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02.3651 · Motion · 2002-11-25

Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication

Liquidé

Wortlaut

Le Conseil fédéral est chargé d'user de son influence, afin que l'axe nord-sud, notamment la Suisse centrale, soit pris en compte lors de la réorganisation des centres de tri postal.

Begründung

Le nouveau projet de tri postal, récemment présenté par la Poste, prévoit une concentration dans la région du plateau avec des centres dans les agglomérations de Fribourg, Langenthal-Aarau et Zurich. Cette délocalisation ainsi que la fermeture du centre de tri de Lucerne sont un coup dur sur le plan économique pour la Suisse centrale, qui, plus que d'habitude, a été fortement touchée ces dernières années par les suppressions d'emplois de la Confédération. Il est à prévoir qu'avec la modernisation de la Poste des changements seront nécessaires. Cependant je ne comprends pas que :

- la Confédération se donne, d'une part, de la peine pour maintenir la structure économique des régions périphériques et de montagne, mais que, d'autre part, la Poste supprime de manière unilatérale des emplois dans les régions périphériques ;

- les régions situées sur l'axe nord-sud soient cependant obligées d'accepter le trafic transalpin avec toutes ses conséquences négatives, mais qu'elles ne soient pas prises en considération lors de décisions économiques ;

- les centres de tri soient concentrés dans un espace relativement étroit. En cas de crise, cela pourrait considérablement perturber la distribution. De plus, avec seulement trois centres de tri, toute la Suisse risquerait de subir des perturbations considérables au cas où l'un de ces centres s'arrêterait pour une raison quelconque ;

- dans le rapport de base du projet REMA, l'écologie soit aussi peu prise en considération. Par exemple, cela ne fait aucun sens, d'un point de vue écologique, de transporter une lettre de Stans à Zurich puis de Zurich à Engelberg.

Antrag des Bundesrates

Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.

Stellungnahme des Bundesrates

La Poste doit garantir dans l'ensemble du pays un service universel efficace, de qualité et accessible à tous, notamment en matière de services postaux et de trafic de paiements. À l'avenir également, il lui incombe de remplir de manière irréprochable ce mandat de manière à répondre aux besoins de la population et de l'économie du pays. C'est précisément pour cette raison qu'elle doit examiner ses structures d'exploitation et les adapter en fonction des changements. En tant qu'entreprise de service public, la Poste contribue toutefois de manière déterminante à la cohésion sociale et doit satisfaire aux exigences du développement durable. Elle veille à ce que les clients aient tous accès selon les mêmes principes à un réseau de communication performant. Le Parlement a confirmé ces principes l'an dernier lorsqu'il a pris acte du rapport du Conseil fédéral concernant la vue d'ensemble de l'évolution future du marché postal en Suisse ("Vue d'ensemble de la poste") et traité l'initiative parlementaire "Réseau d'offices de poste couvrant l'ensemble du pays". Il a en même temps complété l'actuel mandat de prestations par un mandat d'infrastructure, la loi obligeant désormais la Poste à exploiter un réseau postal couvrant l'ensemble du pays. Malgré cet élargissement du mandat, il a refusé d'allouer des indemnités à l'entreprise.

Ni la loi sur la poste, ni la loi sur l'organisation de la Poste ne donnent à la Poste un mandat proprement dit de politique sociale ou régionale. Un tel mandat devrait être expressément octroyé par le Parlement et indemnisé à la Poste. S'il est vrai que le mandat de service universel de l'entreprise, notamment l'obligation d'appliquer dans le secteur réservé des tarifs avantageux et qui ne dépendent pas de la distance, a une dimension sociale et régionale, cette obligation ne doit pas être confondue avec un mandat politique proprement dit. Les objectifs stratégiques ne changent rien au mandat de prestations de la Poste tel qu'il est prévu par la loi. Le Conseil fédéral n'a pas non plus chargé la Poste d'une mission en matière de politique régionale ou sociale. L'entreprise doit, en remplissant son mandat légal, évaluer l'impact de ses décisions sur la politique régionale ainsi que sur ses employés, et elle doit en tenir compte. Cela signifie qu'il lui faut tout mettre en oeuvre en vue de réaliser ses restructurations en assumant les responsabilités sociales et économiques qui lui incombent en tant que l'un des principaux employeurs du pays. La Poste se tromperait et serait en contradiction avec son mandat légal si elle axait sa réorganisation avant tout sur des critères de politique régionale. A long terme, il est dans l'intérêt de l'économie de notre pays que la Poste exploite autant que possible ses potentiels de rationalisation et de modernisation.

