III. Techniques antiémissions
12. Le tableau 1 récapitule les principales catégories de techniques existant pour la réduction des émissions de COV. Les techniques qu’il a été décidé d’inclure dans le tableau ont été appliquées commercialement avec succès et sont désormais largement adoptées. La plupart d’entre elles ont été appliquées à la fois dans plusieurs secteurs.
13. Les sections IV et V indiquent les techniques spécifiques de tel ou tel secteur, y compris la limitation de la teneur des produits en solvant.
14. Il faudrait aussi s’assurer que l’application de ces techniques ne crée pas d’autres problèmes d’ordre écologique. S’il faut recourir à l’incinération, celle-ci doit aller de pair avec une récupération d’énergie, lorsque c’est possible.
15. Ces techniques permettent habituellement d’obtenir dans les flux d’air rejeté des concentrations inférieures à 150 mg/m 3 (carbone total, conditions normalisées). Dans la plupart des cas, les valeurs d’émissions se situent entre 10 et 50 mg/m 3 .
Tableau 1
Brève présentation des techniques existantes de réduction des émissions de COV, de leur rendement et de leur coût
16. Une autre méthode courante de destruction des COV non halogénés consiste à utiliser les flux de gaz chargés de COV comme air ou combustible secondaire dans les installations existantes de conversion de l’énergie. Toutefois, cela nécessite habituellement des modifications propres à chaque installation, si bien que cette méthode n’est pas non plus incluse dans le tableau qui suit.
17. Les données relatives au rendement sont basées sur des expériences concrètes et l’on estime qu’elles reflètent le potentiel des installations existantes.
18. Les données relatives aux coûts comportent plus d’incertitudes liées à l’interprétation des coûts, aux méthodes de comptabilité et aux conditions propres à chaque emplacement. Les données fournies sont donc spécifiques de chaque cas. Elles englobent l’éventail des coûts pour les différentes techniques. Cependant, elles reflètent de façon exacte les relations entre les coûts des différentes techniques. Les différences de coûts entre des installations nouvelles ou adaptées peuvent être assez marquées dans certains cas, mais pas assez pour modifier l’ordre indiqué dans le tableau 1.
19. Le choix d’une technique antiémissions dépendra de paramètres tels que la concentration de COV dans le gaz brut, le débit de gaz, le type de COV, etc. Il peut donc se produire quelques chevauchements entre les champs d’application, auquel cas il faut choisir la technique qui convient le mieux eu égard à la situation.
IV. Secteurs
20. Dans la présente section, chaque secteur produisant des émissions de COV est caractérisé par un tableau indiquant les principales sources d’émissions, les mesures de réduction dont les meilleures technologies disponibles, leur rendement spécifique et le coût de la réduction.
21. Le tableau donne aussi pour chaque secteur une estimation du potentiel global de réduction des émissions de COV. Le potentiel de réduction maximal s’applique aux situations où il n’existe qu’un faible niveau de réduction.
22. Il ne faut pas confondre le rendement des mesures de réduction spécifiques de chaque procédé avec les chiffres indiquant le potentiel de réduction dans chaque secteur. Dans le premier cas, il s’agit de possibilités techniques, tandis que dans le second, il est tenu compte de la pénétration probable et d’autres facteurs qui interviennent dans chaque secteur. Le rendement spécifique de chaque procédé n’est indiqué que d’une manière qualitative, comme il suit:
I = >95 %; II = 80–95 %; III = <80 %.
23. Les coûts dépendent de la capacité, de facteurs particuliers au site, des méthodes de comptabilité et d’autres éléments. En conséquence, les coûts peuvent être très variables; c’est pourquoi seules des informations qualitatives (moyen, bas, élevé) sont fournies quant aux coûts comparés des différentes technologies mentionnées pour des applications précises.
