Le Département fédéral de justice et police (DFJP) détermine:4
- selon quelles procédures et avec quels moyens techniques les échantillons doivent être prélevés;
- quels critères de qualité doivent être respectés lors du prélèvement des échantillons.
363.1
du 3 décembre 2004 (État le 1er janvier 2024)
Le Conseil fédéral suisse,
vu les art. 10, al. 3, et 22 de la loi fédérale du 20 juin 2003 sur l’utilisation de profils d’ADN dans les procédures pénales et sur l’identification de personnes inconnues ou disparues (Loi sur les profils d’ADN) 1 ,
vu l’art. 46 a, al. 1 et 2, de la loi du 21 mars 1997 sur l’organisation du gouvernement et de l’administration 2 , 3
arrête:
Le Département fédéral de justice et police (DFJP) détermine:4
Les analyses forensiques d’ADN ne peuvent être effectuées que par des laboratoires d’essais en génétique forensique (laboratoires) reconnus.
Le DFJP6 peut, sur demande, reconnaître des laboratoires:
Il détermine les exigences de prestation et de qualité visées à l’al. 2, let. b.
Les documents suivants doivent être joints à la demande de reconnaissance:
L’Office fédéral de la police (fedpol) vérifie si les laboratoires respectent les prescriptions relatives aux analyses forensiques d’ADN et les dispositions concernant la protection des données et la sécurité des données. 14 À cet effet, il peut procéder à des contrôles et à des inspections annoncées à l’avance ou inopinées sur place.
Il peut demander au laboratoire de lui fournir gratuitement les renseignements ou les documents dont il a besoin et réclamer tout autre soutien du laboratoire pour accomplir sa tâche de contrôle. Il peut notamment exiger les éventuelles charges dont l’accréditation et les contrôles ultérieurs sont assortis, ainsi que les motifs de retrait de l’accréditation.
Il peut, pour accomplir les tâches qui lui incombent, se rendre sur des terrains et pénétrer dans des entreprises ou dans des locaux.
Il vérifie, tous les cinq ans au moins, si les exigences de prestation et de qualité sont respectées, et livre un rapport au DFJP. 15
Fedpol peut demander la collaboration du Service d’accréditation suisse (SAS) pour exécuter ses tâches.
Le DFJP peut en tout temps retirer la reconnaissance si le laboratoire ne répond plus aux exigences.
Les émoluments perçus pour le prononcé d’une décision en lien avec la reconnaissance d’un laboratoire se montent à:
Francs | |||
|---|---|---|---|
a. | pour l’octroi | 500.– | |
b. | pour le rejet | 500.– | |
c. | pour la modification | 200.– | |
d. | pour la suspension | 200.– | |
e. | pour le retrait | 500.– |
Le tarif horaire applicable aux activités en lien avec la surveillance des laboratoires ADN se monte à:
Francs | |||
|---|---|---|---|
a. | pour le personnel administratif | 97.– | |
b. | pour les collaborateurs du Domaine Planification, MQ et surveillance des laboratoires ADN |
|
Pour le reste, les dispositions de l’ordonnance générale du 8 septembre 2004 sur les émoluments 19 sont applicables.
La perception d’émoluments pour l’activité du SAS exercée dans le cadre de la présente ordonnance est régie par l’ordonnance du 10 mars 2006 sur les émoluments du Secrétariat d’État à l’économie dans le domaine de l’accréditation 20 .
Les laboratoires communiquent au DFJP dans les 30 jours toute modification des données qu’ils ont transmises pour remplir les conditions nécessaires à leur reconnaissance.
Les laboratoires représentent ensemble leurs intérêts auprès de la Confédération.
Outre l’échantillon selon l’art. 9, al. 2, de la loi sur les profils d’ADN, les laboratoires détruisent l’ADN extrait de l’échantillon et les produits dérivés du profil établi.
Ils renvoient immédiatement à l’autorité requérante le support de traces indiciaires dont ils n’ont pas eu besoin pour établir le profil d’ADN. Ils conservent comme preuve l’ADN extrait de la trace qui n’a pas été utilisé lors de l’analyse d’ADN et le détruisent quinze ans après la réception de l’échantillon au laboratoire, sauf dans les cas d’infractions imprescriptibles. Le délai de conservation de quinze ans peut être prolongé par la police ou par le ministère public au plus tard jusqu’à l’expiration de la prescription de l’action pénale. 22
Le laboratoire peut, sur mandat spécifique, effectuer une comparaison des profils de traces contenus dans les données d’analyse de laboratoire qui n’ont pas été saisis dans le système d’information fondé sur les profils d’ADN (système d’information), avec d’autres profils d’ADN de personnes ou de traces (comparaison locale).
