Savary Géraldine · Ständerat · 2012-03-12
Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-03-12
Wortprotokoll
Avant l'apéritif, quelques mots sur ce domaine central pour notre avenir qu'est la formation et la [PAGE 179] recherche. Je vis aujourd'hui comme certains d'entre vous le troisième débat, ou pré-débat, sur le message formation, recherche et innovation - troisième débat au fond où on se positionne sur un domaine qui a considérablement changé.
Si je fais un petit retour en arrière sur cette longue carrière parlementaire que je commence à avoir, je me rends compte que par les débats que nous avons ici au Parlement, au Conseil national comme au Conseil des Etats, sur les enjeux de la formation et les investissements que nous souhaitons lui consacrer, la volonté politique que nous avons manifestée dans ces exercices autour du message FRI, le domaine de la formation, année après année, est devenu un secteur prioritaire pour la politique suisse.
On constate que le paysage des hautes écoles s'est considérablement modifié - en bien: il y a des collaborations, nous avons maintenant la loi sur le paysage des hautes écoles -, on constate que les programmes européens ont pris un essor absolument extraordinaire, on constate enfin que nos hautes écoles sont régulièrement dans les premières à être citées au niveau international. Bref, la volonté qu'on a manifestée les uns et les autres autour des messages FRI ont eu un impact réel sur la place que nos hautes écoles ont dans notre pays. Je crois que nous en sommes aussi les acteurs, et c'est une bonne chose.
Donc, même si cet exercice de discussion autour du message FRI paraît à chaque fois identique, le domaine de la formation s'est développé, il s'est déployé, et ceci grâce aux discussions et à la volonté politique que nous avons manifestée. La chose qui, au fond, reste au coeur de nos discussions de façon récurrente, c'est la question de l'argent; à chaque fois, le manque d'argent sollicite nos débats, nos réflexions, notre action, et il suscite un certain nombre de discussions.
Dans l'exercice que nous avons à faire aujourd'hui, avec la motion Fetz d'abord et l'analyse du message FRI ensuite, on se rend compte que même si les moyens que le Conseil fédéral propose d'engager sont importants, ils ne suffisent pas. On constate surtout, Madame Fetz l'a dit tout à l'heure, que le calendrier sur lequel s'inscrivent ces moyens financiers paraît inapproprié. Cela a été rappelé: le message FRI indique 3,7 pour cent de croissance annuelle moyenne; mais cette croissance n'est pas régulière, c'est 1,5 à 2,5 pour cent d'augmentation sur les deux premières années et 5 pour cent sur les fins de période. Cela montre que l'exercice est déséquilibré du point de vue financier, puisque nous avons les deux premières années où les moyens engagés ne permettent pas de couvrir le nombre d'étudiants - alors que dire des investissements à consentir, de la relève, de la recherche, des nouveaux projets à entreprendre? - et nous avons les deux dernières années du message où les sommes promises ne sont pas gravées dans le marbre; on sait qu'on a un programme d'économies lié à l'achat d'avions de combat qui va peser de façon importante sur le message FRI. Cette instabilité financière prétérite fortement la recherche et la formation en Suisse.
Je prendrai un exemple pour terminer: si vous arrosez la plus belle fleur de votre jardin parfois avec une toute petite goutte d'eau et parfois en y versant tout le contenu de votre seau, sans doute que cette fleur va mourir soit par manque d'eau, soit par noyade, parce qu'il n'y a pas de stabilité dans la manière de la traiter. Vous risquez ainsi d'avoir un jardin complètement triste, riquiqui - si je peux me permettre l'expression - à la fin de l'exercice. Donc si nous voulons un domaine de la formation fort, je vous invite à soutenir la motion Fetz. Et si cette motion est rejetée, je vous invite à vous engager lors des travaux de notre commission pour que le calendrier des investissements et des budgets soit lissé et qu'ainsi il y ait une meilleure répartition des moyens par la Confédération et par les cantons.