25.3994 · Interpellation · 2025-09-11
Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication
L’avis relatif à l’intervention est disponible
Wortlaut
Depuis plus de cinq ans, des feux de circulation fonctionnent aux heures de pointe sur l’A2, aux entrées des tunnels du San Salvatore et de Collina d’Oro. Dès le début, ils ont suscité le mécontentement, car ils contribuent à rendre le trafic encore plus difficile sur des tronçons déjà surchargés.
Il n'est pas rare que l'activation des feux de circulation soit plutôt une question de prudence que de nécessité : il arrive que des embouteillages se forment précisément parce que ces feux ont été allumés. Les conséquences se font ressentir non seulement sur les autoroutes, mais aussi sur les routes secondaires. À Lugano Nord (Manno), les embouteillages autoroutiers s’étendent souvent jusqu’au rond-point de Bioggio, ce qui bloque également ceux qui n’ont même pas l’intention d’emprunter l'autoroute.
Le Conseil fédéral, en réponse à l'interpellation 24.3621, a reconnu les répercussions négatives de l’activation des feux de circulation sur la fluidité du trafic dans l’ensemble de la région. Il a toutefois exclu à la fois l'analyse coûts-bénéfices de ces feux et l'hypothèse d'un arrêt expérimental, en évoquant d’une manière générale des raisons de sécurité, sans fournir de données objectives, par exemple sur l’évolution en matière d'accidents.
Au vu de ce qui précède, je demande au Conseil fédéral :
Sur quelle base objective peut-on affirmer que les feux sur les autoroutes améliorent la sécurité ? Dispose-t-on de données mesurables pour le prouver ?
Le Conseil fédéral ne considère-t-il pas que les feux, activés même en l'absence d’embouteillages, génèrent eux-mêmes les embouteillages qu'ils sont censés réguler ?
Est-il conscient que cela provoque également des goulets d'étranglement sur les routes secondaires de Malcantone et de la région de Lugano ?
Est-il prêt à envisager une marge de manœuvre qui permettrait de ne les allumer qu’en cas de réelle nécessité, afin de réduire la création artificielle d’embouteillages ?
N’estime-t-il pas opportun d'entamer au moins une phase de test en éteignant temporairement les feux de circulation, pour vérifier les effets sur la sécurité et la fluidité du trafic ?
Dans l'attente de solutions structurelles, prendra-t-il des mesures à court terme pour éviter que le trafic perturbé par les feux se déverse sur les routes cantonales et communales et pénalise ainsi la mobilité régionale ?
Stellungnahme des Bundesrates
1. À la suite de graves accidents survenus dans des tunnels en Suisse et à l’étranger, l’Office fédéral des routes (OFROU) a adapté diverses mesures de sécurité pour les tunnels. En particulier, l’utilisation de feux de circulation aux portails des tunnels doit permettre d’empêcher l’accumulation de véhicules dans ces derniers et, partant, d’éviter que les conducteurs de véhicules circulant en colonnes soient surpris par la fumée et ne disposent d’aucune voie de fuite en cas d’incendie.
2/4. Le système fonctionne de manière préventive : il s’active peu avant la saturation. Les embouteillages se formeraient donc même sans le dosage, mais à l’intérieur des tunnels, si bien que les risques seraient accrus. L’OFROU adapte régulièrement les paramètres d’activation afin de réduire les désagréments sans compromettre la sécurité.
3. Le Conseil fédéral est conscient des désagréments occasionnés au niveau du réseau routier secondaire et il en tient compte dans ses analyses. Les effets en question sont reconnus et font l’objet d’une surveillance.
5. La garantie de la sécurité des usagers des autoroutes n’est compatible avec aucun type de tests.
6. Pour éviter l’activation des feux de circulation aux portails des tunnels, il conviendrait de doser les entrées sur les autoroutes de la région aux heures de pointe. Cette mesure engendrerait toutefois une surcharge sur le réseau routier secondaire cantonal et communal.