Polla Barbara · Nationalrat · 2001-06-19
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2001-06-19
Wortprotokoll
Le groupe libéral salue les motions Paupe et Imhof, et les transmettra en tant que motions. La destruction des armes chimiques est un objectif extrêmement important, tant du point de vue de la sécurité des populations locales et globales que du point de vue environnemental. Il ne s'agit pas d'une bagatelle humanitaire. Ce sont 40 000 tonnes d'armes chimiques et 4 à 5 milliards de pièces de munitions chimiques qu'il nous faut détruire. C'est un objectif que la Suisse s'est engagée à contribuer à réaliser. Il n'est pas irréaliste, puisque les instruments existent, qu'il s'agisse de la Convention sur les armes chimiques, (CAC), ratifiée par 139 pays, ou de l'aide internationale, ou encore des compétences suisses spécifiques dans le domaine.
Comme le dit si bien le Conseil fédéral dans sa réponse, le désarmement chimique constitue une priorité de la politique suisse de désarmement, parce qu'il correspond, d'une part, aux préoccupations humanitaires profondément ancrées dans notre pays et, d'autre part, à l'engagement déclaré de la Suisse en faveur du désarmement universel des armes de destruction massive.
Les motions Paupe et Imhof ne vont donc pas à l'encontre de la position du Conseil fédéral, au contraire; elles ne font que renforcer notre engagement dans un axe déjà clairement accepté par tous. Il est vrai que la Suisse fait déjà beaucoup dans le domaine, mais l'intensification de l'aide apportée par notre pays doit être soutenue. Les problèmes politiques auxquels la Russie est confrontée, les doutes et la difficulté de s'assurer que tout investissement financier arrive vraiment entre les mains auxquelles il est destiné ne doivent pas nous arrêter. Ils doivent simplement nous amener à être particulièrement attentifs et particulièrement concrets dans les mesures mises en oeuvre et dans leur réalisation. On ne peut pas tout simplement, comme le proposait en quelque sorte M. Wasserfallen la semaine dernière, attendre que tout aille bien pour se décider à agir.
Pour une large minorité de la commission, il y a lieu de transformer la motion en postulat, notamment pour des raisons financières. Il est vrai que la Russie estime à 6 milliards de dollars les besoins d'aide internationale en matière de désarmement chimique. Deux pour cent de ce montant, c'est 120 millions de dollars. Cela dépasse évidemment, de loin, les dépenses actuelles de la Confédération en matière de désarmement chimique, qui sont de l'ordre de 3 millions de dollars en 2001. Mais c'est encore beaucoup moins que ce qu'il nous faudrait dépenser si l'on attend que les problèmes surgissent. Et les discussions au Conseil des Etats ont bien montré que la contribution suisse pourrait être en fait plutôt de l'ordre de 20 à 50 millions de francs répartis sur six à huit ans, ce qui est, par contre, tout à fait raisonnable. De plus, il ne doit pas nous échapper que cet investissement financier est justement un investissement, et non pas une dépense habituelle, dans la mesure où tant les risques que les coûts potentiels augmentent chaque jour qui passe. Par ailleurs, les motions Paupe et Imhof insistent bien sur la complémentarité des mesures et des engagements: entreprises, organisations non gouvernementales, spécialistes, Confédération, administration, tous seront sollicités à participer, à des degrés et à des titres divers et adaptés, au programme et au projet visant à la destruction des armes chimiques. A tous ces échelons, nous disposons en Suisse de compétences exceptionnelles pour contribuer à un désarmement chimique efficace, mais ces compétences nous donnent aussi une responsabilité supplémentaire.
Le groupe libéral soutiendra donc fermement les motions Paupe et Imhof et vous demande de les transmettre sous forme de motions justement.
Notre seul regret est pour l'instant que ces motions ne concernent que l'armement chimique. En effet, notre grande compétence scientifique dans le domaine biologique devrait nous amener aussi à nous engager plus avant dans le [PAGE 793] domaine du désarmement biologique, car les armes biologiques ne représentent pas une moindre menace pour la sécurité humaine et pour l'environnement. Mais, dans le domaine des armes biologiques, une convention du type de la CAC, sur laquelle nous pouvons heureusement nous baser pour le désarmement chimique, n'existe même pas encore. Et nous ne pouvons donc, à ce stade, qu'espérer que la Suisse saura aussi contribuer à mettre sur pied une telle convention dans le domaine des armes biologiques, comme le groupe libéral en a déjà exprimé le souhait. Dans cette attente, faisons aujourd'hui ce que nous pouvons faire et transmettons ces motions que même les opposants d'aujourd'hui avaient cosignées hier.