Savary Géraldine · Ständerat · 2012-06-01
Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-01
Wortprotokoll
Contrairement à ce que d'aucuns ont pensé pour le sujet des caisses de pension, je n'ai aucun doute que le Conseil fédéral ait compris d'une part mes questions et d'autre part le souhait que j'exprimais dans ce postulat, et je le remercie pour sa réponse. J'ajouterai quelques mots, évidemment sans trop allonger le débat, parce que le livre nourrit l'esprit mais pas l'estomac, et donc je vois que l'heure avance! Mais je donnerai quand même quelques précisions.
Au fond, ces deux postulats ont été déposés à la suite de l'échec de la votation populaire sur la réglementation du prix du livre. Ce n'est pas un postulat provoqué par la mauvaise humeur alors qu'on se serait dit: "On a perdu, donc on va manifester une certaine mauvaise humeur face à cet échec." Non, mais il s'agit bien, au fond, de profiter - c'est le charme de la démocratie en Suisse - des questions posées et des pistes apparues pendant la campagne de votation pour pouvoir rebondir et se nourrir du débat que nous avons eu alors et voir si, quand même, un certain nombre de mesures devraient être prises.
A mon avis, ce qui est ressorti de façon claire, y compris pour les partisans comme pour les adversaires du projet de loi, ce sont deux points. Premièrement, on a constaté que la situation du marché du livre avait considérablement changé avec l'arrivée d'Internet et que cela imposait de nouvelles pratiques et, sans doute, de nouvelles politiques. On a aussi [PAGE 400] constaté qu'il y avait de grandes différences entre les régions du pays, de grandes différences en termes de prix, en termes d'approvisionnement, et aussi en ce qui concernait le nombre de librairies; en outre, les chaînes de production d'une oeuvre sont différentes en Suisse alémanique, en Suisse romande ou en Suisse italienne. Au fond, on s'est rendu compte les uns et les autres qu'on bénéficiait de très peu d'indicateurs, de statistiques, d'informations précises sur le secteur du marché du livre: on a ainsi beaucoup moins de données à ce sujet que, par exemple, de données sur l'état du marché agricole, du marché horloger, de l'industrie d'exportation. Le marché du livre est un vrai marché, qui existe, avec des acteurs. De ce point de vue, on a très peu d'indicateurs en la matière et c'est le but du postulat.
La deuxième constatation qui est issue du débat qui a eu lieu autour du prix du livre, c'est qu'il fallait absolument, les adversaires de la loi l'ont aussi dit, que le livre puisse bénéficier d'une forme de soutien public en termes de politique culturelle. C'est important pour notre identité commune. C'est important pour la richesse de notre culture.
Donc, je remercie le Conseil fédéral de partager cette préoccupation et de montrer, en acceptant ce postulat, qu'il souhaite se pencher sur la diversité du marché du livre en Suisse et de réfléchir aux soutiens qu'il entend peut-être mettre sur pied pour la littérature dans notre pays.
Voilà, je crois que j'ai à peu près fait le tour, j'espère pas trop longuement, des questions que je voulais soulever ici.