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Tillmanns Pierre · Nationalrat · 2001-09-17

Tillmanns Pierre · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-09-17

Wortprotokoll

La Commission de gestion vous propose enfin d'approuver la gestion des trois ex-régies fédérales, mais ce n'est pas sans quelques gros points d'interrogation.

En effet, aux CFF, le personnel est mécontent et on en connaît les raisons. Le Conseil fédéral, dans les objectifs fixés aux CFF, exigeait une enquête chaque année auprès, entre autres, du personnel pour mesurer son taux de satisfaction. Comme la direction savait que cette enquête lui serait défavorable, celle-ci n'a tout simplement pas été effectuée; c'est plus simple: objectif pas atteint.

On a diminué drastiquement le personnel dans le but de faire rapidement des économies, alors qu'on savait que le nombre de nouveaux convois, en particulier de marchandises, allait augmenter, que l'Expo.02 allait nécessiter des convois supplémentaires et que le personnel avait déjà fait pour 60 millions d'heures supplémentaires à récupérer. Malgré cela, on diminue le personnel. Cela s'appelle un manque de vision à long terme ou des économies effrénées sans se préoccuper des conséquences qui sont en particulier des risques pour la sécurité, des risques d'accidents graves. Les CFF doivent entretenir des infrastructures. Ils n'ont pas dépensé le budget à cet effet. Va-t-on vers une infrastructure style Angleterre?

Quant au projet d'aller faire des acquisitions en Angleterre précisément, il faut être rudement téméraire ou inconscient, alors que nous avons tant à faire chez nous. SAir Group devrait être une leçon et ce projet rapidement abandonné. Il faut avoir du souffle pour demander aux cheminots de se restreindre sur leurs salaires, de faire des heures supplémentaires, et pour augmenter massivement les salaires des dirigeants et vouloir investir en Angleterre.

Difficile de donner un satisfecit à la Poste quand on sait que la population, les communes et les cantons interviennent un peu partout dans ce pays pour s'inquiéter de la disparition des bureaux de poste, qu'une initiative populaire est lancée et que 93 parlementaires demandent un moratoire. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a un défaut de communication et d'information, sans quoi l'on n'aurait pas une telle levée de boucliers.

La Poste a fait un bénéfice de 118 millions de francs. A noter que le service universel bénéficiaire a compensé le service livré à la concurrence déficitaire, lequel s'accroît d'ailleurs: un comble! La Poste prévoit un bénéfice de 600 millions de francs d'ici 2006. Quels sacrifices devra-t-on encore faire pour atteindre cette cible? Swisscom reconnaît elle-même que le personnel n'a plus confiance en ses dirigeants. Elle a un taux de fluctuation de son personnel de 18 pour cent. La Poste a un taux de fluctuation de 4,8 pour cent à 6,8 pour cent selon les tranches d'âge. Le splitting des actions de Swisscom permet à la Confédération d'encaisser aujourd'hui 915 millions de francs de dividendes. Peu d'actionnaires seraient, dans ces conditions, prêts à brader ces valeurs. Swisscom se prépare à s'organiser en holding. On divise donc une grande entreprise en plusieurs petites entreprises. Celles qui seront rentables resteront en mains privées, celles qui seront déficitaires seront abandonnées et devront vraisemblablement, s'agissant du service au public, être reprises par les collectivités publiques. C'est connu, le bénéfice au privé, les pertes au public! Ajoutons à cela que Swisscom prévoit, à travers Bluewin dont elle est propriétaire, de créer un site érotico-pornographique pour améliorer ses revenus. On mesure l'étendue qui sépare l'esprit des télécommunications de l'époque et Swisscom d'aujourd'hui!

C'est donc dans cette ambiance qui ne préjuge rien de bon que nous allons adopter le rapport du Conseil fédéral concernant la gestion de ces entreprises. Le groupe socialiste vous propose de donner un signe clair au Conseil fédéral en refusant cette gestion. Le Conseil fédéral devrait contrôler mieux le fonctionnement de ces entreprises et donner quelques consignes qu'un conseil d'administration se doit de donner. A défaut, et en acceptant ce rapport, nous laissons les choses aller et nous le regretterons un jour, mais ce sera trop tard.