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93.3425 · Interpellation · 1993-09-29

Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication

Liquidé

Wortlaut

On a pu lire dans la presse que la direction des PTT entendait supprimer des emplois au service des renseignements numéro 111, une voix synthétique devant supplanter les téléphonistes. Le nombre d'emplois qui seraient supprimés n'a pas été précisé. D'ici 1995 toutefois, d'après la direction des PTT, un dixième des 18 000 collaborateurs de PTT Telecom devrait être licencié ou ne pas être remplacé. L'insécurité et la peur de perdre leur emploi caractérisent le climat dans lequel travaillent les femmes du numéro 111, qui se sentent menacées par cette mesure.

Ces femmes, soumises à des horaires de travail irréguliers, sont totalement tributaires de leur revenu et de leur emploi. Les PTT argumentent à juste titre que, en vertu de la loi actuelle sur les télécommunications, les subventions croisées ne sont plus possibles et que, d'ici à 1994, chaque service devra pouvoir couvrir ses frais. Malgré l'augmentation des tarifs, le numéro 111 ne répond toujours pas à cette exigence.

Mais ce n'est pas le seul service des PTT qui travaille à perte. Le vidéotex, service contesté jusqu'aux plus hauts échelons de la hiérarchie et vanté par une campagne publicitaire qui coûte des millions de francs, en est un parfait exemple. Il n'atteindra certainement jamais l'équilibre financier. D'où la nécessité de définir des priorités.

La direction des PTT parle ces derniers temps de s'adapter aux conditions du marché et d'être à l'écoute de la clientèle. Je me demande s'il est judicieux, précisément dans le cas du numéro 111 qui figure parmi les prestations les plus demandées des PTT, de remplacer la voix humaine à l'autre bout du fil par une voix artificielle et, partant, de grossir les rangs des chômeuses.

À ce propos, il convient aussi de se demander dans quelle mesure le Conseil fédéral, par l'obligation qu'il fait aux PTT d'alimenter la caisse fédérale (la somme actuelle de 150 millions de francs devrait encore augmenter de 40 millions de francs), ne les contraint pas aussi à supprimer de plus en plus d'emplois, et cela non seulement au numéro 111, mais aussi dans tout le secteur des télécommunications, dont la qualité joue un rôle déterminant pour notre économie. Ce faisant, le Conseil fédéral empêche les PTT de lutter à armes égales avec ses concurrents étrangers dans ce secteur ; en outre, il n'assume pas suffisamment ses responsabilités à l'égard de la société suisse et il ne se montre pas assez solidaire des chômeurs et des femmes qui risquent de perdre leur emploi.

Par le passé, un conseiller fédéral soleurois, actuellement décédé, s'était engagé massivement, en période de récession, afin que les PTT ne suppriment pas d'emplois.

Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :

1. Combien d'emplois vont être effectivement supprimés au numéro 111 ?

2. Est-ce judicieux de supprimer du personnel dans le secteur des télécommunications, qui est en pleine expansion ?

3. Le Conseil fédéral n'est-il pas aussi d'avis que, vu la situation qui prévaut sur le marché du travail, l'obligation faite aux PTT d'alimenter la caisse fédérale met en péril des emplois dans un secteur où le gouvernement peut exercer son influence et, par là même, s'engager de façon décisive en faveur de l'économie et de la société ?

Stellungnahme des Bundesrates

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