Darbellay Christophe · Nationalrat · 2012-02-27
Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Fraktion CVP-EVP · 2012-02-27
Wortprotokoll
La générosité de Dame Nature et l'épaisse couche de neige tombée cet hiver n'ont malheureusement pas éclipsé la force du franc suisse. Les difficultés auxquelles l'hôtellerie de montagne est confrontée sont évidentes: la baisse des prix de 10 à 30 pour cent, un recul du chiffre d'affaires de 5 à 55 pour cent selon les destinations et les catégories d'hôtel. Le raccourcissement des séjours, les réservations "last minute" deviennent monnaie courante. Ces difficultés font d'ailleurs suite à un été difficile en 2011 et à plusieurs années de disette. Avec l'industrie d'exportation, le tourisme est la branche qui souffre le plus du franc fort. Le tourisme en souffre d'ailleurs doublement puisque, d'une part, les touristes étrangers qui voient leur facture s'accroître se détournent de la Suisse pour d'autres destinations; lorsque l'on sait que 50 à 60 pour cent des nuitées sont le fait de touristes étrangers, on mesure quelque peu l'importance de ce phénomène. D'autre part, la faiblesse de l'euro et du dollar fait que nombre de Suisses se détournent pour aller à l'étranger passer un Noël au chaud.
La semaine passée, la Commission de l'économie et des redevances de notre conseil a donné de justesse son feu vert à une TVA à 0 pour cent pour une année pour l'hôtellerie au lieu des 3,8 pour cent actuels. Cette baisse devrait également s'appliquer à l'ensemble des régions. Le coût total de cette opération s'élève à 150 millions de francs. Il reste à savoir si nous trouverons ici une majorité pour donner une bouchée d'oxygène à ce secteur. D'autres mesures évidentes devront suivre, comme le développement de nouvelles offres - la formation, les mesures de promotion ou d'aménagement du territoire -, mais c'est ici un premier pas.
Une grande majorité du groupe parlementaire PDC/PEV soutient cette mesure ciblée, pragmatique et nécessaire. Elle est attendue en réponse à une situation difficile. Elle a un coût raisonnable qui permettrait de soulager de manière temporaire, rapide et efficace toutes les régions de montagne du pays. En 2011, la baisse avait été de 8 pour cent dans les Grisons, de 4 pour cent en Valais et de 3 pour cent dans l'Oberland bernois.
Les chiffres de décembre, un mois si important pour le secteur touristique et hôtelier, sont encore plus alarmants, avec une baisse de 13 pour cent pour les Grisons, de 4 pour cent pour le Valais et de 13 pour cent pour l'Oberland bernois. Lorsque l'on sait l'imbrication du secteur hôtelier dans les autres branches du tourisme et dans l'ensemble de l'économie régionale, on peut imaginer que cette mesure efficace pourrait déjà être l'ébauche d'une solution.
Je vous demande d'entrer en matière et de suivre la majorité de la commission.