Couchepin Pascal · Bundesrat · 2001-06-05
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2001-06-05
Wortprotokoll
Monsieur Cuche, vous connaissez la réponse. Je n'ai naturellement aucune garantie et je n'en demanderai aucune, car je respecte trop le Mexique pour considérer que la Suisse, avec ses 7 millions d'habitants, sa puissance économique, ose se mettre à donner des ordres à tous les pays avec lesquels elle commerce pour leur imposer des conditions relatives à leur organisation interne.
Ceci dit, je suis convaincu qu'en offrant des débouchés supplémentaires aux paysans du Chiapas, je leur donne une chance de plus de prendre en main leur destin. L'alternative, c'est quoi? C'est qu'on renonce à cette possibilité et que les paysans du Chiapas aient une possibilité de moins de vendre leur miel, d'acquérir ainsi une certaine capacité de concurrence et de s'organiser: c'est la politique du pire! La politique que nous préconisons, c'est une politique réaliste, qui tient compte de notre importance dans le monde, de nos intérêts d'abord, mais qui respecte aussi réellement les intérêts de ce pays.
Expliquez-moi pourquoi cet accord semble poser plus de problèmes à certains, en Suisse au sujet du Mexique qu'aux Mexicains à propos du Mexique. 89 voix sans opposition au Sénat mexicain et probablement 10, 15 ou 20 voix d'opposition en Suisse, non pas en fonction des intérêts suisses, mais des intérêts supposés du Mexique. Je crois quand même qu'une certaine modestie doit être gardée et qu'il faut s'occuper d'abord de nos propres intérêts, tout en sachant, dans ce cas-là, qu'on ne viole aucun intérêt important de l'autre partie, tout au contraire, puisque le Sénat mexicain - qui n'est pas composé seulement de fidèles d'un régime qui a disparu - a voté, à l'unanimité, en faveur de cet accord. C'est donc qu'il y trouve aussi un intérêt. Ne soyons pas plus mexicains que les Mexicains!