füljrt im ttlejcntnc'{len au.§: ~rrt. 45 bel' bCtuernb unterftii~t ttlorben fei, unb Hegt ba~ betreffenbe lftequifit mAll. garantiere bie freie 91ieberIaffung niü)t nur i)on .\tanton ber l[(ußttleiiung ntc'{lt Mr. Sm ttleitern aber fte'l)t auc'{l noc'{l au .\tanton, funbem aud) innert be.§ .\tanton.§ Cm(umer"lJJCorel I,. unlieftritten feft, ball eine amHtc'{le I[(ufforbenmg an bie .\?eimat: 382 u. f.). miefdoe fönne attlar für ben 5Berarmung.§faU (aut gemetnbe 5u angemeffener Unterftütmng ber lftet'urrentin, ttlte I[(rt. 45, 3 ber m."R entaogen ttlerbeu, iebod) nur unter be~ I[(rt. 45 cit. fte \)oric'{lreiot, niemu1s ergangen tft, ~ielmeljr tft ftimmteu .\tautefen. In casu feien nun bie 5Bomußfe~ungeu bel' bie S)eimatgemeinbe nur auf ~rii)Cttem ?ffiege um Uuterftii~ung I[(u.§ttleijung nic'{lt gegeoen. ffi:efurrentin l)aI.ie 31tlar frembe ?ffiol)I" angegungen ttlorben; biejeß ~ri~ate ®eiud} funn nun bie amt" tl)ätigfeit in I[(nfpruc'{l genommen, bagegen nur biefeltifiC beß ~ri: ficf)e I[(ufforberung bes I[(tt. 45 nic'{lt erfe~en. mie S)eimatge: ~aten I[(rmeni)el'einß unb nic'{lt bie öffentHc'{le ?ffioljItljätigfeit. miefe metnbe lj,tt aubem fragItc'{le~ ®efucf) attlai ubfc'{lfägig befc'{lieben; ,3nanfpruc'{lnaljme fei auc'{l feine bauernbe gettlefen, fonbern ljabe bugegen erfolgte bel' 6eaiiglic'{le mefc'{leib im ,3aljre 1893; bel'jeIbe feit S)Jcäq 1895 aufgeljört ~nbncf) fei aud) eine amtItc'{le I[(uf- genügt nUll nid)t, um bar3utuu, bab eine ungemeffene Unter: forberung aur Unterftü~ung an bie .\?eimatgemeinbe augeftanbener: ftÜ~Ullg uuc'{l im ,3aljre 1895 unb 1896 \)erttleigert ttlerben ttlürbe. mallen gar nicf)t ergungen; baß :pri\)'tteUnterftü~ung.§gefuc'{l memnad) ljat ba~ munbeßgcl'id)t batiere aubem \)on 1893. C. mer ruaernifd)e ffi:egierungßrat beantragt I[(bttletfung bCß erfannt: ffiefurfe.§, inbem er auf bie 1JJC0til.le feine.§ angefod)tenen ~nt: mer lftefur~ ttlirb ar~ begrünbet erfliirt, unh ber gegen ffi:e: fc'{leibeß \)erttlei.6t unb u. a. noc'{l bemerft, bie .\)auptfrage ttleroe furrentin erlaHene l[(u§ttleifung~oefc'{lfuf3 bemgemiiu uufgeljoben+ ttloljf bie fein, ob bie amHic'{le ~f(ärung be.6 ®emeinbel'ateß IDCeggen, baB er feine Unterftü~ung beraoreic'{le, im ®inne beß I[(rt. 45, 3 bel' m.:5B. genügenb fei, 001l.1olj1 biefe ~rf{ärung nic'{lt auf eine bC3ügrtc'{le amtHd)e I[(ufforberung ljin erfofgte. 67. Am~t du 13 juin 1896 dans la cmtse lampen. muß munbe.§geric'{lt aieljt in ~rttlägung: ®emäu I[(rt. 45, 3 m'"5B' faun bie ~1ieberlaffung benjenigen En date du 4 decembre 1895, le Departement de justice ent30gen werben, ttlefd)e bauernb ber öffentItc'{len '!"Bo9Itljätigfett aur et police du eanton de Geneve a arr~te « de ne pas aecorder 2aft fuUen unb beren .\?eimafgemeinbe oe3ttl. S)eimattanton eine l'autorisation de sejourner dans le canton» a dame Anna angemeffene Unterftü~ung tro~ umtHc'{ler Uhtfforberung nic'{lt ge~ Jampen, nee Rufer, Bernoise, attendu qu'elle avait eM « con- mäljrt. lftefurrentht mac'{lt nun 3unäc'{lft ljierort.§ gegen iljre u{U.6: damnee a reiterees fois pour vol, reeel et proxenetisme ». ttletjung geHenb, baß fie nur bie ?ffioljrtlittgfeit be~ freittltUigen Le 24 deeembre, le Conseil d'Etat, snr recours de l'interes- I[(rmeni)erein~ in 2uaern, eine~ ~rii)Qten ~eretnß, tn I[(nfpruc'{l see, a maintenu cet arr~te. genommen l)abe unb baljer bu~ El1equifit ber 3nanfprucf)nal)me Dame Jampen a demande, en date du 24 janvier 1896, au ber ötfentIi d) en ?ffioljUljätigfeit nicf)t \)orIiege. 6ie'lj-t man nun Tribunal federal de revoquer ces decisions. Elle expose, (md) Mrltegenb bon biefer 1}rage ganö ub (unter .\?iuttleiß attlur dans son recours, qu'apres avoir habite Berne, elle s'est eta- auf bie ~ntic'{leibe in ®ac'{len ®d)ttleiaer bom 25. ~rU 1894 bUe a Geneve, avec son fils . en juillet 1895; qu'elle y a ob- unb 6üeU bom 27+ mcöember 1895), jo ljut bocf) lftefurrerttiu tenu un permis d'etablissement et, le 27 novembre suivant, im ttleitem be9au~tet unb tft unoefiritten geblieben, bau biefe l'autorisation de ternr pension; que les condamnations ante- Unteritü~ung im IDfära 1895 aufgeljört ljat. Unter biefen Um" rieurement subies par elle, a Berne, sont de simple police et

