Roux Paul-André · Nationalrat · 2011-03-17
Roux Paul-André · Nationalrat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2011-03-17
Wortprotokoll
A lire l'argumentaire des initiants, on a l'impression que les salariés de notre pays vivent dans un goulag, qu'ils sont des esclaves et qu'ils payent de leur santé le fait de travailler. Les initiants décrivent les patrons comme des profiteurs qui exploitent sans une once d'humanité leurs collaborateurs avec une seule idée: faire du profit. Leur constat est bien malheureux et ne reflète en rien la réalité. Les initiants ont-ils connu les conditions de travail difficiles qu'ont connues nos parents: peu ou pas de vacances, dix heures de travail par jour, double journée pour joindre les deux bouts, forte pénibilité, et j'en passe?
Les temps ont heureusement changé. Avec l'arrivée de l'informatique et de la robotique, ainsi qu'avec les progrès sociaux, les conditions de travail, de salaire et de couverture sociale sont arrivées à un excellent niveau en Suisse. Beaucoup de progrès ont été réalisés dans les domaines de la [PAGE 497] pénibilité du travail, de la flexibilité des horaires, du perfectionnement professionnel, de la création de crèches. On a favorisé le temps partiel. Les partenaires sociaux sont toujours en train de rechercher des solutions communes. C'est grâce à ce système que nous connaissons la paix du travail en Suisse.
Les initiants mentionnent souvent le rapport du SECO de 2007 "Travail et santé" pour justifier leur initiative en mettant en évidence le coût de la santé au travail, mais ils oublient volontiers de citer que, dans ce même rapport, 93 pour cent des travailleurs considèrent leur état de santé comme bon, voire très bon, et qu'en général l'état de santé des personnes qui exercent une activité lucrative est bien meilleur que celui des chômeurs.
Les initiants citent volontiers également les pays voisins et les qualifient de progressistes en la matière. Mais ces pays sont-ils vraiment un exemple: fort taux de chômage, économie chancelante, finances publiques catastrophiques, troubles sociaux? En revanche, en Suisse, c'est tout le contraire, quand bien même il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers.
Cette initiative populaire, comme bon nombre d'entre elles, est excessive, car elle vise à imposer de manière linéaire 6 semaines de vacances par an à toute l'économie. Elle est partiellement inutile, car elle a déjà rempli son rôle dans plusieurs secteurs. Et surtout, elle est dangereuse, car elle va mettre une plus grande pression tant sur les travailleurs que sur l'économie. Je suis donc convaincu que la population suisse préférera la sécurité de l'emploi, l'indexation des salaires et une économie forte et concurrentielle à une initiative excessive, partiellement inutile et dangereuse.