Maire Jacques-André · Nationalrat · 2013-06-03
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-06-03
Wortprotokoll
Cela a déjà été dit, le débat autour des semaines de vacances a eu lieu en 2012 et nous n'oublions pas que la majorité du peuple a refusé l'initiative "6 semaines de vacances pour tous". Néanmoins - et ce n'est pas si vieux -, si nous nous souvenons des débats auxquels beaucoup d'entre nous ont participé, le principal reproche qui était fait était de dire: "Oui, mais 6 semaines pour tous, c'est trop. Il faudrait modérer la demande; il faudrait surtout la différencier selon l'âge."
Monsieur Reynard, avec son initiative parlementaire, reprend ces critiques à son compte et fait une proposition tout à fait raisonnable, qui prend précisément en compte les critiques émises dans les débats. On pourrait bien sûr reprocher à Monsieur Reynard de revenir avec une proposition qui a déjà été faite en 2010 par Madame Susanne Leutenegger Oberholzer. C'est vrai, mais simplement entre-temps ont eu lieu tous ces débats. Et ceux-ci ont permis une véritable prise de conscience des problèmes réels qui se posent aujourd'hui avec la surcharge de travail.
Comme Matthias Reynard l'a rappelé, le stress a augmenté, l'intensification et la densification du travail sont des réalités bien présentes et, dans ce sens, les coûts considérables de ce stress au travail, mais surtout les conséquences sur la santé des travailleurs doivent nous interpeller, doivent interpeller aussi les employeurs. C'est d'ailleurs bien le cas, puisque la très grande majorité des conventions collectives de travail prévoient 5 semaines de vacances pour tous, et même souvent 6 semaines pour les personnes d'un certain âge. Le problème, c'est que les conventions collectives de travail ne concernent qu'une petite moitié, moins de la moitié des travailleurs de notre pays. Dans ce sens, nous devons donc prendre d'autres mesures et c'est de notre responsabilité de législateur d'aller dans le sens de ce qui est demandé.
Je crois que, quelque part, un consensus devrait se dégager autour du fait qu'en donnant plus de vacances, en particulier aux travailleurs de plus de 50 ans, on améliorera la possibilité pour eux de se ressourcer, de se maintenir en forme sur la place de travail, de limiter les coûts de la santé, mais également de maintenir une productivité tout à fait bonne dans les entreprises.
Dans ce sens, puisqu'on parle de productivité, j'aimerais juste illustrer par deux chiffres ce qui a déjà été dit concernant les gains de productivité. Ces quinze dernières années, ces gains peuvent être estimés à plus de 21 pour cent - ce sont des chiffres de l'Office fédéral de la statistique. Mais dans le même temps, les salaires n'ont progressé que de 4,3 pour cent. Donc les gains de productivité n'ont pas été redistribués de façon égale. Bien entendu, ils ont servi à un certain nombre d'investissements - c'est très bien - mais d'un autre côté, les travailleurs ont le droit aussi d'avoir une part des retombées de ces gains de productivité auxquels ils contribuent largement dans notre pays. Rappelons-le, notre pays est toujours celui où l'on travaille le plus d'heures par semaine et où l'on a le moins de jours de congé et de jours fériés par année. Dans ce sens, le petit geste demandé par cette initiative parlementaire est tout à fait raisonnable; il est absolument supportable pour l'économie, il est même favorable à celle-ci.
Dans ce sens, au nom de la minorité de la commission, je vous invite à donner suite à l'initiative parlementaire Reynard.