La comparaison locale peut être effectuée afin:
Avant d’effectuer la comparaison locale, le laboratoire vérifie si le profil d’ADN de la personne qui doit être comparé au profil de traces existant au niveau local dispose d’un statut actif dans le système d’information.
La police peut, dans des cas particuliers, charger le Service de coordination (art. 9 a ) de comparer également le profil d’ADN d’une trace ne remplissant pas les critères de saisie dans le système d’information au sens de l’art. 9, al. 2, dans la mesure où cela est nécessaire pour obtenir des indices d’enquête. 24
L’autorité qui ordonne la mesure informe fedpol dans les six mois à compter de la saisie de données signalétiques qu’un profil de la personne déjà enregistré dans le système d’information doit être réutilisé pour la procédure en cours.
Fedpol est l’organe fédéral responsable du système d’information. 27
Il édicte un règlement sur le traitement des données.
Les catégories de données suivantes sont traitées dans le système d’information:
Seuls les profils remplissant les critères définis par fedpol sont saisis dans le système d’information. 28
L’Institut de médecine légale (IML) de l’Université de Zurich gère le Service de coordination visé à l’art. 10, al. 2, de la loi sur les profils d’ADN.
Le Service de coordination exerce les fonctions suivantes:
Il dispose d’un système de gestion de la qualité; fedpol en supervise la mise en œuvre.
Il présente chaque année un rapport financier à fedpol.
Fedpol règle les détails des tâches que l’IML de l’Université de Zurich doit assumer en sa qualité de service de coordination dans un contrat de droit public conclu avec l’Université de Zurich.
Il réexamine l’accomplissement des tâches par le Service de coordination tous les cinq ans et livre un rapport au Conseil fédéral.
Le Service de coordination perçoit les émoluments suivants:
Dans les cas extraordinaires survenant en dehors des heures de service régulières, le Service de coordination perçoit les émoluments suivants:
L’autorité requérante envoie à fedpol 32 le numéro de contrôle de processus accompagné des données d’identité connues ou des données relatives aux lieux de l’infraction. Elle transmet l’échantillon avec le numéro de contrôle de processus pour analyse à un laboratoire reconnu.
Fedpol traite le numéro de contrôle de processus, les données relatives à une personne ou à une trace biologique et celles relatives aux lieux de l’infraction dans le Système informatisé IPAS. 33
Le laboratoire établit le profil et le transmet avec le numéro de contrôle de processus au Service de coordination exclusivement. 34
Le Service de coordination saisit le profil dans le système d’information, vérifie si une concordance s’établit avec les profils contenus dans le système d’information (comparaison des profils) et transmet le résultat aux Services AFIS ADN. 35
Fedpol relie, à l’aide du numéro de contrôle de processus, les concordances de profils d’ADN ou de traces biologiques communiquées par le Service de coordination avec les données relatives à des personnes ou à des traces biologiques et les données relatives aux lieux de l’infraction déjà contenues dans IPAS. Ils mettent le résultat de la comparaison à la disposition de l’autorité requérante et des autres autorités concernées.
Le dossier concernant le cas doit contenir les informations suivantes durant toute la procédure: numéro de contrôle de processus du profil, nom, prénom et date de naissance de la personne concernée.
En cas de décision rendue en vertu de l’art. 258 a du code de procédure pénale (CPP) 37 , la police charge le Service de coordination d’effectuer la recherche avec le profil d’ADN du donneur de la trace.
Le Service de coordination restreint le nombre de profils de personnes présentant un lien de parenté possible en définissant, en accord avec la police et le laboratoire, la valeur seuil du rapport de vraisemblance. Il transmet à fedpol la liste des résultats munie des numéros de contrôle de processus des personnes concernées.
Le Service de coordination livre un rapport à la police, qui doit au moins contenir:
Fedpol complète la liste des résultats avec les données personnelles correspondantes issues d’IPAS en se basant sur les numéros de contrôle de processus puis la transmet à la police.
Les autorités cantonales et fédérales peuvent mettre à la disposition du Service de coordination, pour le contrôle de la qualité, les profils d’ADN des personnes qui accomplissent des tâches dans les domaines de l’identification, de la collecte des éléments de preuve et de l’établissement de profils.
Elles transmettent au Service de coordination le profil des personnes, accompagné d’un numéro d’identification. Les données personnelles ne sont pas transmises.
Le Service de coordination enregistre les profils dans un index indépendant du système d’information. Afin d’éviter que les profils ou les traces ne soient contaminés, il peut comparer les profils figurant dans le système d’information avec ceux de l’index.