A. Utilisation de solvants dans l’industrie
24. Dans de nombreux pays, c’est l’utilisation des solvants dans l’industrie qui contribue le plus aux émissions de COV provenant de sources fixes. Le tableau 2 énumère les principaux secteurs et les mesures de réduction possibles, notamment les meilleures technologies disponibles, et le rendement des dispositifs de réduction, et la meilleure technologie disponible est indiquée pour chaque secteur. Des différences peuvent apparaître entre installations petites et grandes ou neuves et anciennes. C’est pourquoi le potentiel global estimatif de réduction cité est inférieur aux valeurs présentées au tableau 2. Le potentiel global estimatif de réduction pour ce secteur peut atteindre jusqu’à 60 %. Un autre moyen de réduire le potentiel de formation épisodique d’ozone peut consister à reformuler les solvants restants.
25. En ce qui concerne l’utilisation des solvants dans l’industrie, trois approches peuvent en principe être appliquées: une approche orientée vers le produit, qui conduit par exemple à reformuler le produit (peinture, produits dégraissants, etc.); des modifications du procédé; et des technologies antiémissions supplémentaires. Pour certaines utilisations de solvants dans l’industrie, seule l’approche orientée vers le produit peut être utilisée (peinture de constructions, peinture de bâtiments, utilisation industrielle de produits de nettoyage, etc.). Dans tous les autres cas, l’approche orientée vers le produit mérite la priorité, notamment du fait des retombées positives sur l’émission de solvants de l’industrie manufacturière. En outre, on peut réduire l’impact des émissions sur l’environnement en combinant la meilleure technologie disponible avec la reformulation du produit pour remplacer les solvants par des substances moins nocives. Dans une approche combinée de ce type, le potentiel maximal de réduction des émissions, jusqu’à 60 %, peut conduire à une amélioration sensiblement plus grande de la protection de l’environnement.
26. Les travaux de recherche se poursuivent rapidement pour mettre au point des peintures contenant peu de solvant ou sans solvant, cette solution étant parmi les plus rentables. Pour de nombreuses installations, on a choisi l’association de techniques exigeant peu de solvant et de techniques d’adsorption/incinération. Les mesures de réduction des émissions de COV pourraient être mises en œuvre assez rapidement pour les travaux de peinture industrielle à grande échelle (par exemple, peinture de véhicules automobiles ou d’appareils ménagers). Les émissions ont été réduites à seulement 60 g/m 2 dans plusieurs pays. Il a été reconnu dans plusieurs pays qu’il était techniquement possible de ramener les émissions des nouvelles installations au‑dessous de 20 g/m 2 .
27. Pour le dégraissage des surfaces métalliques, on peut citer comme solutions de remplacement le traitement en phase aqueuse ou l’emploi de machines en circuit fermé avec récupération au moyen de charbon actif, qui donnent de faibles émissions.
Tableau 2
Mesures de lutte contre les émissions de COV, rendement des dispositifs de réduction et coût pour le secteur de l’utilisation des solvants
28. Pour les différentes techniques d’impression, on emploie plusieurs méthodes afin de réduire les émissions de COV. Elles consistent principalement à changer les encres, à modifier le procédé d’impression en utilisant d’autres méthodes d’impression, et à épurer les gaz. On utilise de l’encre à l’eau au lieu d’encres à base de solvant pour l’impression flexographique sur papier, et cette technique est en cours de développement pour l’impression sur plastique. Il existe des encres à l’eau pour certains travaux de sérigraphie et de rotogravure. Le séchage de l’encre par un faisceau d’électrons en offset élimine les COV et est utilisé dans l’imprimerie d’emballage. Pour certaines méthodes d’impression, il existe des encres séchées aux ultraviolets. La meilleure technologie disponible pour la rotogravure est l’épuration des gaz au moyen d’adsorbants au charbon actif. Dans la rotogravure d’emballage, on pratique la récupération du solvant par adsorption (zéolites, charbon actif), mais on utilise aussi l’incinération et l’adsorption. Pour le thermofixage et l’offset à bobines, on utilise l’incinération thermique ou catalytique des gaz dégagés. Les matériels d’incinération comportent souvent une unité de récupération de la chaleur.
