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Rossini Stéphane · Nationalrat · 2010-06-17

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2010-06-17

Wortprotokoll

Lorsqu'il faut réduire la violence et diminuer le nombre de morts qu'elle entraîne, nous portons une responsabilité éthique d'agir, quitte à restreindre certaines libertés individuelles. Le cynisme face à la violence des armes n'est pas de mise: il est purement et simplement intolérable et insupportable.

Il y a quelques jours, des membres de cette noble assemblée n'avaient pas de mots assez forts pour dénoncer le crime perpétré à Martigny, en pleine rue. Ces mêmes personnes défendront pourtant le rejet de cette initiative populaire. Leur attitude ne relève pas d'une forme d'angélisme, mais d'une réelle hypocrisie, en l'occurrence choquante. En politique, pour être réélu ou même simplement élu, tout n'est pas permis, c'est pourtant souvent ce qui se passe dans ce dossier.

Quand bien même je possède personnellement des armes à mon domicile pour pratiquer l'exercice de la chasse, je soutiens fermement cette initiative, car celle-ci n'a qu'une seule ambition: éviter les trop nombreux suicides et les assassinats, réduire le nombre des tragédies meurtrières qui sévissent régulièrement et que l'on pourrait empêcher. Comment ne pas vouloir agir avec force et détermination contre un problème qui provoque la perte d'environ 390 vies chaque année en Suisse, ce qui représente près de 13 000 décès de [PAGE 1106] 1996 à 2007, dont 332 décès par suicide avec arme à feu et 58 décès relevant de délits pénaux?

Des associations de tireurs sportifs, on l'a entendu, et de chasse aussi, on l'a entendu également, s'opposent au texte de l'initiative populaire, alors qu'il est expressément stipulé que ces milieux ne sont pas visés par celle-ci. C'est peu responsable au regard des conséquences dramatiques provoquées par la violence qui résulte de l'utilisation des armes. Par l'obtention de leur permis, les chasseurs, par exemple, peuvent justifier d'une formation, de leurs capacités et de la nécessité de posséder une arme. Ils sont tenus d'appliquer des lois et des règles spécifiques. Pour ces raisons, ils ne sont pas concernés par l'initiative, la preuve du besoin et des compétences étant acquise. Il en est de même pour les tireurs sportifs.

Les fantasmes évoqués dans ce débat sont un pur détournement d'attention. Les 140 000 tireurs sportifs et les 30 000 chasseurs - plusieurs milliers se trouvant d'ailleurs dans les deux catégories - et leurs 580 000 armes ne sont donc quasiment pas touchés par ce texte. Je crois qu'il faut le rappeler. Le vrai problème concerne par contre les armes à feu militaires privatisées - 1,7 à 2 millions d'unités - et les autres types d'armes qui circulent librement ou quasiment librement dans le pays. Cette situation est réelle et problématique. Quel est l'intérêt de se voiler la face? Peut-on mettre dans la balance d'un côté les profits de quelques-uns ou le dogme de la liberté individuelle et de l'autre la mort? Ma réponse est clairement non.

De toute évidence, un accès limité et restrictif aux armes à feu sera un facteur déterminant de réduction des violences qui en découlent. De nombreux travaux scientifiques ont démontré que limiter l'accès aux armes à feu est une mesure probante dans le domaine de la prévention de la violence domestique grave. Il vaut donc la peine de tenter quelque chose, d'avoir un peu de courage face à la lâcheté du populisme dans ce domaine. Armons-nous d'intelligence plutôt que de munitions!

Je vous invite à soutenir cette initiative.

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