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02.3341 · Interpellation · 2002-06-21

Département de l'intérieur

Liquidé

Wortlaut

1. Le Conseil fédéral est-il aussi d'avis qu'après des décennies d'atermoiements la rénovation et l'agrandissement du Musée national suisse ne souffrent plus aucun retard ?

2. Partage-t-il l'avis de l'auteur de l'interpellation selon lequel un ajournement des travaux ne constituera pas une économie d'argent, mais engendrera, au contraire, des frais supplémentaires dans la mesure où un nouvel ajournement de trois à quatre ans nécessitera notamment une révision de la planification ?

3. Est-il conscient du fait que les différents travaux et la création de la fondation ont été conçus ensemble et qu'ils forment un seul et même projet pour un "nouveau Musée national suisse"? Réalise-t-il qu'un ajournement des travaux pourrait remettre en question l'ensemble du projet et mettre en péril le fonctionnement du groupe Musée suisse tout entier ?

4. Pour ces raisons, le Conseil fédéral est-il prêt à tout mettre en oeuvre pour éviter que cet important projet - qui aurait dû être réalisé il y a longtemps déjà et qui n'est mis en cause par personne - échoue à cause d'une réduction des moyens financiers décidée à court terme, d'autant plus qu'une réduction ne permettra pas de faire de réelles économies, mais anéantira des années de travaux soigneux et très poussés visant à mettre un terme à l'état déplorable dans lequel se trouve une des cartes de visite de notre pays ?

Begründung

Le projet de rénovation et d'agrandissement du siège principal du Musée national suisse, à Zurich, est l'un des grands projets de construction actuels de la Confédération, et c'est aussi celui qui aura pris le plus de temps et qui aura mûri le plus longuement.

Le Musée national suisse a été construit en 1898 par la Ville de Zurich à un endroit extrêmement bien situé, à deux pas de la gare centrale de Zurich. En 1906, un premier projet d'agrandissement a été élaboré mais, à l'instar de tous ceux qui ont suivi, il n'a jamais été mis en oeuvre. En 1972, la Confédération a acquis le Musée et procédé à une première rénovation qui s'imposait d'urgence. Par la suite, les rénovations nécessaires ont toujours été ajournées, la priorité étant donnée au siège romand et aux dépendances extérieures du Musée (Prangins, Seewen, Schwyz, Wildegg, Winterthur, Ligornetto).

Pourtant, l'ancien conseiller fédéral Willi Ritschard avait précisé en 1983 déjà, au moment de l'adoption du message relatif au siège de Prangins, qu'il fallait commencer par rénover entièrement le siège central du Musée avant de s'attaquer aux "filiales" du Musée. Malgré cela, la priorité a toujours été accordée aux dépendances extérieures, pour des raisons de politique régionale notamment.

En conséquence, les bâtiments du siège central du groupe Musée suisse se trouvent aujourd'hui dans un état désastreux qui ne peut plus être toléré. Le Musée national suisse n'est plus comparable aux autres musées nationaux. Même lorsqu'il redouble d'efforts, il n'est pas en mesure de satisfaire les besoins des visiteurs lors d'expositions innovatrices sur des sujets contemporains ou lors d'expositions ayant un large écho à l'étranger (telles que la récente exposition sur Léonard de Vinci). Les bâtiments se trouvent dans un état précaire. Dans les années nonante, certains locaux avaient dû être fermés au public et rénovés d'urgence, en raison d'un risque d'effondrement, et il n'est pas exclu que d'autres locaux aient à être fermés d'urgence prochainement. Les bâtiments n'ont subi pratiquement aucune modification ces cent dernières années, si bien qu'il n'est plus possible aujourd'hui de travailler dans des conditions acceptables, que ce soit au niveau de l'exploitation, de l'organisation ou des activités muséologiques.

En l'an 2000, après d'importants travaux préparatoires, un concours d'idées a été lancé dans le but de mettre un terme à cette situation. De très nombreux projets ont été déposés. Ces jours-ci, sous la houlette de l'Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL), le jury s'est penché sur trente projets, et le nom des architectes gagnants devrait être dévoilé à la fin du mois de juin. Or, il semblerait soudain que les travaux ne pourront pas être réalisés dans un futur proche du fait que, apparemment, les moyens prévus pour l'OFCL dans les plans financiers devraient être revus à la baisse. Si tel est le cas, le Musée national sera sans doute l'un des premiers à en faire les frais. En d'autres termes, les travaux prévus vont une nouvelle fois être ajournés, alors qu'ils auraient dû être effectués il y a longtemps.

Stellungnahme des Bundesrates

Le Musée national suisse est une des plus anciennes institutions culturelles de la Confédération. Avec son siège romand créé en 1998 dans le château de Prangins ainsi qu'avec ses six dépendances extérieures, il s'est développé en un groupe de musées implanté dans toutes les régions du pays. Le Conseil fédéral est bien conscient de l'importance que revêt le siège principal de la Platzspitz à Zurich qui, centre de collection et de recherche, est en même temps le principal lieu d'exposition du Musée national suisse. Il représente une carte de visite de la politique culturelle de la Confédération.

