Robbiani Meinrado · Nationalrat · 2001-06-05
Robbiani Meinrado · Nationalrat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2001-06-05
Wortprotokoll
La plupart des régions de frontière vivent en ce moment le cumul d'une double situation de difficultés et de défis.
En premier lieu, en tant que régions périphériques, les régions de frontière subissent les effets des processus de concentration et de centralisation caractéristiques tant du secteur privé que du domaine public. Les effets de cette tendance sont tangibles surtout au niveau de l'emploi et aussi au niveau du pouvoir et des marges de décision.
En deuxième lieu, en tant que régions de frontière, elles sont le plus exposées aux effets de la libéralisation découlant des accords bilatéraux. Le cumul de ces facteurs implique une nécessaire adaptation structurelle. Il s'agit d'une adaptation qui exige deux types d'interventions, deux types de mesures de soutien. D'un côté, dans une optique de politique régionale, il faut faire en sorte que puissent être atténués et compensés les désavantages et les difficultés découlant de leur position périphérique. De l'autre côté, il faut faire en sorte que ces régions puissent profiter pleinement du potentiel résidant dans le fait d'être placées à la frontière. Dans la mesure où elles arrivent à nouer des liens organiques de coopération transfrontalière, elles peuvent atteindre une masse critique qui leur manque souvent. Certaines zones sont d'ailleurs placées tout près de régions limitrophes très riches, en termes de dynamisme économique et de capacité d'innovation.
Il s'agit toutefois aussi, sortant du domaine de la politique régionale, de comprendre que les régions de frontière ont une fonction et une importance de portée nationale. Dans le nouveau contexte d'internationalisation accrue et de relations plus libéralisées avec l'Union européenne (UE), c'est en quelque sorte la périphérie qui devient centre. Les régions de frontière, en effet, constituent des laboratoires où prend forme une collaboration plus étroite avec les pays voisins et, par là, avec l'UE. Les régions de frontière constituent aussi une charnière avec les régions limitrophes particulièrement dynamiques. Je citerai, partant de mon observatoire, en particulier la Lombardie. Des relations encore plus intenses avec cette région peuvent produire des effets bénéfiques pour tout notre pays.
En troisième lieu, les régions de frontière constituent un pont vers les pays voisins.
Bien qu'elles soient plutôt concentrées sur la réalisation de processus de centralisation, certaines entreprises parmi les plus grandes, y compris celles à caractère public, commencent à entrevoir, bien que timidement, le potentiel existant au-delà des frontières. C'est ce rôle de dimension nationale qui apparaît encore aujourd'hui sous-estimé et qui mérite donc d'être davantage perçu, soutenu et promu. Dans cette optique, un nécessaire soutien aux régions de frontière n'est donc pas une mesure d'assistance, n'est même pas seulement une revendication de rééquilibrage régional, mais représente surtout un investissement pour tout le pays, un instrument pour renforcer les liens et les échanges de tout notre pays avec l'extérieur.
[PAGE 525] Bien que convaincu que la prise de conscience de ce nouveau rôle des régions de frontière est encore fragmentaire et insuffisante, je suis d'accord que ma motion soit transformée en postulat, reconnaissant que le Conseil fédéral fait un pas dans la direction souhaitée. J'espère toutefois qu'il ne s'agit pas d'une manoeuvre purement dilatoire.