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Burkhalter Didier · Bundesrat · 2010-12-14

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2010-12-14

Wortprotokoll

Nous aimerions tout d'abord remercier la commission pour l'accueil très clairement favorable qu'elle a réservé à ce projet ainsi que les rapporteurs, également pour leur travail, et vous proposer nous aussi de vous rallier à ce projet, soit d'approuver la participation de la Suisse à l'installation européenne de recherche XFEL.

Comme cela vient de vous être dit, c'est en fait une approbation pour la phase de construction. Lorsqu'on arrivera à la phase d'exploitation, il faudra confirmer notre approbation - ce sera vers 2014/15. Mais nous sommes d'avis que cela signifie quand même très clairement, dès maintenant, que la Suisse participe pleinement à ce qui peut être déterminé comme une aventure mondiale technologique très importante.

XFEL offrira en effet à terme - vers 2015 - un outil de recherche qui ouvre des perspectives scientifiques inédites dans de nombreux domaines: la physique, la chimie, la biochimie, la médecine, la pharmacologie, la science des matériaux, les sciences de la terre, sans parler de l'archéologie ou encore de l'histoire de l'art. Cela va véritablement très loin.

J'aimerais rappeler ici que les moyens nécessaires à la participation de la Suisse à XFEL avaient déjà été demandés et obtenus dans le cadre du message de 2007 sur la formation, la recherche et l'innovation pour la période allant de 2008 à 2011.

Le projet XFEL est en fait doublement novateur: d'une part par la machine elle-même, d'autre part par son champ d'application. Premièrement, la machine XFEL est en fait une révolution dans les lasers. Avec Swiss FEL et XFEL, on passera peut-être du laser traditionnel - ce que vous avez dans vos ordinateurs, dans toutes ces petites boîtes noires que vous regardez à peu près tout le temps pendant les débats au Conseil national - au laser à électrons libres, ce qui devrait convenir particulièrement à certains d'entre vous. C'est une nouvelle génération de lasers qui ouvre des perspectives très intéressantes pour la recherche, l'industrie et, de manière générale, le grand public. Voilà pour la machine elle-même.

Deuxièmement, concernant le champ d'application, le projet XFEL est aussi novateur: il permet des observations sur des structures et des processus jusqu'à présent inaccessibles, notamment si on les compare avec ce qui se faisait par exemple avec les synchrotrons traditionnels. Il s'agit de rendre les processus chimiques visibles à l'échelle moléculaire, ce qui est au fond le rêve de beaucoup de chercheurs et qui permet des percées dans des domaines - encore une fois - tels que la médecine, l'énergie, les matériaux. Bref, ce sont des éléments fondamentaux pour les grands débats globaux actuels.

J'aimerais encore souligner l'importance de ce projet en regard de la concurrence internationale. Vous êtes tous d'accord, alors cela va de soi que la Suisse entre dans la compétition internationale. Il y a trois projets au niveau mondial, dont XFEL en Allemagne, les deux autres projets étant menés aux Etats-Unis et au Japon. La Suisse veut participer pleinement à cette compétition technologique mondiale. La stratégie du Conseil fédéral passe également par la réalisation du projet Swiss FEL mené à l'Institut Paul Scherrer à Villigen. Cela explique d'ailleurs également - vous l'aurez peut-être remarqué - l'effort particulier en faveur des grandes infrastructures de recherche qui a été décidé par le Conseil fédéral il y a une dizaine de jours dans le cadre du message FRI 2012 - il s'agit donc du message transitoire entre la période 2008-2011 et la future période quadriennale 2013-2016.

Les projets XFEL et Swiss FEL présentent évidemment une certaine similitude, mais ils sont surtout complémentaires. La technologie de base est la même; par contre, le champ d'application des deux machines est différent, d'où l'intérêt de pouvoir utiliser les deux. Cela aura un effet très structurant et très positif pour la recherche suisse. C'est au fond la même stratégie que celle que nous avions déjà mise en place à l'époque du synchrotron, où la Suisse était à la fois dans le projet européen à Grenoble et dans le projet Swiss Light Source, également à l'Institut Paul Scherrer de Villigen. [PAGE 2009]

Nous vous remercions d'adopter à nouveau cette stratégie dans le cadre de la technologie du laser et de permettre ainsi à la Suisse de rester au top niveau mondial dans le domaine des grandes installations de recherche.

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