En raison de leur rôle et de leur signification, les musées ont partout le vent en poupe. Le recours constant aux images et aux espaces virtuels, les voyages vers les destinations les plus lointaines de la planète, ont suscité par contrecoup le besoin d'expériences authentiques et réelles et d'enracinement local. Le musée peut offrir les deux. Le Musée national, grâce à une nouvelle planification, aspire à compléter son point fort actuel - les expositions permanentes - par une rotation plus fréquente d'expositions et d'événements spéciaux consacrés à des thèmes variés. Cette approche englobe la diffusion d'informations relatives à des questions sociétales d'actualité. Pour ce faire, le Musée national s'appuie sur ses collections d'histoire culturelle. Il se positionne ainsi comme un établissement vivant, orienté vers la société et son avenir. Le Conseil fédéral soutient ces efforts. Il est parfaitement conscient du fait qu'ils ne pourront aboutir que dans un bâtiment agrandi, renouvelé architecturalement et adapté à notre époque.

Le Musée national de la Platzspitz à Zurich a toutefois un retard considérable à rattraper en matière de construction. Non seulement l'exploitation économique du musée selon les exigences actuelles est devenue presque impossible, mais l'état de la construction de 1898, réalisée par Gull, exige des mesures permettant de garantir la sécurité du public, des collaborateurs, ainsi que celle des objets de collection et d'autres valeurs. Après l'ouverture du château de Prangins en 1998, le Conseil fédéral a donc commandé un projet de rénovation et d'agrandissement pour Zurich, accompagné d'un développement du musée et de l'élaboration d'une nouvelle forme juridique. Faisant suite à un concours d'idées, le concours de projets a pu être mené à bonne fin en juillet 2002 avec le choix du projet de rénovation et d'agrandissement dû au bureau d'architectes Christ & Gantenbein.

Malheureusement, ce projet qui bénéficie encore et toujours de l'appui du Conseil fédéral ne peut être réalisé sans un certain retard, compte tenu des contraintes de la politique financière. Le Conseil fédéral a donc décidé le 21 août 2002 de poursuivre l'élaboration des projets de construction et d'entamer en temps utile la procédure d'autorisation de construire. Parallèlement, la construction du centre de collection d'Affoltern am Albis permettra de réaliser sans retard une pré-condition indispensable à la rénovation du siège principal et à son agrandissement. Le bâtiment principal sera ensuite rénové dès que possible. La construction du bâtiment additionnel est par contre remise aux années suivant 2007.

Il s'agit maintenant d'étudier en détail les conséquences de cette décision et de les appliquer. La rénovation présuppose la fermeture de la maison mère et la mise en disponibilité d'un grand nombre de collaborateurs pour plusieurs années ; elle entraîne par conséquent une perte considérable de revenus. Il s'agit donc de réfléchir aux moyens de réduire au strict minimum la perte de visibilité dans le paysage culturel et les difficultés d'exploitation, tout en évitant de démotiver le personnel. Ce grand projet doit être décomposé en phases successives dont la réalisation doit s'enchaîner correctement et suivre l'échéancier requis.

Sur la base de ces considérations générales, le Conseil fédéral répond comme suit aux questions de l'interpellation :

1. Le Conseil fédéral a donné le feu vert au projet de rénovation et d'agrandissement du Musée national suisse. Pour des raisons de politique des finances et en raison de la concurrence de plusieurs autres grands projets importants, le déroulement des travaux se fera par étapes. Comme préalable à toute intervention dans l'ancien bâtiment ou sur le site de la nouvelle construction, le centre de collection d'Affoltern doit être réalisé afin que les objets du musée puissent y être transférés. Il s'agira ensuite de rénover le siège principal et ce n'est pas avant 2008 que pourra démarrer la construction du bâtiment additionnel. Entre-temps, les conséquences exactes de cette décision feront l'objet d'une étude.

2. Le Conseil fédéral tient à ce que les travaux et les processus en cours ne soient pas interrompus. La planification des travaux de construction se poursuit, et le permis de construire ainsi que la demande de déclassement des terrains doivent être élaborés et soumis aux autorités compétentes. Parallèlement, le Conseil fédéral poursuivra la rédaction du message spécial relatif à la rénovation et à l'agrandissement du Musée national, message qu'il soumettra à l'Assemblée fédérale pendant la prochaine législature.

3. La procédure de rénovation et d'agrandissement du Musée national à Zurich par étapes permet également de poursuivre les deux autres grands projets du musée, à savoir le développement de la conception muséologique du musée et sa nouvelle forme juridique, à savoir la transformation en une fondation de droit public à personnalité juridique autonome. L'étalement des délais de construction et la répartition des travaux en plusieurs étapes libérera des énergies pour ces autres projets. Pour financer les coûts de restructuration du Musée national, un montant de 3,7 millions de francs a été inscrit au budget 2003 et un autre de 11,2 millions de francs est prévu dans la planification financière 2004-2006. Le pilotage financier de ce projet devra être assuré à long terme par le biais d'un crédit d'engagement.

4. Par ces décisions, cette manière de procéder et par l'attribution de moyens budgétaires notables malgré une situation financière difficile, le Conseil fédéral montre toute l'importance qu'il accorde au Musée national, à ses efforts de réforme et d'innovation ainsi qu'à l'esprit d'initiative et à l'engagement de sa direction et de ses collaborateurs. Certes, les délais sont prolongés, mais le processus se poursuit et le but reste le même : le renouveau du Musée national à Zurich.

Réponse du Conseil fédéral.

Musée national suisse. Rénovation | Lexipedia | Lexipedia