29. Pour le nettoyage à sec, la meilleure technologie disponible consiste en machines fonctionnant en circuit fermé avec traitement de l’air de ventilation expulsé au moyen de filtres au charbon actif.
B. Industrie du pétrole
30. L’industrie du pétrole figure au nombre des secteurs qui contribuent le plus aux émissions de COV, en provenance de sources fixes. Les émissions proviennent aussi bien des raffineries que du réseau de distribution (y compris les moyens de transport et les stations de distribution d’essence). Les observations qui suivent s’appliquent au tableau 3 et les mesures indiquées comprennent aussi la meilleure technologie disponible.
31. Dans les raffineries, les émissions proviennent de la combustion des combustibles, du brûlage à la torche d’hydrocarbures, des décharges des installations de vide et de fuites d’unités de processus telles que brides et raccords, lignes ouvertes et systèmes de prélèvement d’échantillons. D’autres émissions importantes de COV dans les raffineries et les activités connexes proviennent du stockage, des processus de traitement des eaux usées, des installations de chargement/déchargement telles que ports, installations routières et ferroviaires, terminaux de pipeline, et d’opérations périodiques telles que arrêts, entretiens et démarrages (révisions complètes d’unités de processus).
32. On peut maîtriser les émissions qui se produisent pendant la révision générale des unités de traitement en canalisant les vapeurs vers des dispositifs de récupération ou en assurant leur combustion contrôlée à la torche.
33. On peut maîtriser les émissions provenant de la distillation sous vide par un dispositif de condensation des vapeurs ou en canalisant celles-ci vers des chaudières ou installations de chauffe.
Tableau3
Mesures de lutte contre les émissions de COV, rendement des dispositifs de réduction et coût dans l’industrie du pétrole
34. On peut réduire ou prévenir les émissions dues à des fuites d’équipements de fabrication en service gaz/vapeur ou liquide léger (par exemple vannes à commande automatique, vannes manuelles, détendeurs, systèmes de prélèvement, pompes, compresseurs, brides et connecteurs) en exécutant régulièrement des programmes de détection et de réparation des fuites et en pratiquant une maintenance préventive. Les équipements (par exemple vannes, garnitures, joints, pompes, etc.) présentant des fuites importantes peuvent être remplacés par des équipements plus étanches. Par exemple, des vannes à commande manuelle ou automatique peuvent être remplacées par des vannes analogues équipées de garnitures à soufflet. Les pompes à gaz/vapeur et à liquide léger peuvent être équipées de joints mécaniques doubles avec évents de dégazage contrôlé. Les compresseurs peuvent être munis de joints à fluide barrière qui empêchent le fluide de processus de fuir dans l’atmosphère et de dispositifs qui envoient à la torchère les émissions dues aux fuites de joints de compresseur.
35. Les soupapes limiteuses de pression pour les milieux susceptibles de contenir des COV peuvent être raccordées à un système de collecte des gaz, et les gaz recueillis brûlés dans des fours de processus ou à la torche.
36. On peut réduire les émissions de COV dues au stockage du pétrole brut et des produits pétroliers en installant un toit flottant à l’intérieur des réservoirs à toit fixe ou en dotant les réservoirs à toit flottant d’une étanchéité secondaire.
37. Les émissions de COV provenant du stockage d’essence et d’autres composants liquides légers peuvent être réduites par plusieurs moyens. Les réservoirs à toit fixe peuvent être équipés d’un toit flottant interne avec joints primaires et secondaires ou raccordés à un système de ventilation fermé avec un dispositif efficace de commande, par exemple pour la récupération de vapeur, le brûlage à la torche ou la combustion dans des chaudières. Les réservoirs à toit flottant externe comportant un joint primaire peuvent être munis d’un joint secondaire et/ou complétés par un toit fixe hermétique et une vanne limiteuse de pression raccordée à la torchère.
