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Voruz Eric · Nationalrat · 2012-06-05

Voruz Eric · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-05

Wortprotokoll

Garantir à tous les habitants un service public performant - je dis bien un service public solide et performant -, charger la Poste suisse d'exploiter le réseau postal, avec du personnel se trouvant dans un rapport de travail direct avec la Poste suisse, voici deux éléments importants soumis au peuple suisse par l'initiative populaire fédérale "pour une poste forte".

Il est temps de corriger le tir. Voilà des années que les services publics en général sont malmenés et que, sous prétexte de flexibilité ou de favoriser la concurrence - le fameux New Public Management -, nous voyons ces services se dégrader, non seulement en défaveur des usagers, mais également en défaveur du personnel qui, en guise de remerciements pour son professionnalisme au service de notre population, se trouve déstabilisé par les décisions politiques et par son employeur. La Poste se trouve dans cette situation. La preuve est que Post Logistics SA biffera purement et simplement 250 emplois d'ici à 2014 et nous ne savons pas combien de collaboratrices et de collaborateurs seront mis sur la touche, en catimini, par les soi-disant rentes-ponts ou alors par des emplois précaires de nature inadmissible. Ce qui est grave, c'est que la direction générale de la Poste veut revoir l'ensemble des contrats de travail pour les transformer en emplois à temps partiel et, le cas échéant, favoriser aussi le travail sur appel. [PAGE 926]

Le message du Conseil fédéral est décevant; il ne parle que de mobilité, de flexibilité, de rentabilité et veut encore que le personnel soit soumis au Code de obligations, en sachant très bien que ce code va plutôt dans le sens de la précarité de l'emploi en général. Certes, il y a des conventions collectives de travail, mais là aussi les négociations entre le syndicat Syndicom et les employeurs ne sont pas de tout repos. D'autant plus que c'est là encore la grave lacune des libéralisations et des privatisations: les séparations des différentes divisions de la Poste laissent penser que les conventions seront compartimentées selon les catégories de personnel.

Ensuite, le Conseil fédéral défend le principe de la mauvaise politique de l'Union européenne qui impose aux pays membres le bradage des entreprises et services publics. Sur ce point, je n'approuve pas l'UE, car elle met sur le carreau des centaines de milliers de personnes, d'où les réactions violentes que nous constatons dans ces pays européens. Et là aussi, le secteur privé est également touché, car il subit les effets négatifs de cette politique.

Enfin, il appartient à la Confédération de prendre ses responsabilités en soutenant ses entreprises publiques. Leur financement est primordial et vouloir absolument séparer la Poste de Postfinance, en les transformant en sociétés anonymes, est parfaitement ridicule. Je crois que toute entreprise a besoin d'un secteur fort et rentable pour financer celui qui l'est moins. Ainsi, si la Confédération se dessaisit du financement de la Poste, il est indispensable que Postfinance reste rattachée à la Poste.

Le groupe socialiste vous propose donc d'adopter la proposition de la minorité Chopard-Acklin et demande à l'Assemblée fédérale de donner suite à l'initiative populaire "pour une poste forte". La Confédération ne doit pas lâcher ses entreprises publiques.