364 A. Staatsrechtliche Entscheidnngen. L Abschnitt. Bundesverfassung. If. Niederlasssung nnd Aufenthalt. N° 67. 365

ne revetent nullement le caractere de delits graves au sens En droit: de l'art. 45 de la Constitution federale; enfin, que, depuis sou 1 0 Le present recours appelle l'interpretation des alineas arrivee a Geneve, sa conduite n'a donne lieu aaucune plainte. 2 et 3 de l'art. 45 de la Constitution federale, touchant le Le Conseil d'Etat du canton de Geneve repondant a ce- refus et le retrait d'etablissement pour eause de condamna- recours, explique de la maniere suivante les mesures prises tions penales. Jll'egard de dame Jampen: Les delits pour lesquels la recou- Aux termes de ces dispositions, l'etablissement peut, ex- rante a ete condamnee aBerne sont des delits graves, au sens ceptionnellement, etre refuse a ceux qui, par suite d'un juge- de l'art. 45 Constitution federale. TI ne s'agit nullement de ment penal, ne jouissent pas de leurs droits civiques (al. 2); contraventions de simple police, mais de delits prevus par le il peut, exceptionnellement, etre retire aces memes per- Code peDal. Peu importe qu'un permis d'etablissement ait sonnes (al. 2) et, de plus, acelIes qui ont ete, a reitere es eta delivre posterieurement a ees condamnations. On ne fois, punies pour delits graves (al. 3). peut, en effet, exiger que les employes d'un departement 20 TI n'ya pas lieu de rechercher si l'expulsion de dame aient pn3sents a la memoire les casiers judiciaires de tous Jampen constitue un refus ou un retrait d'etablissement: soit ceux qui s'adressent a eux (voir arret du Tribunal federal, dans l'une, soit dans l'autre hypothese, cette expulsion me- du 28 mars 1894, en la cause Haller contre Geneve). eonnait les regles de l'art. 45 precite. Dans une lettre du 8 mars 1896 au juge delegue, le Depar- 30 D'une part, en effet, a la considerer comme refus, elle tp,ment genevois de justice et police expose, en outre, ce qui viole l'al. 2 de cet article puisque, selon rapport de la Di- suit: Dans Ia eause Haller, il a ete admis que le Gouverne- reetion de police de Berne, la recourante n'a subi de de- ment cantonal pouvait retirer un permis d'etablissement ae- cbeance de ses droits civiques a la suite d'aucune de ees corde par un employe subalterne qui ignorait les antecedents condamnations. Les autoriMs genevoises n'avaient done pas du titulaire, alors que le dit pennis aurait ete refuse si ces le droit de refuser l'etablissement a dame Jampen. anteeedents eussent ete eonnus. Dans le eas de dame Jam- 40 D'autre part, si on admet que l'arrete du 4 decembre pen; il s'agit, en realite, d'un refus d'etablissement. Dame 1895 implique un retrait d'etablissement, il apparait egale- Jampen ayant produit un aete d'origine regulier, il etait im- ment comme contraire a l'art. 45. En effet, outre que la re- possible de ne pas lui accorder le permis d'etablissement courante jouit de ses droits civiques, elle n'a subi de con- qu'elle sollicitait. Ce n'est que lorsqu'elle se mit a exercer le damnations que dans le canton de Berne. On n'allegue, tout metier de logeuse que la police fut amenee a proceder a une au moins , aucune condamnation encourue dans eelui de .Ge- enquete et eut connaissance de son casier judiciaire. Ainsi neve. Or, d'apres l'interpretation donm'ie par les autontes qu'il resulte de rapports de police, dame Jampen avait com- federales a la disposition susmentionnee de l'al. 3, il faut, mence a louer des chambres ades femmes sans avoir regu pour que le retrait soit fonde, que la personne .etablie se d'autorisation a eet effet, et elle avait ehez elle une jeune soit rendue coupable d'au moins un delit grave au lieu de son fille qui est devenue la maitresse de son fils, Ernest Rufer. nouveau domicile et se trouve ainsi en etat de recidive par La Direction de police de Berne a fait savoir au juge deM- suite des condamnations precedemment encourues (voir Sa- gue qu'aucun jugement n'avait entraine pour dame Jampen lis, Dt'oit {ederal su,isse, TI, 414). Dame Jampen ne pouvait la perte des droits civiques, et que cette perte ne resultait donc se voir valablement retirer l'etablissement obtenu. pas non plus, par l'effet de la loi, de l'une ou l'autre des 50 Quant aux faits mis a la charge de la recourante dans condamnations intervenues. l'office du Departement genevois de justice et police, du

