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Polla Barbara · Nationalrat · 2001-05-08

Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2001-05-08

Wortprotokoll

Le groupe libéral va défendre globalement une position similaire à celle défendue par notre préopinant, à savoir l'élévation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, d'une part, et puis la proposition de minorité II (Meyer Thérèse), d'autre part, en ce qui concerne la flexibilisation.

L'élévation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans est pour nous un pas nécessaire vers l'adaptation de la retraite, mieux, voire même vers l'évolution de la notion même de retraite, face aux réalités démographiques actuelles, une adaptation nécessaire en raison de l'augmentation de l'espérance de vie qui, d'une façon tout à fait inéquitable et injuste, bénéficie en particulier aux femmes. Nous assistons en effet à une inversion de la pyramide des âges, ceci tant en Suisse qu'en Europe et d'ailleurs partout dans le monde. D'après les chiffres de la conférence internationale "Managing the Global Transition", qui a eu lieu à Rüschlikon au début de cette année, 26 pour cent de personnes en l'an 2000 ont plus de 64 ans en Europe. Nous serons 54 pour cent en 2050 à avoir plus de 64 ans. D'autre part, l'espérance de vie des femmes est globalement, en Suisse et en Europe, de quatre à cinq ans supérieure à celle des hommes: un petit garçon qui naît aujourd'hui a une espérance de vie de 84 à [PAGE 419] 85 ans; une petite fille qui naît aujourd'hui a une espérance de vie de 89 ans. Et il ne s'agit pas seulement de l'espérance de vie, il s'agit d'une vie globalement en bonne santé, comme les études suisses l'ont particulièrement bien démontré. Il s'agit donc réellement d'un cadeau de vie supplémentaire. Je pense que cette différence, dont nous ne comprenons d'ailleurs pas les causes qui sont certainement en relation avec des phénomènes, d'une part, biologiques et, d'autre part, environnementaux que nous ne connaissons et ne comprenons pas encore, est une première réponse naturelle, si je puis dire, au souci de Mme Ménétrey-Savary de rétablir une situation équitable entre femmes et hommes.

Plus de 10 000 centenaires à l'heure actuelle au Japon, également une prépondérance de femmes, et de nouveau, ceci pour une raison ignorée. Mme Dreifuss, conseillère fédérale, nous disait hier que les choses, dans le fond, n'étaient pas si graves, que l'augmentation de l'espérance de vie était en train de s'infléchir. Mais dire qu'une diminution de cette augmentation, dans le fond, n'est pas si grave, c'est considérer en fait que l'élévation de l'âge global de la population correspond à ce qu'on appelle aujourd'hui le "péril gris". Néanmoins, dans la mesure où cette élévation de l'âge, de l'espérance de vie correspond à une vie en excellente santé, on peut effectivement dire que le péril gris ne porte pas menace sur le développement social durable, mais qu'au contraire, il s'agit, comme je le disais tout à l'heure, d'un réel cadeau de vie.

Afin de considérer cette augmentation de la durée de vie comme un cadeau, il faut, bien sûr, trois conditions. Toutes ont rapport avec l'autonomie: l'autonomie physique, l'autonomie financière et l'autonomie psychologique. Or, ces trois types d'autonomie sont globalement favorisés par une augmentation de la durée de l'activité professionnelle. Non seulement l'autonomie est favorisée par l'augmentation de la durée de l'activité professionnelle, mais également l'intégration sociale. En effet, même le programme national de recherche 32 (PNR 32) consacré au vieillissement conclut: "L'élévation de l'âge de la retraite améliore le rapport entre les retraités et la population au travail." Evidemment, pour favoriser une flexibilisation vers le haut, nous aurons besoin de mesures incitatives supplémentaires, et celles-ci ne seront probablement apportées que par la 12e révision de l'AVS que nous attendons déjà avec beaucoup d'espoir dans ce sens.

M. Zäch a insisté sur la notion de flexibilisation vers le haut. Nous aussi, nous défendons cette flexibilisation vers le haut, non seulement parce que nous pensons que c'est elle seule au long terme qui pourra effectivement permettre la flexibilisation vers le bas, mais aussi parce qu'elle permet une augmentation de la solidarité, non seulement de la solidarité entre les générations, mais également entre ceux qui poursuivent leur activité professionnelle et ceux qui ne la poursuivent pas.

La flexibilisation vers le bas répond néanmoins à des besoins et à des réalités que nous ne pouvons pas ignorer aujourd'hui, même si notre objectif prioritaire est bien sûr celui d'assurer le financement de l'AVS dans le long terme. En attendant donc que la flexibilisation vers le haut trouve des mesures incitatives suffisantes pour pouvoir financer celle vers le bas, le groupe libéral soutiendra, à l'article 40ter, la proposition de minorité II (Meyer Thérèse), comme une proposition équitable, qui est à la fois généreuse et raisonnable.

En conclusion, l'élévation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, assortie des mesures proposées par la minorité II, généreuses et raisonnables pour la flexibilisation des retraites en faveur des petits revenus, nous paraît, certes pas égalitaire, mais tout à fait équitable. Considérons le fait que cette élévation de l'âge de la retraite à 65 ans va en fait amener à une diminution actuelle de la durée de la retraite des femmes, en tenant compte des chiffres actuels de l'espérance de vie, de 25 à 24 ans, alors que la durée de la retraite des hommes aujourd'hui est de 20 ans. J'espère que toutes les femmes de ce Parlement, considéreront que cette inéquité naturelle de laquelle nous bénéficions compense toutes les difficultés supplémentaires que nous avons aujourd'hui encore à assumer dans notre vie professionnelle et sociale.