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Barthassat Luc · Nationalrat · 2011-12-13

Barthassat Luc · Nationalrat · Genf · Fraktion CVP-EVP · 2011-12-13

Wortprotokoll

Mon initiative parlementaire vise à modifier la loi sur les allocations familiales de sorte que les personnes ayant décidé de cesser leur activité professionnelle pour s'occuper de leurs enfants perçoivent une allocation.

Il est nécessaire de soutenir les personnes qui décident de cesser une activité professionnelle pour s'occuper de leurs enfants pendant une période déterminée. Une personne chargée à plein temps de l'éducation des enfants permet d'augmenter les chances d'une bonne insertion des enfants dans la vie sociale, professionnelle et familiale. Une bonne éducation peut prévenir la délinquance juvénile et des comportements irrespectueux.

Seules les familles riches peuvent se permettre un tel sacrifice à l'heure actuelle. La situation économique actuelle oblige en effet les deux parents à travailler et à mettre leurs enfants à la crèche. La liberté du choix du modèle de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale n'est ainsi pas respectée dans les faits.

Enfin, la création d'une allocation spéciale permettra de libérer l'assurance-chômage de certaines prestations qu'elle verse aux personnes qui, après la naissance d'un enfant, décident d'arrêter leur travail et de toucher une rente. La situation actuelle pousse de nombreux parents à faire ce choix qui ne les valorise en aucun cas.

La majorité de la commission regrette que l'initiative ne fournisse pas assez de précisions. Il est évident que cela était voulu de ma part, justement pour laisser le plus grand choix concernant les modalités à mettre en place pour assurer la mise en oeuvre d'une idée, il est vrai, un peu révolutionnaire.

Pour le financement, un transfert des fonds de l'assurance-chômage pourrait être envisagé. Certes, il n'y a pas de statistiques le montrant, mais on peut se rendre compte que certains parents, voire même beaucoup de parents, utilisent l'assurance-chômage pour pouvoir rester à la maison lors des premières années qui suivent la naissance d'un enfant. Par ailleurs, on voit ce que coûte aux communes et aux cantons la construction de crèches et ce que coûtent le manque de places toujours croissant, l'engagement de mamans de jour et de femmes de ménage qui sont souvent employées au noir, et Dieu sait si nous essayons au Parlement de lutter contre le travail au noir!

L'engagement des pères et des mères au foyer doit aussi être reconnu comme un métier; comme le dit l'adage, "tout travail mérite salaire".

On veut une Suisse qui fait des enfants. On devrait aussi vouloir une Suisse qui donne la possibilité aux parents de s'en occuper. Le fait d'avoir un ou des parents à la maison a aussi des incidences et des conséquences sur le futur de l'enfant, je l'ai dit. Les juges de la protection de la jeunesse des divers cantons l'ont souligné en affirmant que, quand un parent reste à la maison pour s'occuper des enfants, cela a des incidences directes sur la petite délinquance et les problèmes liés à l'adolescence de ces mêmes enfants.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de donner suite à mon initiative parlementaire.