Marty Dick · Ständerat · 2001-06-18
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-06-18
Wortprotokoll
Il est indiscutable que l'aéroport de Zurich-Kloten est un avantage économique très important pour le pays, surtout pour la région où il se trouve. D'un point de vue touristique, nous pouvons le mesurer d'une façon tout à fait claire. Le nombre de nuitées apportées à notre pays grâce à cet aéroport est important. Le nombre de nuitées que nous avons dans la région de Zurich dans des hôtels, tous de classe supérieure, grâce à cet aéroport, est important. Il est donc évident que les avions apportent des avantages à cette région et au pays, j'en conviens.
Uri et le Tessin ne sont, hélas, pas dans la même situation. Les 1,4 millions de camions qui traversent annuellement le Gothard n'apportent aucun avantage aux cantons d'Uri et du [PAGE 378] Tessin; ils n'apportent hélas que des désavantages. Mais là n'est pas le problème aujourd'hui. Du point de vue juridique, notre position est assez difficile. Je ne suis qu'un petit juriste de province, qui plus est d'une province lointaine, mais il me semble qu'il n'est pas possible d'invoquer l'Accord de Chicago lorsque tout le trafic qui vient du sud, du sud-ouest et du sud-est, est dirigé sur l'Allemagne pour atterrir à Kloten. Sans être du tout un juriste spécialiste en droit international, invoquer l'Accord de Chicago pour justifier cela est une interprétation très fantaisiste du droit.
Finalement, je crois que ce n'est pas une question éminemment juridique. Nous devons nous demander pourquoi notre pays a des difficultés à traiter avec son grand voisin, un voisin qui a toujours été considéré comme son ami, un peu comme son frère aîné. Tous ces problèmes ne naissent pas d'une situation juridique, mais d'une situation politique que nous avons nous-mêmes choisie. La Suisse ne peut pas rester en dehors de l'Europe, en dehors de l'Espace économique européen et avoir les mêmes avantages que si elle en était membre.
Dans les relations internationales, ce sont les rapports de force qui comptent, bien plus que les rapports juridiques.
Ceux qui choisissent d'être isolés sont beaucoup moins forts que ceux qui ont choisi de s'unir. Dans l'histoire de l'aéroport de Zurich, dans l'histoire de Swissair, on ne devrait pas oublier que l'élément déterminant a été le "non" à l'Espace économique européen. Toutes les personnes et les forces politiques qui ont naguère dit "non" devraient aujourd'hui assumer leurs responsabilités, parce que nous avons affaire à des conséquences qui dérivent de ce "non" à l'Espace économique européen.
On devrait se demander pourquoi l'Allemagne n'a pas encore ratifié les accords bilatéraux, alors qu'un autre pays, qu'on a souvent la tentation de définir comme "schlampig", l'Italie, qui est peut-être encore un véritable ami de notre pays, a, malgré la dissolution des Chambres, ratifié ces accords.
Cette réflexion sur les rapports de force et sur la conséquence de nos choix politiques devait être faite.
Pour l'avenir de ces grands aéroports, j'aimerais qu'on n'oublie pas Genève. Genève a été très pénalisée il y a quelques années par des choix opérationnels de Swissair. Je crois que Genève méritait alors la même attention que mérite aujourd'hui Zurich. Peut-être qu'on devrait être capable d'avoir des visions lointaines et dire que notre grand aéroport suisse sera une combinaison des aéroports de Zurich, de Bâle et de Genève. On pourrait même, pourquoi pas, pousser plus loin nos visions et voir ces aéroports mis en réseau par un projet Swissmetro, auquel je sais que beaucoup d'entre vous ne croient pas. Tous les progrès ont été faits grâce à des gens qui ont su un peu rêver et beaucoup oser.