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Perrin Yvan · Nationalrat · 2012-03-12

Perrin Yvan · Nationalrat · Neuenburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-03-12

Wortprotokoll

C'est le 14 novembre 2011 que notre collègue Nidegger a présenté son initiative parlementaire relative à la maîtrise du contrôle des personnes aux frontières. L'auteur de l'initiative ne pensait sans doute pas que l'actualité allait lui donner si cruellement raison. Je me suis permis de procéder à une rapide sélection, arbitraire certes mais éloquente, de ce qu'on a pu lire dans les journaux ces dernières semaines:

- 25 janvier 2012: séquestration et tentative de vol dans le Jura. Mardi soir, plusieurs individus ont interpellé, puis séquestré l'amie du directeur d'une entreprise horlogère située à Courtemaîche.

- 20 février 2012: ligotée, séquestrée et torturée chez elle. Une dame de 79 ans a été victime d'une violente attaque samedi soir dans son appartement situé près de Chêne-Bourg dans le canton de Genève.

- 21 février 2012: nouvelle agression, une femme hospitalisée. Un jour après la sordide agression d'une septuagénaire, on apprend qu'une autre femme a été violentée dans le même secteur à Chêne-Bougeries. Son agresseur a tenté de l'égorger.

- 26 février 2012: les clandestins gonflent la délinquance à Genève. Selon des chiffres inédits de la police cantonale, 300 à 400 clandestins maghrébins sont responsables de plus de 6000 délits durant ces quatre dernières années à Genève.

- 28 février 2012: une octogénaire frappée et bâillonnée chez elle. L'agression s'est déroulée dans la nuit de lundi à mardi dans une maison familiale.

- 6 mars 2012: la situation devient insupportable, on n'en peut plus! Ce cri du coeur vient de deux commerçants neuchâtelois cités mardi dans "l'Express".

Point commun de ces sordides affaires, la frontière toute proche qui met les délinquants à l'abri de la police. Comment est-ce possible avec tout ce qu'on a pu nous promettre avec l'Accord de Schengen, à savoir en priorité que Schengen nous apporterait plus de sécurité?

Tout d'abord un constat: les contrôles en retrait ont très largement fait baisser les remises à la police. Elles sont passées de 9230 en 2004 à 2500 en 2010, soit trois fois moins. Autre élément intéressant: plus un canton compte de kilomètres de frontière internationale, plus sa situation sécuritaire est mauvaise. Par exemple, en 2010, Genève compte pour mille habitants 179,5 infractions contre 56,1 à Fribourg qui, faut-il le rappeler, n'a pas de frontière internationale.

Du point de vue de la sécurité, les professionnels sont maintenant presque unanimes à constater une dégradation, que ce soit la cheffe de la police genevoise, Madame Monica Bonfanti, ou les commandants Varone et Antenen des polices valaisanne et vaudoise.

Certes, on pourrait objecter que cette dégradation ne doit rien à Schengen, mais à une tendance globale qui veut que la criminalité augmente un peu partout. Dans ces conditions, s'il y a plus de criminels, comment expliquer que les remises à la police aient été divisées par trois avec l'arrivée de Schengen? Manifestement cette belle utopie ne fonctionne pas et ce sont souvent les plus vulnérables d'entre nous qui en font les frais, des dames âgées notamment, à qui on a fait vivre des moments dont on peine à imaginer l'horreur.

L'un des premiers devoirs de l'Etat est d'assurer la sécurité des personnes et des biens. Au vu des faits divers qui parsèment de plus en plus fréquemment les médias, force est de constater que cette mission fondamentale est bien mal assurée. C'est à nous qu'il appartient de corriger cette situation, et nous serions bien inspirés de le faire avant la prochaine issue fatale qui ne manquera pas d'arriver vu la violence dont fait preuve le crime vagabond.

A l'heure où l'Italie veille consciencieusement à ne pas remplir ses obligations dans le cadre des accords de Dublin, ce qui nous vaut une situation à tout le moins tendue dans le domaine de l'asile, il est plus que temps de reprendre le contrôle de notre frontière et de rétablir un minimum de sécurité pour nos concitoyens ainsi que pour les entreprises.

Je vous invite donc à soutenir ma minorité et à donner suite à l'initiative parlementaire Nidegger.