Les autorités ordonnent que le profil d’une personne soit effacé de l’index dès que son activité ne nécessite plus qu’il y soit enregistré.
Les cantons avertissent fedpol lorsque les conditions légales sont remplies pour l’effacement de profils au sens des art. 16 à 19 de la loi sur les profils d’ADN. Ils désignent un service central chargé d’effectuer ces communications.
La communication doit être effectuée par voie électronique dans les 30 jours suivant l’apparition de l’événement justifiant l’effacement.
Les autorités fédérales suivantes avertissent fedpol lorsque les conditions légales sont remplies pour l’effacement de profils au sens des art. 16 à 19 de la loi sur les profils d’ADN:
Si fedpol est chargé d’effacer un bloc de données ADN en vertu de l’art. 12, il procède à l’effacement des données dans IPAS conformément à l’art. 9 de l’ordonnance IPAS du 15 octobre 2008 39 et fait effacer en même temps le profil d’ADN du système d’information.
En l’absence d’une telle communication, fedpol efface le profil d’ADN d’une personne 30 ans après la saisie des données signalétiques de la personne concernée.
Si une procédure pénale est disjointe ou jointe, en vertu de l’art. 30 du code de procédure pénale 42 , à celle d’un autre canton ou d’une autre autorité, le canton ou l’autorité ayant ordonné l’établissement d’un profil d’ADN dans le cadre de cette procédure conserve la responsabilité de l’effacement de ce profil.
Si fedpol, dans le cadre de la coopération internationale, reçoit le profil d’ADN d’une personne, il l’efface sur demande de l’autorité étrangère. En l’absence d’une telle communication, il efface le profil 30 ans après la saisie dans IPAS.
Le traitement de données relevant de la présente ordonnance est régi par la loi fédérale du 25 septembre 2020 sur la protection des données (LPD) 45 . 46
Toutes les personnes qui traitent des données dans le système d’information doivent s’assurer qu’elles sont correctes.
En cas de violation du devoir de discrétion par les collaborateurs des laboratoires, l’art. 62 LPD s’applique. 47 S’ils occupent une fonction officielle, ils sont en outre soumis au secret de fonction au sens de l’art. 320 du code pénal 48 . 49
Seules des données rendues anonymes peuvent être traitées à des fins de planification et de contrôle interne des affaires.
Les données utilisées et publiées à des fins de statistique doivent être rendues anonymes.
Fedpol tient à la disposition de l’Office fédéral de la statistique, après les avoir rendues anonymes, les données du système d’information dont cet office a besoin pour accomplir ses tâches.
Sur demande de l’institution chargée de mener le projet de recherche, fedpol peut mettre à disposition, à des fins de recherche et sous forme anonyme, des données issues de l’index des personnes et de l’index des traces du système d’information.
Il convient par écrit avec l’institution compétente:
La sécurité des données est régie par:
Les cantons garantissent la sécurité des données dans leur domaine conformément aux règles visées à l’al. 1. Les dispositions cantonales plus strictes relatives à la sécurité des données sont réservées.
Fedpol et le Service de coordination prennent, dans leurs domaines d’activité respectifs, les mesures organisationnelles et techniques nécessaires pour assurer la sécurité des données personnelles.
Le DFJP et les cantons exécutent la présente ordonnance dans leurs domaines d’activité respectifs.
… 56
Les cantons indiquent à fedpol le 31 décembre 2009 au plus tard, la date d’effacement de chaque profil d’ADN figurant dans le système d’information qui a été établi conformément à l’ordonnance ADNS du 31 mai 2000 57 .
Dans les cas motivés, le DFJP peut accorder une prolongation de délai.
Les ministères publics des cantons, le Ministère public de la Confédération et l’Office de l’auditeur en chef pour la justice militaire communiquent à fedpol, en vue de l’évaluation au sens de l’art. 20 a de la loi sur les profils d’ADN, les décisions prononcées en vertu de l’art. 255, al. 3, 256, 258 a ou 258 b CPP 60 ou 73 s , al. 2, 73 t , 73 w ou 73 x de la procédure pénale militaire du 23 mars 1979 61 . Les communications se font sous forme anonyme et doivent être munie du numéro du cas.
Fedpol peut recueillir des informations supplémentaires auprès des services de police scientifique des cantons, du Service de coordination et des laboratoires qui traitent des mandats d’analyse pour le compte des autorités visées à l’al. 1.
Il peut confier des mandats d’expertise externes pour les questions spécifiques de génétique moléculaire.
La présente ordonnance entre en vigueur le 1 er janvier 2005.