Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2006-06-23
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-06-23
Wortprotokoll
Le groupe socialiste s'opposera à la modification de la loi sur le travail qui nous est proposée. Nous considérons en effet que l'abaissement de l'âge de protection légal des apprentis, ainsi que des jeunes travailleuses et travailleurs, ne répond à aucun besoin fondamental de l'économie de ce pays.
Cette "réforme" s'inscrit par contre dans une volonté de démanteler systématiquement la loi sur le travail, volonté exprimée à de réitérées reprises par le patronat et la droite depuis une dizaine d'années, c'est-à-dire à partir du moment où on avait trouvé une forme d'équilibre entre le capital et le travail avec la révision de 1998.
Par ailleurs, cette modification de la loi sur le travail vise à donner l'illusion que la flexibilité au travail est l'un des moteurs essentiels de la croissance économique. Or, rien n'est [PAGE 1145] plus faux, car la croissance passe avant tout par l'amélioration de la formation de base et de la formation continue, par l'importance des moyens accordés à l'enseignement et à la recherche, par l'innovation technologique, par une politique financière anticyclique, et, bien sûr, par une politique monétaire qui attache autant d'importance à l'emploi qu'à la lutte contre l'inflation. Or, vous le savez, la Banque nationale fait exactement le contraire.
J'aimerais encore ajouter à propos de la flexibilité, qui a été mise en avant dans le débat, que si l'on prend par exemple un secteur économique qui marche très bien aujourd'hui, qui est celui de l'horlogerie - vous avez pu voir hier dans la presse les chiffres de l'emploi dans cette branche -, il y a près de 500 entreprises qui sont affiliées à la convention collective de travail de l'horlogerie. Et cette convention permet par exemple des horaires en fluctuation, où l'horaire normal de 40 heures est remplacé par un horaire variant entre 35 et 45 heures par semaine. Sur 500 entreprises, seules 20 entreprises horlogères ont un accord de ce type, et la moitié n'est même plus en service, ce qui relativise pas mal de choses.
J'aimerais aussi souligner que, dans ce débat, le groupe socialiste a essayé d'arriver à un compromis qui consistait à opérer un distinguo entre la situation des apprentis, d'une part, et celle des jeunes travailleurs et travailleuses, d'autre part. La majorité des membres de ce Parlement, malheureusement, n'a pas voulu entendre parler de ce compromis.
Dans ces conditions, le groupe socialiste ne peut que dire non à une révision législative qui va porter un coup dur à une partie de la jeunesse de ce pays, du point de vue social comme du point de vue de la santé. Enfin, ce projet donne l'impression que l'on veut toujours plus pénaliser la jeunesse de ce pays, alors qu'elle en est l'avenir.