Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · 2012-06-05
Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-05
Wortprotokoll
J'ai rédigé l'autre jour une lettre et, au moment de l'envoyer, je me suis rendu compte que la Poste la plus proche, dans laquelle je comptais acheter un timbre, venait de fermer définitivement ses portes au début de l'année. Avec mon agenda chargé et mon dos tout cassé, impossible pour moi d'aller faire la demi-heure de queue au prochain office, dix kilomètres plus loin. Je profite donc de cette tribune pour en lire le contenu.
Cher service public, il se pourrait que la Poste souhaite peu à peu se détacher de ta mission pour se concentrer sur la maximisation des bénéfices, que son objectif principal soit la quantité et non la qualité, que le respect des conditions de travail puisse être remis en question, au nom de la rentabilité. Je souhaite donc te signaler ici que celles et ceux qui croient en tes valeurs et en tes fondements - et j'en fais d'ailleurs partie - soutiennent l'initiative "pour une poste forte".
Le texte comprend plusieurs revendications légitimes, mais je souhaite plus précisément évoquer celles des conditions de travail. L'initiative demande que l'exploitation du service postal soit assurée par du "personnel se trouvant dans un rapport de travail avec la Poste". Cette demande, loin de toute revendication corporatiste, correspond à une volonté de garantir la qualité des services.
Payer son loyer au guichet, y acheter un carnet de timbres, y toucher son salaire ou sa rente AVS, tous ces gestes de la vie quotidienne semblent anodins, mais reflètent deux qualités qui t'honorent, cher service public: celles de l'efficacité et de la confiance. Que ce soit au centre-ville d'une grande localité ou dans le dernier village d'une vallée, le professionnalisme du personnel de la Poste permet à notre économie de bien se porter. Il serait dommageable d'y renoncer.
Cette disposition permet également de prévenir tout risque de sous-enchère salariale puisque la Poste ne pourrait déléguer ses tâches à n'importe quelle entreprise externe tout en détournant les yeux des conditions de travail. Car la notion qui porte ton nom, cher service public, doit également rimer avec respect du travail.
Je soutiendrai donc cette initiative populaire lors de la session d'été du Conseil national et prierai les collègues d'en faire de même.
En te remerciant pour toutes les vertus dont tu es doté, je te souhaite, cher service public, une longue vie.
Signé Maria Bernasconi, conseillère nationale, secrétaire générale de l'Association du personnel de la Confédération.
Pour lever toute ambiguïté et parer à toute moquerie, je précise ici que ce n'est pas pour économiser les 85 centimes de timbre que je souhaitais vous donner lecture de cette lettre, mais bien pour vous inciter à soutenir cette belle initiative.