38. Les émissions de COV liées à la manutention et au traitement des eaux usées peuvent être réduites de plusieurs manières. On peut installer des commandes à joints hydrauliques, ainsi que des boîtes de jonction équipées de couvercles hermétiques, dans les systèmes de vidange. On peut aussi prévoir un réseau d’évacuation complètement hermétique. Les séparateurs huile-eau, notamment les réservoirs de séparation, écrémeurs, déversoirs, chambres à gravillons, trémies à boues et systèmes de récupération des huiles à redistiller, peuvent être équipés de toits fixes et de systèmes de ventilation fermés qui envoient les vapeurs vers un dispositif conçu pour récupérer ou pour détruire les vapeurs de COV. On peut encore équiper les séparateurs huile-eau de toits flottants avec joints primaires et secondaires. Une réduction efficace des émissions de COV des installations de traitement des eaux usées peut être assurée en envoyant l’huile des équipements de fabrication aux systèmes de récupération des huiles à redistiller, de façon à réduire le débit d’huile dans l’installation d’épuration des eaux usées. La température de l’eau d’arrivée peut aussi être contrôlée de manière à diminuer les émissions dans l’atmosphère.
39. Le secteur du stockage et de la distribution de l’essence offre un potentiel de réduction élevé. Les mesures antiémissions appliquées depuis le chargement de l’essence à la raffinerie (en passant par les terminaux intermédiaires) jusqu’à sa livraison aux stations de distribution correspondent à la phase I; la réduction des émissions provenant du ravitaillement des véhicules en essence aux postes de distribution correspond à la phase II (voir par. 33 de l’annexe III sur les mesures de réduction des émissions de composés organiques volatils (COV) provenant des véhicules routiers à moteur).
40. Les mesures de réduction de la phase I consistent à équilibrer les circuits de vapeurs et à collecter les vapeurs lors du chargement de l’essence, puis à les récupérer dans des dispositifs appropriés. D’autre part, les vapeurs d’essence recueillies dans les stations de distribution lors du déchargement des camions-citernes peuvent être renvoyées et récupérées dans des dispositifs appropriés.
41. La phase II consiste à équilibrer les circuits de vapeurs entre le réservoir de carburant du véhicule et la citerne enterrée de la station de distribution.
42. La combinaison du stade II et du stade I constitue la meilleure technologie disponible pour réduire les émissions par évaporation dans la distribution d’essence. Un moyen complémentaire de réduire les émissions de COV provenant des installations de stockage et de manutention des carburants consiste à abaisser la volatilité de ces derniers.
43. Le potentiel global de réduction dans le secteur de l’industrie du pétrole peut atteindre 80 pour cent. Ce maximum ne peut être atteint que dans les cas où le niveau actuel de réduction des émissions est faible.
C. Industrie de la chimie organique
44. L’industrie chimique contribue aussi pour beaucoup aux émissions de COV provenant de sources fixes. Ces émissions, de différente nature, sont constituées de polluants très variés en raison de la diversité des produits et des procédés de fabrication. Les émissions résultant des processus se répartissent entre les sous-catégories principales suivantes: émissions dues au procédé de réaction, émissions dues à l’oxydation à l’air et à la distillation, émissions provenant d’autres procédés de séparation. Les autres sources d’émissions notables sont les fuites, et les opérations de stockage et de transfert de produits (chargement/déchargement).
45. Dans les installations neuves, la modification des procédés et/ou l’emploi de nouveaux peuvent souvent abaisser considérablement les émissions. Les techniques dites «additionnelles» ou «en fin de circuit» telles que l’adsorption, l’absorption et l’incinération thermique ou catalytique représentent dans bien des cas des technologies alternatives ou complémentaires. Pour réduire les pertes par évaporation à partir des réservoirs de stockage et les émissions des installations de chargement et de déchargement, on peut appliquer les mesures recommandées pour l’industrie pétrolière (tableau 3). Le tableau 4 énumère les mesures antiémissions, y compris les meilleures technologies disponibles, ainsi que les rendements des dispositifs de réduction liés aux processus.
