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Aubert Josiane · Nationalrat · 2012-05-30

Aubert Josiane · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-05-30

Wortprotokoll

Je m'exprimerai sur deux points. Premièrement, en ce qui concerne la politique des langues, le groupe socialiste est préoccupé par la difficulté du Conseil fédéral à respecter la loi sur les langues dans l'administration, malgré ses déclarations d'intention. La proportion des francophones et italophones à tous les niveaux de responsabilités, dans tous les départements et dans tous les offices n'est de loin pas systématiquement respectée ni promue. Certains départements fournissent des chiffres détaillés, mettant ainsi en évidence les manques et les progrès à faire; d'autres y sont encore très réticents. Le chef du DDPS dit même ouvertement que la compréhension d'une langue latine par les cadres supérieurs suffit. Le fait qu'une langue soit liée à une culture est encore étranger à certains! Et pourtant, le maintien de la cohésion du pays passe par la compréhension mutuelle. Cette tâche doit devenir une responsabilité du Conseil fédéral dans son ensemble, avec une pratique unifiée et transparente dans tous les départements et offices. Nous exigeons des progrès rapides et tangibles dans le respect des équilibres entre les régions linguistiques, tout comme dans l'équilibre entre femmes et hommes jusqu'aux plus hauts niveaux de l'administration.

Deuxièmement, en ce qui concerne les résultats des mesures de lutte contre les effets du franc fort, le groupe socialiste constate que celles-ci ont été mises en grande partie en oeuvre par le Département fédéral de l'économie. 732 millions de francs sur les 800 millions débloqués par le Parlement pour 2012 ont été dépensés. 500 millions ont servi au maintien du savoir-faire des entreprises par l'introduction de chômage partiel, 100 millions pour le fonds de crédit pour l'hôtellerie, dont les résultats ne sont pas connus à ce jour car c'est une action sur le long terme, et 100 autres millions pour la CTI, pour favoriser l'innovation et le transfert de technologie vers les entreprises. Le reste de la somme est affecté au renforcement temporaire, sur trois ans, de la Commission de la concurrence et du Bureau de la Surveillance des prix.

Pour les socialistes, compte tenu que la crise déclenchée en 2008 n'est de loin pas sous contrôle, les mesures de lutte contre les effets du franc fort sur l'économie du pays et le pouvoir d'achat des consommateurs sont restées minimalistes et ponctuelles, en un mot conservatrices. La relative embellie actuelle est trompeuse. Les récentes annonces de délocalisations d'entreprises doivent appeler à une politique économique fédérale proactive, indispensable pour lutter consciemment contre une désindustrialisation rampante et une trop forte tertiarisation problématique pour l'avenir de notre économie. Une politique volontariste d'investissements massifs dans la formation, la recherche, l'innovation et les "cleantech" est nécessaire pour garantir le plein emploi et éviter des délocalisations.

Suite aux récentes déclarations du directeur de la Banque nationale suisse concernant les risques de bulle immobilière, des mesures proactives pour garantir des logements accessibles à tous sont indispensables. Aux yeux des socialistes, des actions rapides sur ces deux fronts sont souhaitables.