Antille Charles-Albert · Nationalrat · 2001-09-18
Antille Charles-Albert · Nationalrat · Wallis · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-09-18
Wortprotokoll
Essayons d'imaginer ce que serait notre monde sans l'ONU, sans les contributions phénoménales qu'elle a apportées depuis sa constitution aux chapitres de la paix, de la santé, de l'environnement, de l'éducation, etc.
La Suisse fait partie du monde, ce que certains regrettent peut-être. Pour moi, cela est clair: la Suisse faisant partie du monde, elle doit donc faire partie de l'ONU. Je soutiens avec enthousiasme ce projet d'adhésion et je vous prie de le soutenir avec moi, ainsi que de le défendre avec énergie auprès de nos citoyens.
Je sais, le fonctionnement de l'organisation n'est pas encore parfait. Mais le fait que maintenant tous les Etats de notre planète en font partie, à part nous, constitue une qualité unique. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, presque toute la population mondiale est liée au grand principe de la Charte des Nations Unies, principe que nous partageons totalement. Ces principes sont: préserver les générations futures du fléau de la guerre, affirmer les droits fondamentaux de l'homme, favoriser le progrès social, maintenir la justesse et le respect des obligations du droit international.
Je voudrais donner quelques réponses à des réserves ou à des préjugés que certains ont à l'intérêt de la Suisse d'adhérer ou non à l'ONU. Prétendre que la neutralité de la Suisse est incompatible avec une adhésion à l'ONU est faux. La neutralité n'est ni un concept ni un statut rigide. Notre pays a démontré ces dernières années qu'il peut adapter son statut de neutralité et sa politique de neutralité permanente à la situation internationale et au développement de celle-ci.
Je rappelle qu'aucun Etat membre de l'ONU n'est forcé à participer à une opération militaire d'imposition, voire de maintien de la paix. Si l'ONU intervient dans un conflit, elle n'agit pas en tant que partie à ce conflit, mais en tant qu'autorité habilitée par le droit international public à rétablir l'ordre sur décision du Conseil de sécurité. Il ne s'agit donc nullement d'un cas de guerre, mais bien de l'exécution d'un mandat de la communauté des peuples. D'autres Etats neutres sont membres de l'ONU: l'Autriche, l'Irlande, la Suède. Ces Etats ont compris qu'un petit pays dépend de la sauvegarde et du respect du droit international.
Un autre argument contre l'adhésion qu'on entend souvent est la question du coût. Une seule réponse convient à cet argument matérialiste des coûts. La Suisse sera certainement le pays de l'ONU qui bénéficiera le plus des retours d'investissement grâce aux nombreuses institutions déjà installées sur notre territoire.
Je vous rappelle l'importance de la Genève internationale pour notre pays. Prétendre que la Suisse pourrait continuer à jouer sur la scène internationale un rôle plus dynamique en restant en dehors de l'ONU plutôt qu'en adhérant ne correspond en aucun cas à la réalité. L'expérience de ces dernières années a démontré le contraire. La Suisse a largement perdu de son intérêt, de son influence sur la scène internationale, en particulier s'agissant des missions de bons offices qui étaient une de ses spécialités.
Dire encore que les autres engagements des organisations internationales résidant chez nous, telle que le CICR par exemple, seraient compromis dans le cas d'une adhésion de la Suisse à l'ONU est également faux. Au contraire, l'adhésion de notre pays impliquerait un renforcement de notre position dans ces organisations.
[PAGE 1007] Enfin, prétendre que l'ONU est un monstre d'administration, de dépenses et de laxisme était peut-être vrai, mais d'énormes progrès ont été faits ces dernières années. L'ONU d'aujourd'hui n'est plus la même que celle de 1986. Plusieurs réformes institutionnelles entreprises par le secrétaire général actuel donne à l'organisation de meilleures possibilités d'action. L'ONU peut présenter aujourd'hui un bilan de succès réjouissant sur plusieurs plans.
En conclusion, je vous invite à accepter cette initiative et à voter oui à l'adhésion de la Suisse à l'ONU.