Tableau 4
Mesures de lutte contre les émissions de COV, rendement des dispositifs de réduction et coût dans l’industrie de la chimie organique
46. Dans l’industrie de la chimie organique, le potentiel global de réduction réalisable peut atteindre 70 % suivant le secteur industriel et la mesure dans laquelle les techniques et pratiques de réduction sont appliquées.
D. Sources de combustion fixes
47. Pour réduire de façon optimale les émissions de COV provenant de sources de combustion fixes, il faut que le combustible soit utilisé rationnellement au niveau national (tableau 5). Il importe aussi d’assurer une combustion efficace du combustible par l’emploi de méthodes d’exploitation judicieuses, d’appareils de combustion à rendement élevé et de systèmes perfectionnés de régulation de la combustion.
48. Pour les petits foyers en particulier, il est encore possible de réduire considérablement les émissions, surtout lors de la combustion de combustibles solides. En général, on peut réduire les émissions de COV en procédant au remplacement des fours anciens et des chaudières anciennes et/ou en remplaçant le combustible utilisé par le gaz. Le remplacement de poêles chauffant une seule pièce par des systèmes de chauffage central et/ou le remplacement de systèmes de chauffage individuel réduisent en général la pollution; il faut cependant prendre en compte le rendement énergétique global. La conversion au gaz est une mesure très efficace pour réduire les émissions, à condition que le système de distribution soit étanche.
49. Dans la plupart des pays, le potentiel de réduction des émissions de COV dans les centrales électriques est négligeable. Faute de savoir avec certitude comment les matériels et les combustibles seront remplacés, il n’est pas possible de donner des chiffres concernant le potentiel global de réduction des émissions et les coûts correspondants.
Tableau 5
Mesures de réduction des émissions de COV pour les sources de combustion fixes
E. Industrie alimentaire
50. L’industrie alimentaire utilise une large gamme de procédés émettant des COV dans des installations petites et grandes (tableau 6). Les principales sources d’émissions de COV sont les suivantes:
- Production de boissons alcoolisées;
- Boulangerie;
- Extraction d’huiles végétales au moyen d’huiles minérales;
- Extraction de graisses animales.
L’alcool est le principal COV émis par a) et b). Les hydrocarbures aliphatiques sont les principaux COV émis par c).
51. Il existe d’autres sources potentielles:
- Industrie sucrière et utilisation du sucre;
- Torréfaction du café et des fruits à coque;
- Friture (pommes de terre frites, chips, etc.);
- Préparation de farine de poisson;
- Préparation de plats cuisinés, etc.
52. Les émissions de COV sont habituellement odorantes, de faible concentration avec un débit volumique et une teneur en eau élevés. C’est pourquoi les biofiltres ont été utilisés comme technique de réduction des émissions. Mais on a aussi eu recours à des techniques classiques telles que l’absorption, l’adsorption, l’incinération thermique et l’incinération catalytique. Le principal avantage des biofiltres est leur faible coût d’exploitation par rapport à d’autres techniques. Néanmoins, un entretien périodique est nécessaire.
53. Dans les grandes installations de fermentation et les boulangeries industrielles, on peut récupérer l’alcool par condensation.
54. Les émissions d’hydrocarbures aliphatiques résultant de l’extraction d’huiles sont réduites au minimum par l’emploi de cycles fermés et une bonne gestion des installations afin d’éviter les fuites de vannes et de joints, etc. L’extraction de l’huile des graines oléagineuses nécessite des quantités très variables d’huile minérale. L’huile d’olive peut être extraite mécaniquement, ce qui n’exige pas d’huile minérale.
55. On estime que le potentiel global de réduction technologiquement réalisable dans l’industrie alimentaire peut atteindre 35 %.
