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Chappuis Liliane · Nationalrat · 2001-06-20

Chappuis Liliane · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-06-20

Wortprotokoll

Dans mon intervention, je vais me référer aux rapports des 14 avril 1999 et 16 mai 2000 du groupe interdépartemental de coordination "Société de l'information", qui ont été approuvés par le Conseil fédéral.

L'utilisation des technologies de l'information et de la communication modifie considérablement l'économie et le travail dans les petites et moyennes entreprises, tout en influençant durablement l'évolution de la société. La connaissance est l'une des principales ressources de notre économie nationale, et les services liés au savoir constituent un facteur déterminant pour la prospérité de la place économique suisse. Le niveau de qualification de l'ensemble de la population, à savoir l'égalité des chances également pour les personnes défavorisées sur le plan financier, en rapport avec les technologies de l'information et de la communication, est l'un des plus grands défis de ces prochaines années.

L'économie, "new economy", et les changements politiques qui se profilent, gouvernement électronique, supposent que les citoyens soient formés dans le domaine du numérique. Il convient en outre de lutter contre l'apparition d'une société à deux vitesses au moyen d'un système de formation dynamique et novateur. Sur ce plan-là, il appartient à la Confédération de donner des impulsions et de lancer des programmes ciblés.

Le problème le plus important est d'éviter qu'apparaisse à long terme une fracture dans la société entre les initiés et les non-initiés. C'est donc dans le domaine de la formation qu'il faut agir en priorité, non seulement auprès des écoles de tous niveaux, du corps enseignant et des décideurs, mais aussi auprès des institutions de formation pour adultes. Le plus grand défi consistera à mobiliser les catégories d'individus se situant en dehors des circuits de formation classiques.

Les technologies de l'information et de la communication et particulièrement Internet ont radicalement modifié notre société. C'est la raison pour laquelle l'avenir de la Suisse, dont l'économie nationale est très développée, dépend fortement de notre capacité à intégrer de façon dynamique cette transition vers la société de l'information et du savoir. Une condition essentielle pour y parvenir est la formation de la population dans toutes les catégories de prestations et dans tous les groupes sociaux. Il s'agit d'un défi de taille pour le système de formation qui doit être adapté en priorité.

Le taux de croissance parfois vertigineux enregistré dans le domaine de l'informatique et des télécommunications a pour conséquence que le marché du travail manque cruellement de spécialistes en informatique et dans les professions avoisinantes. Ce manque est estimé aujourd'hui entre 10 000 et 20 000 personnes qualifiées. A cet égard, il importe de fournir de nouvelles possibilités de formation et de perfectionnement professionnels. La comparaison avec les programmes de formation d'autres Etats européens, dont les budgets s'élèvent à plusieurs milliards de francs, montre qu'il est urgent de s'attaquer à cette question. La Suisse doit affirmer sa position de force au sein d'une concurrence internationale de plus en plus aiguë en matière de formation et de qualification par des actions autonomes et par des innovations dans le domaine de la formation.

Force est de constater que beaucoup d'entreprises, qui auraient dû et qui devraient faire un effort conséquent pour améliorer les compétences de leur personnel, choisissent souvent de licencier ce personnel qui n'est pas apte à remplir de nouvelles tâches, pour engager des personnes qui correspondent à ces nouvelles fonctions. Ce comportement est souvent dû au fait que les PME ne sont pas à même de supporter financièrement la reconversion professionnelle de leurs employés.

Le projet de loi qui nous est soumis propose, pour une durée limitée, de subventionner des formations de base et des formations continues axées sur la demande afin de combler le manque de spécialistes dans le domaine des technologies de l'information et de la communication. Cette loi s'adresse aux adultes, qui doivent changer de profession pour pouvoir assurer leur avenir professionnel, car la profession qu'ils ont acquise n'existe plus ou a subi de telles transformations qu'il ne leur est plus possible de trouver un emploi sans suivre une formation complémentaire ou une nouvelle formation. La loi a aussi pour but de donner de nouvelles compétences aux personnes dont l'emploi est menacé par les réformes au sein de leur entreprise, si cette entreprise n'est pas à même d'assurer financièrement la reconversion de son personnel.

Les mesures proposées doivent également permettre aux femmes de réintégrer le monde du travail, car au moment où elles ont laissé leur travail pour s'occuper de leur famille, les entreprises étaient encore équipées de machines à écrire. Le monde du travail et les tâches ont tellement évolué qu'il est tout simplement impossible pour ces femmes de retrouver un travail sans suivre une véritable formation sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication, ainsi que sur les nouvelles méthodes de travail. Enfin, la loi ne crée pas de nouvelles structures de formation mais, par un système novateur - le bon de formation -, elle permet aux personnes concernées d'utiliser ces bons dans les instituts de formation existants.

Convaincu que cette loi répond à une réelle nécessité en cette période de mutation de notre société, le groupe socialiste vous demande de la soutenir.