AB 134968
Rime Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2013-11-28
Wortprotokoll
J'ai le plaisir de saluer dans la salle le président du Parti socialiste, Monsieur Levrat, conseiller aux Etats, qui a l'air de s'intéresser à ce sujet important.
Une remarque à notre collègue Nussbaumer. Je le remercie de citer le Pape. Comme catholique, cela me fait vraiment très plaisir, mais cela ne va pas me faire changer d'avis! (Hilarité)
Comme président de l'USAM et président de l'Association suisse des scieries et de l'industrie du bois, je suis un fervent défenseur du partenariat social. Mais, pour négocier, il faut deux partenaires. Et, cela a été dit ce matin, les syndicats devraient peut-être aussi renforcer leur position, comme nous essayons, du côté des employeurs, d'organiser nos membres. Le jour où ce sera l'Etat qui imposera des conventions collectives, on ne pourra plus parler de partenariat social.
La gauche est toujours à la recherche d'un monde idéal. Ses recettes pour l'atteindre sont simples, pour ne pas dire simplistes: elle veut couper les hauts salaires, comme le demandait l'initiative populaire "1:12 - Pour des salaires équitables". Elle veut prendre l'argent aux riches - j'utilise son vocabulaire - avec l'initiative populaire fédérale "Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS (Réforme de la fiscalité successorale)". Elle veut une fiscalité écologique qui chargera toutes les entreprises de production sans forcément soulager les charges salariales.
Cette même gauche souhaite aussi affaiblir, avec l'aide de notre ministre des finances, la place financière qui a très largement contribué à renforcer le produit intérieur brut de notre pays ces dernières années. Madame Leutenegger Oberholzer n'est plus là, mais elle a comparé les bénéfices des grandes banques avec ce que coûterait le salaire minimum: je n'ai quand même pas l'impression que ce seront les grandes banques qui déchargeront les PME de ces coûts supplémentaires.
Ensuite, on veut combattre l'îlot de cherté. A ce stade de la discussion, deux remarques s'imposent. Introduire un salaire minimum de 4000 francs et combattre l'îlot de cherté me paraît difficilement compatible quand on sait que le salaire minimum des pays qui nous entourent, France et Allemagne, se situe entre 1100 et peut-être 1500 euros, si l'Allemagne introduit un salaire à 8,50 euros l'heure. Si ces recettes miracle fonctionnaient, cela se saurait! Tous les pays qui ont introduit ces mesures ont des taux de chômage très largement supérieurs au nôtre.
Avec un salaire minimum, on va tout simplement renforcer le tourisme d'achat. Le problème des délocalisations, on le connaît: l'industrie est allée s'installer au Portugal, en Hongrie, en Chine, au Vietnam, et peut-être au Bangladesh.
J'aimerais aussi citer un exemple concret que je connais bien, puisqu'il s'agit d'une entreprise que je dirige depuis plus de trente ans: on s'efforce de faire des rationalisations, et avec les rationalisations, on supprime malheureusement les postes de travail non qualifiés. Aujourd'hui si, en investissant 300 000 ou 400 000 francs, vous pouvez rationaliser votre entreprise, eh bien vous les investissez sans réfléchir.
On aura bien sûr une augmentation de l'immigration. Et Monsieur Jans m'a donné une idée supplémentaire: on aura encore plus de mal à recruter des apprentis parce que, lorsque vous aurez garanti 4000 francs aux jeunes qui sortent de l'école, ils ne se donneront plus la peine d'aller faire un apprentissage parfois difficile.
Le salaire minimum est une mauvaise solution et cette initiative populaire doit être, comme d'autres, massivement refusée!