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Parmelin Guy · Nationalrat · 2011-06-08

Parmelin Guy · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-06-08

Wortprotokoll

"Le Conseil fédéral maintient sa stratégie énergétique; celle-ci s'appuie sur quatre piliers, qui sont tous indispensables à la sécurité de l'approvisionnement énergétique de la Suisse. Les deux premiers piliers - efficacité énergétique et énergies renouvelables - ne sont pas suffisants pour qu'il soit possible de renoncer aux grandes centrales électriques. C'est pourquoi le Conseil fédéral estime qu'il est nécessaire de remplacer les centrales nucléaires existantes ou d'en construire de nouvelles. En outre, il soutient le principe des centrales à gaz en tant que solution transitoire, pour autant qu'elles compensent intégralement leurs émissions de CO2." C'est mot pour mot le texte de la réponse du Conseil fédéral de mai 2010 à une des questions contenues dans mon interpellation 10.3121, dans laquelle je demandais si l'efficacité énergétique et les sources d'énergies renouvelables permettraient de remplacer la production électrique de trois réacteurs à eau pressurisée de type EPR.

A peine une année plus tard, ce qui était impossible devient subitement réalisable, et cela sans nouvelle percée technologique révolutionnaire connue! Madame la conseillère fédérale, vous admettrez que les parlementaires et la population de ce pays sont légitimement en droit de se demander si le Conseil fédéral ne les prend pas pour des imbéciles. Est-ce l'Office fédéral de l'énergie qui a induit le Conseil fédéral en erreur en lui fournissant des données erronées ou, au contraire, l'office l'a-t-il correctement renseigné, mais alors le Conseil fédéral aurait refusé de le croire?

Le groupe UDC vise un seul but dans ce débat: défendre le fait de garantir un approvisionnement en électricité sûr pour notre économie et nos concitoyens, à un prix abordable et qui ne mette pas notre pays en situation de grande dépendance envers l'étranger. Le remplacement de nos centrales nucléaires vieillissantes devrait permettre, à côté de la force hydraulique et du développement des nouvelles énergies renouvelables, d'atteindre ce but tout en respectant au mieux nos engagements climatiques. Mais si un autre scénario crédible permet de remplir les mêmes conditions, alors notre parti est prêt à l'envisager. Mais ce n'est hélas, et de loin, pas le cas.

La décision abrupte du Conseil fédéral remet tout en question, sans aucune alternative sérieusement chiffrée. On sait qu'il va manquer quelque 17 térawattheures par année avec la mise hors service de toutes les centrales nucléaires et la fin des contrats d'approvisionnement privilégié avec la France à l'horizon 2034/35.

A ces constatations, il faut ajouter que le grand défi à relever n'est pas simplement de remplacer la production d'électricité d'origine nucléaire par de l'électricité "verte", mais de la mettre à disposition lorsqu'il faut satisfaire les besoins des utilisateurs. C'est ça, le vrai défi. Quelles capacités de stockage seront-elles nécessaires et à quel coût si on veut pouvoir absorber aussi bien les variations journalières de production et de consommation que les variations dues à la météo et aux saisons? Ce sont là des questions vitales pour la sécurité de l'approvisionnement de notre pays en électricité.

Le Conseil fédéral, par sa décision, brûle ses vaisseaux en renonçant déjà aujourd'hui à l'électricité indigène d'origine nucléaire. Même l'Académie suisse des sciences techniques relevait encore que la restructuration complète de l'approvisionnement énergétique du pays ne pourrait être menée à bien au mieux que vers la fin du siècle en cours, compte tenu des connaissances actuelles.

Je demande au Conseil fédéral de se réveiller, de revenir sur terre et de passer maintenant aux travaux pratiques.