Savary Géraldine · Ständerat · 2010-06-16
Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-06-16
Wortprotokoll
Je dirai quelques mots, pour aller dans le même sens que Monsieur Büttiker et le président de la commission, pour relever, au fond, les avantages économiques qu'un secteur aéronautique fort peut apporter à la Suisse et pour dire aussi que ce secteur est un secteur économique relativement fragile. On en a eu l'exemple très récemment avec l'éruption du volcan en Islande dont les cendres ont bloqué l'espace aérien du monde entier et du coup aussi cloué les avions au sol. Cela a eu pour conséquence des pertes financières relativement importantes.
Je citerai juste quelques exemples pour vous dire à quel point le secteur aéronautique est sensible soit aux variations géothermiques, soit aux variations politiques. L'aéroport de Genève, par exemple, au moment de l'éruption du volcan islandais, a perdu sur quatre jours 4 millions de francs; l'aéroport de Zurich 8 millions de francs et la compagnie Swiss, pour quatre jours d'inactivité, 5 à 6 millions de francs par jour. On se rend compte que le secteur aéronautique perd très vite des millions de francs et est ainsi fragilisé. Cela peut être dû à un volcan, ou à la hausse du prix du pétrole, ou encore à une crise économique, voire à des menaces politiques ou terroristes. Tous ces facteurs fragilisent ou précarisent ce secteur.
Dans ces conditions, la commission a considéré qu'il n'était pas forcément judicieux de faire supporter au secteur aéronautique des charges financières supplémentaires, en particulier pour financer la surveillance et l'augmentation du nombre de postes à l'Office fédéral de l'aviation civile.
En outre, je dirai aussi que les questions de sécurité et de surveillance sont de la responsabilité de l'Etat, qu'il est de la responsabilité de l'Etat de veiller à ce que la sécurité et la surveillance soient garanties dans les espaces de mobilité. S'il y a des menaces envers les aéroports ou dans les avions, elles s'adressent au pays d'accueil en quelque sorte, et c'est donc à celui-ci de financer les mesures de surveillance et de sécurité, et non pas aux aéroports ou aux compagnies elles-mêmes.
En conclusion, ce projet est un bon projet et je remercie le Conseil fédéral de l'avoir élaboré, car il développe un certain nombre de points - il n'y a pas que cette taxe de surveillance. Avec cette correction qui a été décidée par le Conseil national et qui vous est également proposée par votre commission, ce projet est tout à fait acceptable et, à mon avis, essentiel pour le secteur aéronautique, ainsi que, de manière générale, pour la sécurité dans les aéroports.
Donc, je vous demande de l'adopter avec les corrections proposées.