Comme le Conseil fédéral l'a annoncé dans sa réponse à l'interpellation Stadler 02.3664, la Confédération va redéfinir sa politique régionale. À cet égard, la nouvelle conception de la péréquation financière et de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons jouera un rôle déterminant. La politique régionale de la Confédération ne vise d'ailleurs pas, comme l'affirme l'auteur de la motion, à maintenir les structures, mais à créer des incitations afin que les régions exploitent leurs atouts et puissent se préparer à une restructuration globale. En attendant que ces mesures produisent leurs effets à moyen terme, la Confédération devra renforcer ses efforts et accompagner les restructurations. De son côté, la Poste intensifiera ses démarches en vue de transférer des activités dans les régions concernées. Rappelons que la Poste, de même que les CFF et Swisscom, ont déjà entrepris des mesures d'envergure à ce titre.

Le Conseil fédéral admet que les régions situées sur l'axe nord-sud pâtissent des nuisances du trafic marchandises à travers les Alpes. Mais une entreprise autonome, confrontée à la concurrence, ne va pas résoudre ce problème par des mesures de compensation. En effet, c'est au niveau de la politique des transports, et plus exactement de la politique de transfert du trafic de la Confédération, qu'il faut intervenir.

Evidemment, il faut que la Poste veille à garantir la sécurité de l'approvisionnement du pays après sa réorganisation. Elle doit donc tenir compte suffisamment dans ses systèmes des aspects liés à la sécurité. Toutefois, la sécurité de l'approvisionnement ne dépend pas obligatoirement du nombre de centres de tri. La Poste misera d'ailleurs sur une technologie moderne, qui a néanmoins fait ses preuves, réduisant ainsi le risque de défaillance.

Dans les objectifs stratégiques, le Conseil fédéral a demandé à la Poste d'élaborer une stratégie d'entreprise conforme au développement durable. L'entreprise doit donc aussi examiner l'impact écologique de ses décisions. Dans la mesure où les conditions le permettent, la Poste effectue ses transports par rail, ainsi que le prévoient toutes les variantes du projet REMA qu'elle a évaluées. Le Conseil fédéral attend d'elle qu'elle tienne dûment compte des répercussions écologiques du projet et établisse un bilan écologique de la variante choisie.

Compte tenu des dispositions légales et des objectifs stratégiques assignés par le Conseil fédéral, il incombe au conseil d'administration de la Poste, après avoir évalué tous les critères déterminants, de choisir la meilleure solution possible au niveau de l'exploitation. Le Conseil fédéral est d'avis qu'il doit respecter le régime de compétences défini par la loi sur l'organisation de la Poste (LOP) et ne pas s'ingérer dans les attributions inaliénables et intransmissibles définies à l'article 9 LOP et concernant notamment l'organisation de l'exploitation. D'ailleurs, rien ne pourrait le justifier puisqu'il n'appartient pas au Conseil fédéral de s'ingérer dans les décisions d'une entreprise qui a été dotée par le législateur d'une autonomie considérable en raison précisément de la complexité technique de ses tâches et de leur orientation sur le marché.

Il appartient également au conseil d'administration de décider si le marché de la poste aux lettres requiert un centre de tri en Suisse centrale. Enfin, il doit décider en toute autonomie dans quelle mesure d'autres activités pourraient y être transférées.

Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.

Non à la concentration des centres de tri sur l'axe est-ouest | Lexipedia | Lexipedia