Poggia Mauro · Nationalrat · 2012-12-11
Poggia Mauro · Nationalrat · Genf · Fraktionslos · 2012-12-11
Wortprotokoll
C'est un simple soldat qui s'adresse à vous. Un simple soldat qui a accompli son école de recrues et tous ses cours de répétition, et qui n'en garde pas seulement un souvenir impérissable de camaraderie et de fraternité. Un simple soldat qui ne parle pas du service militaire en ponctuant chaque phrase d'un sempiternel "de mon temps", comme ceux qui circulent avec un rétroviseur plus grand que le pare-brise.
Et pourtant, ce simple soldat considère que notre service militaire obligatoire va au-delà de la simple organisation défensive du pays. Il est l'une des expressions du lien inaliénable des citoyens avec l'Etat démocratique que nous envient tant de nations dans le monde.
Certes tout système est perfectible, mais la matérialisation du devoir que constitue cette obligation de servir sous les drapeaux légitime les droits que nos jeunes sont toujours si prompts, comme nous l'avons fait avant eux, à revendiquer.
Les partisans de cette initiative rétorquent, non sans pertinence, que l'engagement pour le pays peut revêtir d'autres formes, comme le service civil par exemple. C'est sans doute vrai. Mais il n'est pas ici question de créer une hiérarchie des multiples services à la patrie. Il est question de [PAGE 2135] savoir si le service militaire doit être à l'avenir réservé aux seuls volontaires. D'autres que moi se sont exprimés et le feront encore, sur l'impossibilité qui en découlerait pour notre armée de milice dans l'accomplissement de ses tâches.
J'ajouterai quant à moi ceci: notre armée ne doit et ne devra son indépendance qu'à la mesure et à la pondération des unités qui la composent. Nous ne voulons pas d'une armée de va-t-en-guerre. Nous ne voulons pas de proarmée inconditionnels à l'intérieur et d'opposants à l'extérieur. La réalité est beaucoup plus nuancée, c'est notre chance et notre force. Nous voulons au contraire, au sein de notre armée, des citoyens qui nourrissent des doutes sur sa fonction et ses missions. Car de ce doute, de tout temps, est née la réflexion et de cette réflexion une salutaire remise en question.
Les défis de notre défense ont évolué et évolueront encore. La mise à disposition des compétences de chacun ne doit donc pas dépendre du bon vouloir, car à cette aune-là, le confort aura toujours le dessus sur l'effort.