Tableau 6
Mesures de lutte contre les émissions de COV, rendement de la réduction et coûts pour l’industrie alimentaire
F. Sidérurgie (y compris les ferro-alliages, le moulage, etc.)
56. Dans la sidérurgie, les émissions de COV proviennent de diverses sources:
- Traitement des matières premières (cokéfaction; production d’agglomérés: frittage, bouletage et briquetage; utilisation de ferraille);
- Réacteurs métallurgiques (fours à arc submergé; fours à arc électrique; convertisseurs, surtout si l’on utilise de la ferraille; cubilots (ouverts); hauts fourneaux);
- Manutention de produits (moulage; fours à réchauffer; laminoirs).
57. En diminuant la teneur en carbone des matières premières (par exemple sur les bandes d’agglomération), on réduit le potentiel d’émission de COV.
58. Dans le cas de réacteurs métallurgiques ouverts, des émissions de COV peuvent se produire, surtout si l’on utilise de la ferraille contaminée et dans des conditions de pyrolyse. Il faut accorder une attention particulière à la collecte des gaz provenant des opérations de chargement et de coulée afin de réduire au minimum les émissions de COV dues à des fuites.
59. Il faut particulièrement faire attention à la ferraille contaminée par des huiles, des graisses, des peintures, etc., et à la séparation des poussières (parties non métalliques) et de la partie métallique.
60. Le traitement des produits provoque ordinairement des émissions dues à des fuites. Dans le cas du moulage, des émissions de gaz de pyrolyse se produisent, surtout à partir des sables agglomérés par un liant organique. On peut diminuer ces émissions en choisissant des résines de liaison à faible pouvoir émissif et/ou en réduisant le plus possible la quantité de liants. Des biofiltres ont été essayés sur ces gaz de pyrolyse. La filtration permet de ramener à de faibles niveaux les brouillards d’huile dans l’air des laminoirs.
61. Les cokeries sont une source importante d’émissions de COV. Les émissions proviennent des causes suivantes: fuite de gaz des fours à coke, pertes de COV qui seraient normalement dirigés sur une installation de distillation associée, ainsi que de la combustion des gaz de four à coke et d’autres combustibles. Les principales mesures de réduction des émissions de COV sont les suivantes: meilleure étanchéité entre les portes et les cadres des fours et entre les bouches et les tampons d’enfournement; maintien de l’aspiration des fours même pendant le chargement; extinction à sec, soit par refroidissement direct avec des gaz inertes, soit par refroidissement indirect à l’eau; défournement direct dans la tour d’extinction à sec et utilisation de hottes efficaces pendant les opérations de défournement.
G. Manutention et traitement des déchets
62. En ce qui concerne la maîtrise des ordures ménagères, les principaux objectifs consistent à réduire la quantité de déchets produits et le volume à traiter. En outre, le traitement des déchets doit être optimisé du point de vue écologique.
63. Si l’on a recours à des décharges, les mesures de lutte contre les émissions de COV lors du traitement des ordures ménagères doivent être associées à une collecte efficace des gaz (surtout du méthane).
64. Ces émissions peuvent être détruites (incinération). Une autre solution consiste à épurer les gaz (oxydation biologique, absorption, charbon actif, adsorption), ceux-ci pouvant être ensuite utilisés pour produire de l’énergie.
65. Les décharges de déchets industriels contenant des COV produisent des émissions de COV. Il faut en tenir compte en élaborant les politiques de gestion des déchets.
66. Le potentiel global de réduction est estimé à 30 %, mais ce chiffre comprend le méthane.
H. Agriculture
67. Les principales sources d’émissions de COV du secteur agricole sont:
- Le brûlage des déchets agricoles, surtout de la paille et du chaume;
- L’emploi de solvants organiques dans les préparations de pesticides;
- La dégradation anaérobie des aliments du bétail et des déchets animaux.
68. Les moyens de réduction des émissions de COV sont:
- L’élimination contrôlée de la paille, remplaçant la pratique courante du brûlage à l’air libre;
- Une utilisation aussi faible que possible de pesticides à haute teneur en solvants organiques, et/ou l’utilisation d’émulsions et de préparations en phase aqueuse;
- Le compostage des déchets, le mélange paille-fumier, etc.;
- La réduction des gaz provenant des locaux réservés aux animaux, des installations de séchage du fumier, etc., au moyen de biofiltres, par adsorption, etc.