366 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. L Abschnitt. Bundesverfassung. IH. Kompetenz des Bundesrates. N° 68. 367

8 mars 1896, ils ne sauraient etre pris en consideration. En independante ». La liste conservatrice fut deposee au seCrE~­ effet, ils ne sont pas mentionnes dans la decision du Conseil tariat communalle lundi 29 avril, ä 2 1/2 henres de l'apres- d'Etat et, a supposer meme qu'ils soient de nature ä la justi- midi, tandis que la liste independante le fut le meme jour a fier, Hs ne peuvent etre eriges, apres coup, en motifs de 4 heures 10 minutes du soir. l'arrete du 4 decembre 1895. Dans sa seance extraordinaire du 4 mai 1895, le Conseil

Dispositiv

Par ces motifs, communal, vu les art. 48 de la loi sur les communes et 20 Le Tribunal federal de l'arrete du Conseil d'Etat du 26 fevrier 1895, decida par 4 voix contre 3 de considerer la liste independante comme prononce: non valable, parce qu'elle n'avait pas ete deposee en temps Le recours est declare fonde, et les arretes d'expulsion utile, et de ne pas l'afticher. Ensuite de cette decision, le des 4 et 27 decembre 1895 so nt annules. secretariat communal omit l'afficbage public de cette liste. Apres le vote, qui eut lieu a Romont le 5 mai 1895, le bureau electoral declara nuls les suffrages obtenus par les candidats de la liste independante, et proclama elus les 9 III. Kompetenz des Bundesrates. - Competence candidats de la liste conservatrice. du Conseil federal. Agissant au nom de plusieurs membres du groupe des electeurs independants de ROlllont, l'avocat E. Bielmann a

68. Arret du 10 juin 1896 dans la cause Conseil d'Etat Fribonrg recourut, conformement a l'art. 37 de la loi sur les du canton de Fribourg. communes, an Conseil d'Etat du canton de Fribourg contre les operations electorales de la ville de Romont, concluant a Par son arn~te du 26 femer 1895, le Conseil d'Etat de leur annulation. Fribourg a fixe les elections pour le renouvellement integral Par son arret6 motive du 24 juin 1895, pris sur le vu d'un des membres des conseils communaux de ce canton au di- rapport du prefet de la Glaue, et communique aux recourants manche 5 mai 1895, conformement a 111. loi fribourgeoise sur le 29 dit, le Conseil d'Etat ecarta ce re co urs comme mal les communes et paroisses, du 19 mai 1894. fonde. Le 23 mars 1895, 111. direction de l'Interieur du canton de Par memoires des 14, 15 et 16 juillet 1895, adresses au Fribourg publia les instructions concernant l'application de Conseil federal, 217 electeurs de Romont protestent contre la representation proportionnelle aux elections des conseils l'entree en fonctions d'un conseil communal compose d'un communaux du 5 mai 1895, et les fit remettre aux communes. seul parti, et dont plusieurs membres ne sont, selon les si- En ce qui concerne les formalites a remplir avant l'election, gnataires des dits memoires, pas regulierement elus. lls de- on y trouve reproduit, au chiffre 1er, l'art. 20, 1 er alinea, de mandent que leurs droits politiques soient sauvegardes et l'arrete du Conseil d'Etat du 26 fevrier, portant que les listes que l'autorite federale ordonne tout au moins de nouvelles de candidats doivent etre deposees au secretariat, au plus elections, afin de representer les interets de taute la popula tard le lundi 29 avril, a 3 heures apres-midi. tion. Dans la commune de Romont les deux partis ou groupes Par arreM du 7 mars 1896, le Conseil federal a prononce d'electeurs presenterent a l'election des listes de neuf can- comme suit: didats chacune, intitulees « liste conservatrice » et «liste 10 Le recours est declare fonde.