Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2013-09-26
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-09-26
Wortprotokoll
En Ajoie, l'état de santé de l'Allaine, une rivière magnifique qui s'écoule paisiblement dans un décor de rêve, est un sujet de préoccupation, en particulier dans les milieux de défense de l'environnement et chez les pêcheurs. Cette rivière est victime d'un problème de colmatage, c'est-à-dire un problème de dépôt d'importantes quantités de matières argileuses et calcaires, source de perturbation du milieu aquatique.
Ce problème est apparu à partir des années 1970 en rapport avec la mise en service de la place d'armes de Bure. Des milliers de tonnes d'argile, provenant du lavage des véhicules militaires, se sont déversées dans la rivière. Avec des conséquences écologiques irréparables, en particulier l'anéantissement de populations d'écrevisses à pattes blanches et de lamproies de Planer, des espèces protégées au niveau suisse. Ce problème identifié et reconnu malheureusement un peu tard, des travaux importants ont été réalisés sur la place d'armes avec la construction de plusieurs bassins de rétention-décantation-filtration, avec un résultat bénéfique incontestable.
Mais comme mentionné dans la question 12.1035, "Place d'armes de Bure et protection des eaux", et par l'intermédiaire du présent postulat, le problème n'est pas résolu. En cas de fortes pluies, le lessivage de matière argileuse continue et la place d'armes de Bure reste suspecte de porter une responsabilité dans tous les cas partielle mais certainement prépondérante dans cette situation. Pourquoi? me direz-vous. Parce qu'en fonction de la turbidité régulièrement anormale observée dans les affluents de l'Allaine provenant du bassin versant sur lequel est justement installée la place d'armes et vu l'importance des quantités d'argile en cause, la place d'armes de Bure paraît clairement être le suspect numéro un.
Par ailleurs, ce postulat a déjà en partie porté ses fruits, car des contacts se sont imposés entre l'Office de l'environnement du Canton du Jura et les responsables de ce dossier au niveau militaire à Bure. J'ai appris par les instances cantonales jurassiennes que des travaux à hauteur de trois millions de francs sont en cours de réalisation. Il s'agit de travaux d'entretien, de réglage et d'amélioration des ouvrages existants permettant la rétention des matières argileuses. Ces travaux devraient s'étaler jusqu'en 2018.
C'est bien la preuve, malgré ce que prétend le Conseil fédéral, que tout n'est pas sous contrôle. Alors, si l'on s'apprête à dépenser 3 millions de francs pour ce problème, pourquoi ne pas investir quelques dizaines de milliers de francs supplémentaires pour réaliser une étude hydrogéologique confiée [PAGE 1703] à un expert, qui permettra de mieux comprendre la problématique et de préciser les solutions à apporter?
Ce postulat ne réclame qu'une étude, idée d'ailleurs partagée par le Conseil fédéral, mais la Confédération souhaite se décharger complètement sur le Canton du Jura. Cela n'est pas acceptable! Le passé, marqué par des dégâts irréparables à l'environnement, et le présent, avec la reconnaissance de fait de la nécessité de travaux complémentaires sur la place d'armes de Bure, démontrent à l'évidence l'implication majeure de la Confédération dans ce dossier.
Je vous remercie de bien vouloir soutenir ce postulat.