69. En outre, les modifications apportées à la composition des aliments permettent de réduire les émissions de gaz par les animaux, et il est possible de récupérer ces gaz pour les utiliser comme combustible.
70. On ne peut pas actuellement évaluer les possibilités de réduction des émissions de COV provenant de l’agriculture.
V. Produits
71. Lorsque la réduction des émissions de COV par des techniques spécifiques n’est pas possible, le seul moyen de réduire ces émissions est de modifier la composition des produits utilisés. Les principaux secteurs et produits concernés sont les suivants: adhésifs utilisés dans les ménages, l’industrie légère, les ateliers et les bureaux; peintures à usage domestique; produits pour le ménage et pour la toilette; produits de bureau tels que correcteurs liquides, et produits d’entretien pour automobiles. Dans tous les autres cas où l’on utilise des produits comme ceux qui viennent d’être mentionnés (par exemple, peinture, industrie légère), il est de loin préférable de modifier la composition des produits.
72. Les mesures visant à réduire les émissions de COV de ce genre de produits sont les suivantes:
- Remplacement du produit;
- Reformulation du produit;
- Modification du conditionnement des produits, surtout pour les produits reformulés.
73. Les instruments destinés à influencer le choix du marché sont notamment les suivants:
- Etiquetage, pour faire en sorte que les consommateurs soient bien informés de la teneur en COV;
- Encouragement actif à l’utilisation de produits à faible teneur en COV (par exemple, le système «Ange Bleu»);
- Incitations fiscales liées à la teneur en COV.
74. L’efficacité de ces mesures dépend de la teneur en COV des produits considérés ainsi que de l’existence et de l’acceptabilité de solutions de remplacement. Avant de reformuler des produits, il faut vérifier que les nouveaux produits ne créent pas de problèmes ailleurs (par exemple, émissions accrues de chlorofluorocarbones (CFC).
75. Les produits contenant des COV sont utilisés à des fins industrielles aussi bien que domestiques. Dans chaque cas, l’emploi de produits de remplacement à faible teneur en solvant peut imposer de modifier le matériel d’application et les méthodes de travail.
76. Les peintures couramment utilisées à des fins industrielles et domestiques ont une teneur moyenne en solvant d’environ 25 à 60 %. Pour la plupart des usages, des produits de remplacement à teneur faible ou nulle en solvant existent ou sont en cours de développement:
L’adoption d’autres types de peinture devrait entraîner une réduction globale des émissions de COV d’environ 45 à 60 %.
77. La plupart des produits adhésifs sont utilisés dans l’industrie, tandis que les usages domestiques représentent moins de 10 pour cent. Environ 25 % des adhésifs utilisés contiennent des solvants renfermant des COV. La teneur en solvant de ces adhésifs est très variable et peut atteindre la moitié du poids du produit. Dans plusieurs domaines d’application, il existe des produits de remplacement contenant peu ou pas du tout de solvant. Cette catégorie de source offre donc un potentiel de réduction élevé.
78. L’encre est principalement utilisée dans les procédés d’impression industrielle, avec des teneurs en solvant très variables, pouvant aller jusqu’à 95 %. Pour la plupart des procédés d’impression, des encres à faible teneur en solvant existent ou sont en cours de mise au point, en particulier pour l’impression sur papier (voir par. 28).
79. Environ 40 à 60 % des émissions de COV provenant de produits de consommation (y compris les produits de bureau et les produits utilisés pour l’entretien des véhicules automobiles) proviennent d’aérosols. Il y a trois moyens essentiels de réduire les émissions de COV provenant de produits de consommation:
- Remplacement des gaz propulseurs et utilisation de pompes mécaniques;
- Reformulation;
- Modification du conditionnement.
80. Le potentiel de réduction des émissions de COV provenant des produits de consommation est évalué à 50 %.